Pour un club qui, en 15 ans d'existence, s'enorgueillit de cinq titres de champion canadien et de neuf titres québécois, dont les sept plus récents, la barre est haute. Mais membre de l'équipe depuis 1996 et à la barre depuis 2001, Constantin n'est pas du genre à donner dans l'hyperbole. Il admet même qu'un tel constat peut sembler «étrange après une saison qui ne s'est pas finie comme on le voulait». L'échec de l'automne dernier en demi-finale canadienne n'a toutefois pas entaché la réputation du programme universitaire de Québec auprès des meilleurs espoirs de la province, au contraire.
Les coups dont Constantin est le plus fier s'appellent Guillaume Bourassa (Lennoxville) et Pascal Lochard (Vieux-Montréal), deux porteurs de ballon, ainsi qu'Hugo Desmarais (Vieux-Montréal) et Steeve Vachon (Beauce-Appalaches), deux bloqueurs sur la ligne offensive. La capture du receveur inséré Julian Bailey (Vanier) constituerait un point d'exclamation sur cette pêche miraculeuse.
Au total, 25 recrues se sont déjà engagées à emménager au PEPS au plus tard en août et trois, dont Desmarais et Bailey, se gardent d'autres portes ouvertes. «Ça pourrait aller jusqu'à 33», glisse le cultivateur de joueurs étoiles, à propos de sa moisson. Il se croise les doigts dans le dossier d'Anthony DesLauriers, un demi défensif de l'Université Simon Fraser qui solliciterait un transfert.
Outre Lochard et Desmarais, Constantin va puiser trois autres éléments importants chez les Spartiates du Cégep du Vieux-Montréal, équipe AAA souvent considérée comme le club-école des Carabins de l'Université de Montréal.
Le passage de l'entraîneur Marc Santerre des Spartiates aux Carabins, en 2006, y joue pour beaucoup. Mais la cohorte complétée par le receveur espacé Alexandre Lortie, le garde Karl Monjoie et le demi défensif Mohamed Zerbo est parmi les premières à ne pas avoir développé de liens directs avec Santerre. Et les Carabins n'ont toujours pas rempli leur promesse de déloger le R et O, qui les a éliminés au cours des trois dernières années.
Plusieurs nouvelles acquisitions fouleront le gazon du complexe Citrus Bowl à partir de samedi, et ce, durant une semaine. Soixante et onze joueurs seront sur place, 33 pour la première fois. Les joueurs de ligne défensive Jean-Michel Labbé-Fortin et Nicolas Godin-Corriveau sont toutefois retenus à Québec par des maux de dos, état peu recommandable quand on se farcit autant d'heures d'autocar.
Constantin parle de cette activité annuelle comme d'une occasion idéale pour renforcer l'esprit d'équipe. Laissant les intempéries québécoises et le stress des examens loin derrière, les joueurs sont en mesure de ne penser qu'au football pour la première fois depuis longtemps. «On réussit à tenir plusieurs bonnes pratiques en peu de temps», ce qui augmente d'autant l'efficacité de l'exercice. Cette année, le patron aura lui-même une recrue à qui «s'acclimater», avec qui «tisser des liens», alors que Marco Iadeluca effectue sa première véritable sortie à titre de coordonnateur à l'attaque du R et O.
DesLauriers?: 3e et long
Le cas d'Anthony DesLauriers s'apparente à un troisième essai et plusieurs verges à franchir. Mais Glen Constantin tente le coup, car contrairement à un match normal, le Rouge et Or n'a rien à perdre. S'il ne se taille pas un poste dans la Ligue canadienne de football cet été, le demi défensif de 22 ans aurait dû retourner à Burnaby (C.-B.) et y disputer sa cinquième et dernière campagne universitaire avec le Clan de Simon Fraser. Sauf que le Clan intègre cette année la NCAA, circuit américain limitant l'admissibilité de ses athlètes à quatre saisons.
L'athlète de 6' et 185 lb serait de plus intéressé à étudier le français, bien qu'il soit originaire de Surrey (C.-B.). Déplacé de la position de demi de coin à demi de sûreté cet automne, il en a été quitte pour une place dans la première équipe d'étoiles au Canada. Il ambitionne de faire sa place à Toronto, d'où les Argonauts l'ont sélectionné en sixième ronde (42e) du dernier repêchage de la LCF.











