«Sur le plan professionnel, c'était impeccable. Un commentateur américain a dit que Tiger Woods avait été un mauvais acteur, mais ce n'est pas ce que je crois. Il a été humble, il était très en contrôle et il y a mis juste assez d'émotion», a déclaré Luc Lavoie, du cabinet de relations publiques National.
«Son embrassade avec sa mère à la fin était très bien calculée également. C'est la photo qui fera le tour du monde», poursuit-il, soulignant toutefois les différences culturelles entre le Québec et les États-Unis. «C'était très américain de faire référence à la religion et à une thérapie. Il y a sûrement plusieurs individus qui se demandent ce qu'il peut bien faire dans une telle thérapie!»
«C'est exactement ce que je prévoyais. Il a fait tout ce qu'il avait à faire. J'aurais cependant laissé tomber l'aspect du bouddhisme, quoique la religion joue un rôle plus important aux États-Unis, où des présidents se promènent avec la Bible sous le bras et où des athlètes remercient Dieu après chacune de leurs performances», souligne pour sa part Paul Wilson, de la firme Wilson communications et affaires publiques.
Détails épargnés
«Il a fait du bon travail en s'excusant auprès de sa femme, allant même jusqu'à la louanger, car elle a souffert dans tout ça. C'était important qu'il ramène tout à lui, car une faute avouée est à moitié pardonnée», poursuit-il, estimant que Woods avait touché la cible.
M. Wilson a trouvé le golfeur habile d'insister pour garder entre lui et sa femme les détails de ses aventures et des événements qui ont suivi. «Il vient de fermer le livre de ses histoires personnelles. Plus jamais personne ne lui en parlera. Ses prochaines interventions publiques concerneront uniquement le golf.»
Luc Dupont, professeur de communication à l'Université d'Ottawa, a pour sa part été plus impressionné par ce que Tiger Woods n'a pas dit que par ce qu'il a dit.
«Son coup de génie aura été de ne pas préciser la date de son retour au jeu. C'est un très beau recadrage, car c'est de ça que tout le monde parle dorénavant, pas de sa vie privée.»
M. Dupont croit d'ailleurs que l'élément clé pour la suite de la carrière de Woods sera son retour sur les verts. «C'est vraiment là qu'on saura s'il a traversé la tempête. Peu importe sa conférence de presse, il est condamné à gagner à son retour, sans ça, la marque Tiger Woods est finie!» résume-t-il.
Un retour victorieux pourrait toutefois être très payant pour le golfeur. «S'il gagne, peut-être que la marque générera encore plus de revenus, car des gens qui ne s'intéressaient pas au golf avant regarderont les tournois dans l'espoir d'apercevoir Tiger», indique-t-il dans un point de vue partagé par Luc Lavoie. «S'il revient et qu'il gagne un tournoi majeur, tout le monde tournera la page», conclut le représentant de National.












