Roy est-il prêt pour le grand saut?

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Roy est-il prêt pour le grand saut?

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Patrick Roy aime être dans le feu de l'action et il est bien servi lorsqu'il se retrouve derrière le banc des Remparts.

Le Soleil, Erick Labbé

Kevin Johnston
Le Soleil

(Québec) Patrick Roy sera toujours aussi passionné pour son sport favori. Surtout pour son travail derrière le banc. Il aime bien les responsabilités de directeur général, mais c'est comme entraîneur chef qu'il goûte à fond au hockey. Il reste maintenant à voir s'il va continuer de vivre sa passion à Québec. Ou quelque part dans la Ligue nationale.

Évidemment, c'est la question de l'heure. Croisé au Colisée Pepsi, hier midi, il n'a pas voulu élaborer sur ses chances de quitter les Remparts. Lorsqu'on lui a demandé si son cellulaire avait sonné en fin de semaine, il a jeté un regard amusé avant de répondre «même si j'en avais eu, je ne vous le dirais pas». OK, on a compris.

Un fait demeure. Autant il était catégorique l'année dernière en disant que l'aventure dans la grande ligue ne l'intéressait pas du tout, qu'il était très heureux dans ce qu'il faisait dans la Vieille Capitale, autant il garde la porte ouverte cette fois-ci. Après quatre saisons comme coach dans le circuit Courteau, il n'y a pas de doute qu'il serait prêt à passer à autre chose. Il faudrait juste que la bonne offre se présente.

Mais ces temps-ci, toutes ses énergies sont centrées sur ses Remparts. Éliminés par les Cataractes de Shawinigan vendredi dernier, les jeunes de la formation québécoise ont commencé à parader devant leur patron, hier matin. «C'est important de se voir en fin de saison, a noté Roy. C'est un échange que je tiens à faire avec mes joueurs. On se parle, je donne mon opinion sur les différents aspects de leur jeu. L'exercice est important, surtout avec mes joueurs de 20 ans. Pour eux, c'est terminé. C'était bon de les remercier. Benjamin [Breault], Guillaume [Monast] et Charles [Lavigne] ont fait de bonnes choses pour nous. Surtout Charles qui a été extraordinaire. Il a ouvert bien des yeux lors de son passage chez nous.»

Roy a longuement parlé de sa propre expérience chez les Diables rouges. Évidemment fin connaisseur du hockey lorsqu'il est débarqué chez nous après avoir accroché ses jambières au Colorado, il se destinait à une carrière comme directeur général dans le hockey junior. Mais après seulement cinq matchs au deuxième étage du Colisée Pepsi à l'automne 2005, il congédiait Éric Lavigne pour le remplacer derrière le banc. «En haut, je m'emmerdais, a-t-il lancé. Ce que j'aime, c'est d'être dans le feu de l'action. J'ai travaillé fort pour devenir un meilleur entraîneur. Et je suis persuadé qu'aujourd'hui, je suis un bien meilleur coach.»

Changement notable

Chose certaine, il a changé. Confronté à une bande de joyeux lurons en 2005-2006, il a dû serrer la vis à plusieurs reprises. Les vétérans qui lui ont permis de mettre la main sur la Coupe Memorial n'étaient pas reposants. «Je me suis ramolli au fil des ans, a-t-il noté. C'est du moins l'impression que j'ai. J'ai une approche un peu plus ouverte. Chaque jeune a sa propre identité. Il faut donc traiter tout le monde de façon différente. Je continue d'apprendre.

«Vous savez, ce n'est pas tout le monde qui est prêt à donner autant de temps pour être entraîneur-chef, a-t-il ajouté. C'est un métier très exigeant. Des journées de congé, il n'y en a pas. Mais moi, je n'ai jamais eu peur de travailler. Je le dis souvent, mais le hockey, c'est ma passion. Ce que j'aime, c'est être sur le terrain.»

Et sa plus grande satisfaction? De ne pas avoir dérogé du plan directeur mis en place lorsqu'il est arrivé dans le décor en 2005. «Jacques [Tanguay] m'a donné le mandat d'envoyer, saison après saison, une équipe compétitive dans la mêlée. Et nous l'avons fait. Sauf peut-être l'année de la Coupe Memorial en laissant partir les Gratchev, Paris et Desjardins. Mais nous avions de bonnes réserves. Et nous n'avons pas vraiment souffert. Nous n'avons perdu qu'une seule fois en première ronde au cours des cinq dernières années. Nous avons fait deux carrés d'as. Et nous avons gagné le gros trophée. Le bilan est plus que positif. Il faut donner du bon hockey à nos amateurs et c'est ce que nous avons fait. Et ça regarde très bien pour l'an prochain.»

Avec ou sans Patrick Roy? Faudra attendre encore un peu pour voir si quelqu'un en haut voit en lui celui qui pourra insuffler une énergie nouvelle dans son équipe. Il n'y a aucun doute que le 33 puisse tirer son épingle du jeu derrière le banc de la LNH. Faudrait juste être certain que le grand cirque lui tente vraiment.

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