J'entends tout de suite les pessimistes de ce monde crier que les marchés de Québec, de Winnipeg, et même de Hamilton seraient incapables de faire vivre une équipe de la grande ligue. C'est le même refrain chaque fois qu'on recommence à raviver les espoirs. Moi, je préférerais donner la chance au coureur. Et je vous jure qu'il pourrait y avoir des surprises. Ça va prendre du travail et combien de créativité. Mais tout est possible.
Possible, à la condition de doter son coin de pays d'un amphithéâtre à la fine pointe. À Winnipeg, c'est déjà fait, même si on serait un peu à l'étroit avec seulement 16 000 sièges. À Hamilton, le vieux Copps Coliseum devra subir une cure de rajeunissement, mais c'est déjà dans le sac si Jim Balsillie parvient à «déjouer» Bettman et compagnie en s'accaparant les Coyotes et en les déménageant dans le sud de l'Ontario. À Québec, c'est clair que le Colisée Pepsi ne ferait pas l'affaire à long terme. Reste à voir si l'un des projets sur la table (Bédard ou Bertrand) débloquera un jour.
Mais allons-y une étape à la fois. On vous parle de relocalisation aujourd'hui parce que ça brasse pas mal en Arizona. Le proprio de Research In Motion garde le cap et tient mordicus à acheter la moribonde formation de Phoenix. La bataille juridique prend du pic et les arguments se multiplient. Tard lundi soir, Balsillie a fait parvenir sa demande de relocalisation aux bureaux de la LNH à New York. Une demande qui sera sans l'ombre d'un doute refusée. Suivra une poursuite antitrust contre la LNH, poursuite qui sera accolée aux fort compliquées procédures de faillite lancées par le propriétaire «officiel» des Coyotes, Jerry Moyes.
Assurer la survie
Pourtant, l'ami Bettman aurait pu éviter tout l'imbroglio. Plutôt que de garder les Coyotes sur le respirateur artificiel, plutôt que de cacher pendant un bon bout de temps que le club avait été en quelque sorte repris par la LNH parce qu'il croulait sous les dettes, il aurait dû le mettre sur le marché. Jim Balsillie a finalement flairé l'affaire, une autre affaire pour le magnat, et voilà qu'on se chicane comme des enfants.
Le problème, c'est que Bettman ne veut pas mal paraître dans le dossier. C'est lui qui s'est excité en parachutant des équipes à Phoenix, à Atlanta, à Tampa, à Miami. Où les amateurs de hockey se font de plus en plus rares. On s'excite certains soirs lorsqu'il y a salle comble? Eh bien, ce sont probablement les 20 000 seuls mordus de la ville qui sont dans l'amphithéâtre. C'est choquant juste de l'écrire.
C'est drôle, mais Bettman et sa clique sont aux barricades pour assurer la survie de Coyotes dans le désert. Les dirigeants de la LNH sont même prêts à gérer le club eux-mêmes pendant qu'ils triment dur pour trouver un autre poisson qui ferait fonctionner l'équipe à Phoenix. Pourquoi ne pas avoir déployé autant d'efforts pour garder l'équipe à Winnipeg il y a 13 ans? On s'en doute. Pourquoi ne pas avoir déployé autant d'efforts pour garder les Nordiques à Québec en 1995? On s'en doute.
L'excuse, dans le temps, c'est qu'il n'y avait pas de proprio avec les poches assez creuses pour le prendre à sa charge. Mais tout à coup, c'est lui qui part à la recherche de gens d'affaires désireux d'investir des centaines de millions. Même qu'il claque la porte au nez d'un gars qui offre 212,5 millions $. Le seul hic, c'est que Jim Balsillie ne versera ses millions que si on lui permet de déménager les Coyotes à Hamilton. Où il pourra rénover son amphithéâtre avec l'aide du gouvernement de l'Ontario. Il y en a qui comprennent, d'autres qui ne comprennent pas. Diable que c'est compliqué. Même quand ça ne devrait pas l'être. Merci Gary. Merci pour ton héritage.











