Déjà là, c'est le fun de voir Gainey bouger. Même si l'on s'interroge sur certaines de ses actions, il a mis l'effort pour transformer l'identité de son équipe, qui a amèrement déçu lors de la dernière campagne. Une saison du centenaire qui devait être fertile en émotions, mais qui a finalement pris fin en queue de poisson. Les seules émotions pour les partisans en ont été de déceptions.
Gainey avait commencé la semaine sur les chapeaux de roues en allant chercher Scott Gomez et son faramineux contrat à New York dans une transaction décriée par la plupart des observateurs. Dont votre humble serviteur. Le but de l'ami Bob, du moins celui qu'il véhicule depuis belle lurette, était de dénicher un «gros» centre numéro un. Il s'est plutôt amusé à alléger la masse salariale des Rangers de plus de 7 millions $ en s'offrant un deuxième centre.
Gomez est-il meilleur que Saku Koivu, qui gagnait la moitié moins cher? En tout cas, leurs statistiques se ressemblent pas mal. La seule différence, c'est que Gomez a 29 ans, le Finlandais, 34. Cinq ans, c'est gros au hockey, vous dites? Peut-être. Mais en payant Gomez de la sorte, ça jette du sable dans l'engrenage du côté salarial. Combien vont commander ses futurs coéquipiers? Seule consolation, son salaire baisse au cours des deux prochaines saisons, passant à 5,5 millions $ et ensuite à 4,5 millons $. Mais ça reste beaucoup de sous pour un gars qui ne maintient qu'une moyenne d'une quinzaine de buts par saison depuis le début de sa carrière dans la LNH. Ce sont ses 33 buts en 2005-2006 qui lui ont valu le pactole des Rangers. Mais c'était la seule fois en huit campagnes qu'il touchait la cible plus de 19 fois.
Revenons cependant à hier et au marché des joueurs autonomes. Refusant d'ouvrir le coffre-fort de ses nouveaux propriétaires pour Mike Komisarek, qui s'est finalement fait un nid chez les ennemis jurés de Toronto, Gainey a décidé de colmater les brèches à la ligne bleue en misant sur des vétérans. Le premier à apposer sa signature au bas d'un contrat de la Sainte-Flanelle a été le Tchèque Jaroslav Spacek, 35 ans. Défenseur offensif, on le dit très près de ses compatriotes Roman Hamrlik et Robert Lang. Puis Gainey est allé piger chez les champions de la Coupe Stanley, s'offrant Hal Gill, 34 ans.
La question est la suivante : Gainey aurait-il dû verser l'argent exigé par Komisarek, 4,5 millions $ par saison, pour garder un gars qui adorait jouer à Montréal, un gars bien en vue dans la communauté, plutôt que de verser plus de 6 millions $ à deux bouche-trous qui ont leurs meilleures années derrière eux? Probablement que oui. Et il lui aurait resté de l'argent pour offrir quelque chose d'intéressant à François Beauchemin, si bien sûr il désirait revenir dans la métropole. Hier soir, Beauchemin disait avoir été approché par neuf clubs.
Gainey a cependant réussi deux bons coups en mettant la main sur Mike Cammalleri et Brian Gionta. Quand tu as la chance d'aller chercher des dynamos, aussi petits soient-ils, tu sautes sur l'occasion. Même si ça coûte 25 ou 30 millions $ sur cinq ans. Pas gros mais combien intenses, Cammalleri et Gionta vont transformer l'attaque montréalaise. Gionta pourrait même relancer Gomez, les deux Américains ayant connu leur meilleure saison ensemble au New Jersey. On dit que la façon de faire de Cammalleri et de Gionta est contagieuse sur une patinoire.
Reste maintenant à voir si Jacques Martin va permettre à ses as offensifs de s'exprimer à leur goût ou s'il va sortir le lasso. Plusieurs experts se sont d'ailleurs dits surpris de voir Cammalleri et Gionta accepter un contrat avec le Canadien en raison de la présence de Martin derrière le banc. Mais, nous jure-t-on, l'ami Jacques n'est plus un entraîneur défensif. Ça, j'ai hâte de le voir. J'ai aussi hâte de voir le nouveau visage du Canadien. Gainey gagnera-t-il son pari?
Brashear continue de résister
En ces temps modernes où l'on tente par tous les moyens de freiner l'influence des durs à cuire dans la LNH, Donald Brashear continue de résister. Maintenant âgé de 37 ans, le colosse de Val-Bélair quitte les Capitals de Washington après avoir accepté un contrat de deux ans des Rangers de New York, un pacte qui lui vaudra un total de 2,8 millions $. C'est le départ de Colton Orr pour Toronto qui lui a ouvert la porte du vestiaire des Blueshirts. Ce qui impressionne dans le cas de Brashear, c'est que mine de rien, son 11e match cet automne sera son 1000e en carrière dans le circuit Bettman. Tout un fait d'armes pour l'attaquant qui en sera à une 17e campagne dans la LNH. Il totalise jusqu'à maintenant 85 buts, 204 points et 2561 minutes de pénalités.
Le bon coup du Lightning
Brian Lawton serait-il finalement assez compétent pour être le patron du département de hockey du Lightning? Le coup le plus brillant de la journée a été réussi par la troupe de Tampa Bay, qui a mis sous contrat le fiable arrière des Canucks de Vancouver Mattias Ohlund. Le vétéran suédois, qui a passé ses 12 premières années dans la LNH sur la côte ouest canadienne, s'amène en Floride avec un contrat de 26,25 millions $ répartis sur sept saisons en poche. Pourquoi est-ce un si bon coup? Parce que Ohlund servira de mentor à son jeune compatriote Victor Hedman, deuxième choix au total lors de la séance de repêchage de la semaine dernière, qui va faire le saut dans la Ligue nationale à l'automne.
Simon Gagné doit y être
C'est aujourd'hui que les bonzes de Hockey Canada dévoilent l'identité des joueurs qui seront invités à prendre part au camp d'orientation estival de la formation olympique canadienne qui prendra part au Jeux de Vancouver, en février. Le fameux camp, qui n'est pas un camp de sélection, nous précise-t-on, demeure important dans le processus. Si tu y es invité, tes chances de représenter ton pays à Vancouver sont excellentes. Ce qui me fatigue un peu, c'est qu'on n'entend pas le nom de Simon Gagné bien souvent. Plusieurs experts ont publié ou diffusé leurs listes et, à ma grande surprise, je n'y ai pas vu Gagné. Pourtant, on recherche des joueurs polyvalents. Gagné est taillé sur mesure pour ce type de compétition. Imaginez, j'ai vu le nom de Shane Doan sur toutes les listes. Capitaine à vie du Canada lors des Championnats mondiaux du printemps, Doan est un bien bon gars. Mais il n'a pas le talent pour jouer aux Olympiques, où tous les meilleurs sont présents. Une histoire à suivre.












