J'avais le goût de vivre dans le passé hier après-midi. Armé du bottin des médias de la LNH, j'ai passé quelques coups de fil. Les collègues avec qui j'ai pu jaser étaient vraiment excités de parler de Québec. Éric Duhatschek, du Globe and Mail, et Damian Cox, du Toronto Star, avaient bien sûr entendu parler de la visite éclair du maire Régis Labeaume et de Me Marcel Aubut aux bureaux de Gary Bettman. À la seule mention de notre ville, ils se sont mis à saliver en pensant aux bons restos qu'ils fréquentaient à l'époque.
«Ces soirées au Café de la Paix étaient incroyables, a déclaré Duhatschek, qui couvrait les activités des Flames de Calgary à l'époque. Québec a toujours été une destination de choix. J'adorais me rendre chez vous. J'étais à Phoenix en fin de semaine lorsque nous avons eu vent des discussions entre votre maire et Gary Bettman. En compagnie d'une couple de journalistes de Los Angeles, nous nous sommes mis à ressasser de vieux souvenirs.»
Si nous étions tous surpris d'entendre les dirigeants de la LNH parler de leur intérêt à retourner des équipes dans des villes canadiennes qui ont déjà accueilli et appuyé des clubs de leur ligue au cours de leur histoire, Duhatschek ne l'était pas. «Chaque printemps, tout juste avant le début de la finale de la Coupe Stanley, Bettman tient à peu près le même discours. Son message visant les villes comme Québec, Winnipeg et quelques autres est répétitif. Il a toujours parlé d'amphithéâtre. Si les Nordiques ont quitté Québec en 1995, c'est parce qu'il n'y avait aucun signe qu'un nouvel amphithéâtre serait construit. À partir de là, il n'y avait plus rien à faire.»
Même son de cloche du côté de Damian Cox, qui était affecté à la couverture des Maple Leafs au début des années 90. «La clé du succès, c'est l'amphithéâtre moderne capable de générer des revenus, a-t-il dit. Si c'est vrai qu'on projette d'ériger un nouvel édifice chez vous, c'est clair que Québec redevient un marché potentiel. Mais j'ai bien dit potentiel. Parce que ça prend l'édifice, ça prend un club et, surtout, ça prend un propriétaire aux poches pleines.»
Cox amène un argument intéressant quant aux intentions des dirigeants de la LNH qui se mettent tout d'un coup à faire miroiter le retour de leur hockey dans des villes comme Québec et Winnipeg. «Il y a toujours un peu de politique là-dedans, a-t-il lancé. En vantant les marchés qui désirent avoir des équipes, Gary Bettman donne des munitions à ses clubs en difficulté. Les Islanders sont l'exemple parfait, alors que leur propriétaire se sert de Kansas City pour tenter de faire ériger son nouveau complexe à Long Island. Il faudra donc attendre pour voir s'il tient vraiment à ramener le hockey chez vous ou à Winnipeg.»
Contexte plus favorable
Mais du même souffle, Cox dit que le contexte économique est à son mieux pour qu'on assiste à un retour de la LNH au Canada. «Souvenez-vous que personne ne voulait acheter le club lorsqu'on a mis le Canadien en vente en 2000, a-t-il noté. Il avait fallu le donner, ou presque, à George Gillett. Mais lorsque Gillett a mis l'équipe sur le marché cette année, les acheteurs potentiels faisaient la file. Le contexte est différent. Quand les Nordiques sont partis en 1995, presque tous les clubs canadiens connaissaient des difficultés. Les choses ont bien changé depuis. C'est maintenant de ce côté-ci de la frontière que ça se passe.»
Mais quand pourrait-on assister au grand jour? Selon Eric Duhatschek, ce n'est pas pour tout de suite. «Dans le meilleur des mondes, la Ligue nationale aimerait opérer avec 32 clubs répartis dans quatre divisions de huit équipes, a-t-il expliqué. On parle donc de deux clubs d'expansion si jamais ça se matérialise. Ces cases sont cependant réservées pour une expansion dans le sud de l'Ontario et à Las Vegas. Le deuxième club dans la région de Toronto coûterait au bas mot 450 millions $, tandis qu'on demanderait environ 250 millions $ à Vegas.
«Puis, on commencera à parler de relocalisation d'équipes de difficulté, a-t-il continué. Je pense à Phoenix, à Atlanta, à Nashville, à la Floride. Il faudrait alors se fier au prix de vente que la Ligue va payer pour mettre la main sur les Coyotes. On s'est essayé à 140 millions $, ce qui était vraiment un prix plancher et trop bas selon moi. À mon avis, un club existant pourrait se vendre aux environs de 160 millions à 170 millions $.»
Intéressant comme commentaires. Avec comme dénominateur commun la nécessité d'ériger un nouvel amphithéâtre. Une fois l'édifice prêt à accueillir de nouveaux locataires, l'affaire sera dans le sac... ou presque.


















