Méchant trio d'athlètes

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Ils étaient six à faire leur entrée au... (La Presse, André Pichette)

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Ils étaient six à faire leur entrée au Panthéon des sports du Québec hier soir dont Mélanie Turgeon, Marc Tardif et le coloré Maurice «Mad Dog» Vachon, toujours aussi dynamique malgré ses 80 ans bien sonnés. Caroline Brunet, Nicolas Fontaine et Claude Mouton, à titre posthume, ont aussi été intronisés.

La Presse, André Pichette

Kevin Johnston
Le Soleil

(Montréal) Associés à la Vieille Capitale depuis des lustres, trois des athlètes de la cuvée 2009 des intronisés au Panthéon des sports du Québec ont marqué chacun à leur façon la scène sportive chez nous. Mais la skieuse Mélanie Turgeon, la kayakiste Caroline Brunet et le hockeyeur Marc Tardif ont tous quelques traits de caractère en commun. Leur passion et leur détermination. Et encore plus important, c'étaient des gagnants. Sur toute la ligne.

«Ça passe tellement vite une carrière», a noté Turgeon quelques heures avant la soirée hommage au Casino de Montréal, hier. «J'ai eu le temps d'y penser pendant mon déplacement de quelques heures. Et c'est tout un hasard que ça se produise aujourd'hui [hier], alors qu'en matinée, je participais à la conférence lançant Team Québec. La roue tourne, ça continue. Il faut que ça continue.»

Pourtant, Mélanie n'a que 33 ans. C'est toute une vie qu'elle a devant elle. Mais sa vie de sportive de haut niveau est terminée depuis 2005 et elle a eu besoin de tout son petit change pour accepter le changement de rythme. «J'ai pris ça dur lorsque j'ai dû annoncer ma retraite en raison de mes maux de dos persistants, a-t-elle expliqué. Si je voulais conserver une qualité de vie pour le reste de mes jours, je devais accrocher mes skis. Mais aujourd'hui, j'apprécie. Il fallait que je me retire. Et je suis contente de ce que j'ai accompli.»

Contente et surtout fière parce qu'on dit dans les milieux du ski que c'est elle qui a véritablement inspiré les jeunes athlètes qui ont suivi dans ses sillons. «J'ai du mal à saisir l'ampleur de ce qu'on dit sur moi, car c'est gros, très gros, a-t-elle dit à voix basse. Mais si j'ai pu laisser un héritage, tant mieux. Moi, je voulais juste prouver qu'une petite fille de Québec, avec le peu de moyens qu'on avait dans mon temps, pouvait rivaliser avec les meilleures au monde. Et je suis bien fière de l'avoir fait.»

Et quel curriculum vitae elle a ! De tous ses faits d'armes, c'est son Championnat du monde en descente raflé à Saint-Moritz en 2003 qui lui fait le plus chaud au coeur. «Une semaine avant la compétition, je l'avais prédit à mon entraîneur et à ma psychologue sportive, a-t-elle confié en riant. Je venais de terminer sixième au super-G et j'étais fâchée. Je me suis dit : pourquoi pas moi? J'ai foncé, tout a fonctionné pour moi, le cirage, la météo, le rang de descente. C'était incroyable.»

Il ne faut pas oublier ses championnats mondiaux chez les juniors en 1993 et en 1994, ses huit podiums en Coupe du monde, ses 42 présences parmi les 10 meilleures en compétitions internationales et ses trois Jeux olympiques.

De son côté, Caroline Brunet a dominé son sport comme peu de femmes l'avaient fait avant elle. La kayakiste de Lac-Beauport a d'ailleurs été récompensée pour ses labeurs en recevant la plus haute distinction sportive au Canada en 1999, le trophée Lou-Marsh. Elle a également été intronisée au Temple de la renommée des sports canadiens la semaine dernière.

Peu friande des reconnaissances publiques, elle n'était pas au rendez-vous, hier soir. Ce qui n'a pas empêché les organisateurs de souligner de belle façon ses neuf titres et ses 17 médailles aux Championnats du monde, ses trois médailles olympiques, ses trois médailles d'or aux Mondiaux de Dartmouth et de Milan.

L'AMH, le bon choix

Et Marc Tardif dans tout ça? L'ex-vedette du Canadien et surtout, des Nordiques, voyait sa vie de hockeyeur repasser devant ses yeux. Pendant le trajet qui l'a mené de Québec à la métropole, hier, il a longuement réfléchi à tout ce qu'il avait goûté grâce à son sport. Et à tout ce que le hockey lui a rapporté comme expérience de vie.

«C'est incroyable, a-t-il lancé. Je suis parti de Granby à l'âge de 15 ans et jamais dans mes plus beaux rêves je n'aurais pensé me retrouver sur les patinoires de la Ligue nationale et de l'Association mondiale. J'ai vécu les gros bouleversements dans le hockey et je n'ai jamais regretté les décisions prises lorsque j'étais jeune. Je vous dirais même que ce fut la bonne décision de tourner le dos au Canadien et de tenter ma chance dans l'AMH. J'avais 22 ans et je ne savais pas trop dans quoi je m'embarquais. Sauf qu'avec une vue de recul, ce fut la bonne affaire.»

Des faits d'armes, il en réussit, le grand numéro huit. Premier pro à amasser 150 points dans une saison, deuxième après Bobby Hull à marquer 70 buts dans une saison, la Coupe Memorial avec le Canadien Jr, deux Coupes Stanley avec le Tricolore, la Coupe Avco avec les Nordiques. Que dire de plus!

Québec la dynamique

Marc Tardif adore sa ville d'adoption. Sa «nouvelle» ville d'adoption. Parce qu'il ne se gêne pas pour dire que Québec a changé énormément depuis une quinzaine d'années. L'homme d'affaires averti qu'il est aime ce qu'il voit ainsi que l'avenir qu'on voit poindre à l'horizon.

«C'est vraiment remarquable ce qui s'est produit chez nous, a-t-il déclaré. La ville est riche, beaucoup plus riche qu'elle l'était à l'époque où la Ligue nationale a quitté. Je sens une énergie, un goût de se surpasser. Il y a des gens dynamiques qui travaillent fort à Québec actuellement. Des gens qui semblent savoir où ils s'en vont. Moi, j'embarque là-dedans.»

Évidemment, il a beaucoup été question d'un retour potentiel du circuit Bettman dans la cité de Champlain. Les collègues de la métropole ont tous sans exception sondé le terrain auprès de Tardif qui, chaque fois, esquissait un petit sourire moqueur. «Ce serait le fun, la renaissance de la rivalité», disait-il à tous et à chacun.

Plus sérieux, il disait que ça sentait bon actuellement. «Il y a le plafond salarial qui est là, a-t-il noté. La ligue me semble beaucoup plus sous contrôle qu'il y a 15 ans. Et il y a tous ces clubs qui en arrachent aux États-Unis. Moi, je suis très optimiste. Il me semble que ça se dirige vers un retour chez nous. Et je ne suis pas inquiet, la ville est capable de supporter une équipe. Pleinement capable.»

Tout est possible

Évidemment, il y aura toujours des gens qui doutent. «Moi, je leur dis que tout est possible dans la vie, a-t-il lancé. Qui aurait dit, au début des années 70, qu'une ligue professionnelle de hockey viendrait faire compétition à la Ligue nationale? Et qui aurait dit que sept ou huit ans plus tard, il y aurait fusion entre les deux circuits? C'est comme ça avec le retour du hockey chez nous. Un retour qui serait très bon pour l'économie. Et qui servirait aussi à attirer les Jeux olympiques à Québec. Tout ça est relié. Les infrastructures aussi. Il faut en profiter.»

Un dynamisme en ville qui fait rêver tout le monde. Mélanie Turgeon, qui était de l'aventure pour amener les Jeux de 2002 à Québec, ne détesterait pas s'impliquer à fond dans Équipe Québec piloté par Claude Rousseau. «Cet homme-là est un fonceur, a-t-elle dit. Ses projets, il les mène tous à bon port. Si on me demande d'embarquer sur ce comité-là, j'y serai avec joie.»

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