On dit jeune saison mais, mine de rien, la Sainte-Flanelle a 20 rencontres derrière la cravate. Une vingtaine de sorties qui n'ont impressionné personne, vraiment personne. Et même si on flirte avec une fiche de ,500 avec neuf victoires contre 11 défaites, il n'en demeure pas moins que les protégés de Jacques Martin n'ont gagné que deux de ces matchs en temps réglementaire. Pas reluisant du tout leur affaire. Et c'est Martin qui commence à manquer de mots. Déjà!
Au pays de la musique country en fin de semaine, on a assisté à un désastre. «Si tu ne batailles pas, c'est ce qui arrive, a laissé tomber l'entraîneur-chef après la défaite de 2-0 de son club. C'est dommage pour Carey [Price], car c'est le seul gars qui s'est présenté. C'est le seul qui a combattu.» Malheureusement pour Price, il a jumelé sa meilleure sortie de la campagne à celle où ses coéquipiers ont affiché le plus d'indifférence. Ça ne leur tentait pas et ça paraissait.
Pendant qu'ici à Québec les amateurs de sport fêtaient les victoires du Rouge et Or au football et des Remparts (LHJMQ), les inconditionnels du Canadien ne devaient plus vraiment savoir quoi penser. C'est drôle parce que deux jours plus tôt, c'était l'euphorie. Leurs favoris avaient malmené les Coyotes de Phoenix en troisième période pour l'emporter 4-2 et, tout d'un coup, les nuages se dissipaient. Le hic, c'est que malgré leur début de saison intéressant, les Coyotes demeurent les Coyotes. Et quand tes meilleurs joueurs sont Marc-André Bergeron et Glen Metropolit, tu as des problèmes. De gros problèmes.
Je n'en veux pas à Bergeron et à Metropolit. Ce sont deux gentils garçons, des citoyens de première classe. Sauf qu'un club de la Ligue nationale a besoin de moteurs plus performants pour propulser le bazou. Les vedettes du club doivent tirer la charrette et ça ne se fait pas à Montréal. Les seuls à secouer les cordages plus souvent que les autres sont Mike Cammalleri et Brian Gionta avec huit buts chacun. L'autre membre du gros trio, Scott Gomez, n'a déjoué les gardiens adverses qu'à deux reprises, nettement insuffisant pour un bonhomme de sa stature. Et voilà que Gionta traîne de la patte et pourrait être forcé de regarder l'action du haut des gradins jusqu'à ce que son pied prenne du mieux. Comme si on avait besoin de ça.
PLekanec et la chaise musicale
Mince consolation, Tomas Plekanec est le meilleur pointeur de l'équipe. Le problème, c'est que Jacques Martin n'a encore trouvé personne pour jouer avec lui dans le deuxième trio. On joue à la chaise musicale depuis le début du calendrier régulier et ça ne semble pas vouloir se stabiliser.
On avait dit que l'absence d'Andreï Markov ferait mal, mais c'est encore pire. Si le Canadien avait fini par se classer pour les séries l'an passé, c'est en raison du bon début de saison qu'il avait connu. Cette saison, même si c'est encore serré entre les 6e et 13e rangs de l'association de l'Est, ce n'est guère rassurant. Surtout que le Tricolore, qui occupe le 12e rang, a disputé deux ou trois matchs de plus que presque tous ses adversaires, sauf les Islanders.
Dimanche matin, Jacques Martin a fait patiner sa bande de fainéants, alors qu'ils auraient normalement dû bénéficier d'un congé. Est-ce qu'il tente de fouetter un cheval mort? On en saura davantage en fin de soirée aujourd'hui. Le Canadien est assurément aussi mauvais qu'il le démontre depuis le début d'octobre. Dans le fond, on plaçait Montréal dans les séries... avec Markov en uniforme pendant toute la saison. Sans le 71, le Tricolore n'arrivera pas à conserver une fiche de ,500 qui se veut un peu le baromètre pour participer aux festivités de fin de campagne, à la vraie saison. Va falloir se faire à l'idée que les Fêtes du centenaire vont se terminer sous un nuage noir.
La vengeance de DannyBrannagan
Nous avons tous hâte de le voir affronter l'intraitable défensive du Rouge et Or de l'Université Laval qui a limité ses adversaires à 61 points en huit matchs de saison régulière et à huit points en deux matchs des séries. Danny Brannagan, des Golden Gaels de l'Université Queen's, c'est «l'autre» canon de l'Ontario. Michael Faulds, de l'Université Western Ontario, on le connaît bien. C'est lui qui vient tout juste de coiffer Brannagan au fil d'arrivée pour devenir le meilleur passeur de l'histoire du football universitaire canadien. Faulds revendique 10 811 verges, Brannagan, 10 714. Et c'est Faulds qui a hérité de la nomination du joueur par excellence en Ontario cet automne. Mais la victoire de Queen's aux dépens de Western, samedi, valait beaucoup plus aux yeux de Brannagan. Lors de l'épique duel remporté 43-39 par Queen's, samedi, il a lancé pour 515 verges, Faulds pour 509. Une prestation incroyable des deux quarts de cinquième année. Il faut cependant se poser la question : est-ce que ces deux gars-là sont aussi bons que leurs statistiques, ou est-ce que les défensives avaient des trous? C'est ce que nous saurons samedi après-midi quand le Rouge et Or sautera sur le terrain du vétuste Richardson Stadium, où 7253 spectateurs ont assisté à la victoire de leurs favoris sur Western.
En pays de connaissance
Plusieurs membres de l'organisation des Dinos de l'Université de Calgary seront en pays de connaissance à Halifax cette semaine, alors qu'ils se préparent à affronter les Huskies de Saint Mary's dans l'autre demi-finale nationale. En pays de connaissance, mais aussi en terre hostile. À commencer par l'entraîneur-chef Blake Nill, qui a quitté les Huskies en 2006 pour aller remettre les Dinos sur les rails. Puis, il y a le quart-arrière Erik Glavic qui a déserté pour aller rejoindre son ancien patron à Calgary, l'hiver dernier. Glavic, qui n'a joué qu'un match l'an dernier, a retrouvé sa forme d'antan, ayant été choisi joueur par excellence dans l'Ouest. Les deux compères s'attendent à un accueil plutôt glacial au Huskies Stadium, tout comme les autres transfuges Steve Truzak, Andrea Bonaventura, Deji Oduwole et Brandon Rockhill. Même le fils de Nill, Taylor, qui était porteur d'eau à Saint Mary's, est maintenant receveur de passes et retourne les bottés chez les Dinos, qui comptent aussi sur deux entraîneurs des Maritimes, Pierre Lefebvre qui était adjoint de Nill avec les Huskies, et John Stevens, ex-entraîneur-chef des X-Men de StFX. Ça va brasser!











