«Je suis surtout content pour Kevin [Bizier] et Pier-Olivier [Côté]. Pour eux, ça va être gros. C'est gros! Une expérience de vie incroyable, un stimulant de carrière qui n'a pas de prix. Se battre devant 16 000 personnes et, surtout, de le faire à la maison, c'est tout à fait extraordinaire», a déclaré Marcotte plus tôt cette semaine.
Comme un peu tout le gratin québécois de la boxe, Fernand fils a assisté à l'entraînement public, mardi. Il a souri en parlant de la réaction de Bizier, qui ne s'attendait pas à voir autant de monde au centre récréatif des Galeries de la Capitale. «Kevin était gêné lorsqu'il est monté dans le ring, a-t-il noté. Mais il était content. Ça se voyait. C'est motivant de savoir qu'il y a beaucoup de monde de ton bord.»
Mais ça peut aussi être motivant d'avoir tout le monde contre toi. Marcotte a vécu l'expérience au Madison Square Garden de New York, le 12 décembre 1975. Il était opposé à un favori local, l'Américain Ronnie Gibbons. À l'époque, ce dernier se pointait avec une fiche de 18-0. «C'était hallucinant tellement il y avait de l'ambiance, a-t-il raconté. Mais j'étais super bien concentré. J'ai envoyé Gibbons au tapis trois fois au premier round. Après 82 secondes, c'était fini. À ce moment-là, les gens étaient tous derrière moi.»
Reste que Marcotte est content pour ceux qu'il appelle «les p'tits gars de Québec». Et content pour la boxe en général, qui reprend subitement du galon dans la capitale. «La présence d'un gars comme Lucian Bute y est pour beaucoup, a-t-il analysé. Mais c'est surtout la fin du dernier combat entre lui et Andrade qui génère, selon moi, autant d'intérêt. Samedi, ce sera la suite du premier combat. Ça va être drôlement intéressant de voir comment ça va commencer. Et s'il y a un K.-O. dans ce combat-là, c'est Andrade qui va le passer. Mais je prends pour Lucian. Je veux que Bute gagne.»
Marcotte sera aux premières loges demain, car il fera partie de l'équipe qui décrit les finales du gala en compagnie de Jacques Thériault et de Russ Amber sur les ondes du réseau Corus ainsi que sur Indigo. «C'est plaisant d'être impliqué de près. Je m'ennuie un peu du milieu. J'envisage de lâcher un coup de fil à Yvon Michel [GYM] au cours des prochaines semaines. J'aimerais me rapprocher de la boxe.»
Il s'ennuie du milieu, mais il ne s'ennuie pas dans la vie de tous les jours. Cinq jours par semaine, il entraîne monsieur et madame Tout-le-Monde au Cégep de Sainte-Foy. Des cours très populaires qui font autant le bonheur des élèves que du prof. «Moi, je suis comblé. Je vends de la santé, pas des bonbons. Je me suis toujours préoccupé de ma forme physique et j'adore aider les autres à retrouver ou à garder la forme.» À 61 ans, il est d'ailleurs l'exemple parfait de la santé. On comprend pourquoi ses cours font un tabac.
En prolongation
Une question d'attitude
Fernand Marcotte se réjouit de voir quelques Québécois grimper les échelons de leurs catégories respectives. Selon lui, Pier-Olivier Côté et Kevin Bizier ont la tête à la bonne place et sont conscients de ce que ça prend pour réussir dans la boxe. «S'il n'y en a pas beaucoup, c'est parce que les jeunes n'ont pas assez faim de nos jours. C'est tellement différent de ce qui se passait dans mon temps. Un gars comme Lucian Bute doit être félicité. Lui, il s'est amené chez nous. Il avait le goût d'apprendre. Il a vu la porte grande ouverte et il est entré. Il s'est défoncé et il en profite. Les jeunes Côté et Bizier sont des gars qui veulent se surpasser eux aussi. Ils sont prêts à tout pour devenir meilleur, et j'applaudis ça. De se battre au Colisée Pepsi en fin de semaine, c'est une belle récompense.»
Un dimanche loin de la piscine à Miami
Le plus beau souvenir de Fernand Marcotte demeure son combat face à Sugar Ray Leonard. Ça s'est passé par un beau dimanche au Convention Center de Miami. On était le 11 février 1979. D'ailleurs, je me souviens très bien du combat. J'étais assis devant la télé en fin d'après-midi. Si je ne me trompe pas, c'était à l'occasion d'une émission spéciale de Wide World of Sports sur ABC. À l'époque, Leonard revendiquait une fiche de 18-0. Si vous vous rendez sur le site Web de Marcotte au www.fernandmarcotte.com, vous pourrez regarder une bonne portion du combat. Drôlement intéressant. Marcotte a livré une fichue de bonne bataille au champion olympique Leonard, s'inclinant finalement au huitième round, un K.-O. technique.
Le départ canon de Fernand
On parle beaucoup des débuts invincibles de Kevin Bizier et de Pier-Olivier Côté, mais saviez-vous que Fernand Marcotte avait remporté ses 18 premiers combats chez les professionnels, dont 10 par K.-O.? Encore plus remarquable, il a disputé ces combats en seulement 18 mois. À partir de là, il s'est mis à affronter de redoutables cogneurs, gagnant plus souvent qu'à son tour. C'est plaisant de voir qu'un gala important comme celui de demain contribue à ressasser de vieux souvenirs chez Marcotte, qui s'anime lorsqu'il jase de ses combats épiques avec Donato Paduano, de ses affrontements fort médiatisés de la fin des années 70 avec Eddie Melo, de ses multiples défenses du titre canadien, de ses batailles contre champions et ex-champions comme Clyde Gray, Elisha Obed, Al Romano, Ray Guerrero-Chavez et plusieurs autres.











