Lauréat à trois reprises, pour ses exploits cyclistes en 1979 et en 1981 et pour ses faits d'armes en ski de fond en 1987, Pierre Harvey voyait un grand pan de sa vie défiler devant ses yeux lorsqu'on a récompensé du titre d'athlète de l'année son fils, retenu en Europe pour l'occasion. Des souvenirs sur lesquels nous avons échangé pendant de longues minutes lors d'une conversation à bâtons rompus plus tôt cette semaine.
«Je n'avais pas pensé à l'aspect père-fils, a-t-il confié. D'ailleurs, je ne suis pas du genre à penser à ce qui peut se produire. Alex avait plusieurs bons athlètes de la région en nomination avec lui. Je n'avais pas anticipé sa victoire. Mais je peux cependant vous dire que pour un athlète, c'est super important d'être reconnu par les gens de sa place. C'est une grande motivation. Du moins, ça l'était pour moi.»
Béni par la génétique et par la passion pour l'activité sportive de son père et de sa mère, la docteure Mireille Belzile, Alex a eu la bougeotte très jeune. Ses soeurs Sophie et Laurence sont du même moule. À peine capable de se tenir sur ses deux jambes, il chaussait les skis de fond. Et même si ses parents ont pris des chemins différents il y a quelques années, il a gardé la même route qui était comme tracée à l'avance pour lui.
Pierre Harvey se souvient fort bien de ces sorties de famille en ski de fond. Alex avait deux ou trois ans. «On le plaçait dans un petit traîneau que je tirais dans les pistes à Saint-Ferréol. Après une saison à le promener, il ne tenait plus en place. Il a donc fallu lui trouver des petits skis. On faisait une heure avec lui dans le traîneau et on le sortait pour qu'il fasse comme les grands. Il est vite devenu habile. À partir de là, il a commencé à faire de petites compétitions. À la base, Alex est un grand compétiteur. Il n'en a jamais assez.»
Canaliser son énergie
Pierre Harvey a même utilisé la qualificatif «hyper» compétitif pour décrire son fils qui se voulait une véritable boule d'énergie à l'école. Au point où il n'arrivait plus à se contrôler. Mais l'inscription à un programme sports-études l'a transformé. «À partir de là, il pouvait canaliser ses énergies au bon endroit, a-t-il noté. Il est devenu très bon à l'école et ça se poursuit aujourd'hui, alors qu'il possède une discipline qui lui permet d'être aussi bon dans le sport que dans les études.» Inscrit à la faculté de droit de l'Université Laval, Alex Harvey réussit à combiner ses deux passions. «Le droit, c'est fait pour lui, a dit Pierre en riant. Il adore argumenter. Disons qu'il est bon dans les débats.»
Mais également très bon sur les pistes. Il n'a pas eu à argumenter avec le comité de sélection afin de mettre la main sur le titre d'athlète de l'années à Québec. Disons que ses prestations en fin de saison dernière ont convaincu tout le monde. D'ailleurs, sa sortie dite précoce sur le circuit mondial a grandement fait jaser chez les fondeurs. «J'étais à Whistler comme analyste pour la CBC lorsqu'Alex a pris le troisième rang au sprint par équipe de la Coupe du monde avec George Grey, a raconté Pierre. Ça m'avait surpris que son entraîneur le place deuxième [pour terminer], alors que Grey était beaucoup plus expérimenté. Mais quand je l'ai vu rattraper tout le monde lors du dernier tour, je ne savais plus quoi dire. D'ailleurs, je ne disais plus rien. Et j'ai compris.»
On peut donc sortir tous les clichés, dont le fameux «tel père, tel fils» lorsqu'il est question de prestations sur les pistes de ski de fond. Pierre a gagné et Alex va gagner. Même s'ils sont semblables, ils sont aussi très différents. De caractère, doit-on préciser. Alors que le paternel était du genre à douter de son talent - on se demande bien pourquoi -, Alex est plus bouillant, plus sûr de lui. «Mon but premier a toujours été de pousser la machine au max, a expliqué Pierre Harvey. Alex a le désir de gagner. Il veut gagner tout le temps. C'est cette énergie qu'il doit apprendre à canaliser au bon endroit.»
Sortie rafraîchissante à Lévis
Rafraîchissante, la sortie à Lévis, hier soir. Les gens de la Rive-Sud ont été très accueillants dans leur superbe Centre de congrès et d'expositions, faisant du 41e Gala Victoris Desjardins un franc succès. Oui, je l'admets, je suis un peu, juste un peu impartial. Ayant vu le jour et demeurant toujours à Lévis, je suis fier d'avoir vu la communauté sportive de la grande région de Québec débarquer de l'autre bord du fleuve et s'amuser. C'est bon de changer la routine de temps à autre.
Évidemment, ce sera le retour dans la Vieille Capitale l'an prochain. Mais dans deux ans, c'est clair qu'on doit répéter l'expérience et organiser le gala à l'occasion des festivités du 375e anniversaire de Lévis. L'alternance entre les deux pôles régionaux, c'est la solution parfaite.
Mais revenons à l'expérience d'hier. Il faisait bon de voir tous ces athlètes endimanchés et surtout, fébriles. C'était leur soirée, et, ils en ont tous profité. Parce qu'en bout de ligne, c'est une soirée de reconnaissance sportive, une grande fête de l'activité physique et de tout ce qui s'y rattache. Fallait également voir le vénérable Maurice Tanguay accepter avec fierté et émotion le Grand Victoris, un honneur franchement mérité pour cet homme qui, depuis des dizaines d'années, supporte généreusement causes sociales et sportives. Lorsqu'il a conclu son discours de remerciements en disant simplement «je vous aime», l'ovation a gagné en intensité.
Athlètes surpris
Si Alex Harvey a volé la vedette en enlevant le titre d'athlète de l'année après avoir été couronné partenaire-coéquipier international masculin, plusieurs autres sportifs de haut calibre ont vécu des émotions fortes, des premières pour plusieurs d'entre eux. Et la plupart ont été pris de court par le titre.
Dont la championne de boxe Ariane Fortin qui, après plusieurs nominations infructueuses, a été choisie athlète individuelle internationale féminine. Un beau clin d'oeil pour Lévis, car Ariane est originaire de Saint-Nicolas. Ils étaient d'ailleurs nombreux, les Lévisiens qui ont été honorés. Maurice Tanguay, Ariane Fortin, l'entraîneur international Dominick Gauthier, et la partenaire-coéquipière nationale féminine Marie-Pascale Nadeau. Sans oublier l'événement ponctuel de l'année, le Skins Game présenté au club de golf La Tempête de Breakeyville. La mairesse Danielle Roy Marinelli avait de quoi être fière.













