«Les images sont toujours là», a commenté l'attaquant des Remparts, hier midi. «C'est comme si ça venait de se produire. J'ai vu le jeu se dessiner, j'ai vu Cormier s'amener à toute vitesse, je l'ai vu lever le coude. Mikaël est tombé comme juste en face de moi. J'étais assis sur le banc et je ne savais plus comment me tenir. Vous savez, j'ai failli perdre mon meilleur chum. Malgré tout, Mikaël a été chanceux dans sa malchance.»
Le silence dans l'aréna Dave Keon, les convulsions de Tam pendant que les intervenants médicaux tentaient de le stabiliser, le départ précipité de Tam sur une civière, tous des moments que Marchessault ne peut effacer de sa tête. «Ce fut vraiment éprouvant, a-t-il continué. Les émotions étaient vives. Je n'avais même plus le goût de continuer. C'est ce qui a été le plus difficile à faire. J'avais hâte d'avoir de ses nouvelles, j'avais hâte de savoir comment il se portait. Nous ne savions rien. C'était grave, c'était stressant. Nous avons tous pensé au pire.»
Marchessault était un peu plus déboussolé que ses coéquipiers parce qu'il y avait comme un précédent dans son milieu restreint. Tam et lui sont comme les doigts de la main. Mais Marchessault est très proche d'un autre jeune homme qui a subi une grave blessure l'année dernière. Après avoir lourdement chuté dans la bande lors d'un match des Lions de St. Lawrence, Émile Parent avait failli perdre l'usage de ses jambes. «Émile se déplace encore avec difficulté, a confié Marchessault. Mais il a pris beaucoup de mieux. Moi, j'ai pensé à Émile lorsque Mikaël est tombé. Les pires scénarios sont toujours les premiers à te passer dans la tête.»
Mais le numéro 18 des Diables rouges avait retrouvé le sourire hier matin. «Je suis content de voir qu'il a quitté l'hôpital hier soir [lundi], a-t-il confié. Je lui ai parlé et il m'a dit qu'il avait hâte de manger autre chose que la bouffe d'hôpital.»
Visite à l'hôpital marquante
Revenant ensuite à dimanche, Marchessault a répété à plusieurs reprises qu'il ne voulait pas revivre une soirée aussi émotive que celle vécue à Rouyn-Noranda dimanche. Seul joueur des Remparts à avoir obtenu l'autorisation de se rendre au chevet de Tam au centre hospitalier, il est ressorti marqué par sa visite. «Il était conscient, mais il y avait beaucoup de sang sur son visage, a-t-il noté à voix basse. Il y avait tellement de sang dans sa bouche que sa langue était noire. J'ai trouvé ça pas mal dur de le voir étendu comme ça. Mais au moins, ça m'encourageait de le voir parler, de le sentir éveillé. Ça ne m'a cependant pas aidé à dormir.»
Peur, frustration, sentiment d'impuissance, tout y est passé. «Disons que le coup de Cormier n'était pas chic, a-t-il jeté d'un trait. Moi, je capotais quand je l'ai vu faire. Un geste comme ça n'a pas sa place au hockey. J'ai vu quelques reprises à la télé, mais j'ai du mal à regarder ce qu'il a fait. Les coups à la tête doivent absolument disparaître. Je trouve ça dommage parce que le hockey est un si beau sport. C'est le plus beau sport sur la terre, un sport de vitesse, de beaux buts. C'est juste dommage que de tels gestes viennent tout gâcher. Des gestes qui rendent le hockey un sport dangereux. C'est vraiment triste. La Ligue doit maintenant profiter de l'occasion pour lancer un message clair. Je suis convaincu que Cormier regrette ce qu'il a fait. Mais il l'a fait. Et il doit maintenant vivre avec les conséquences de son geste.»











