Parce que ce n'est pas avec les éléments en place que la sainte Flanelle va se rebâtir. On vous l'a répété à plusieurs reprises au cours des derniers mois, il faut repartir à zéro... ou presque. À la lumière de ce que l'on voit sur la patinoire cette saison, la formation actuelle du Canadien est l'une des pires de l'histoire étoilée de l'organisation montréalaise. Le problème de Bob Gainey et compagnie, c'est qu'il n'y a pas beaucoup d'espoir pour que ça se replace dans un proche avenir. De là l'argument qu'il faut sortir le bois mort et repartir la machine afin de regagner ses lettres de noblesse.
Revenons cependant à notre gros mouton. Georges Laraque a fait ses valises. Controversé à ses heures, le numéro 17 n'a jamais été un facteur dans la métropole. À sa défense, son utilisation a été plutôt limitée. Mais il ne méritait pas mieux. Les joueurs unidimensionnels n'ont pas leur place dans le hockey d'aujourd'hui, peu importe ce qu'en disent les inconditionnels de la boxe sur patins. «Big George» aura réussi à marquer son seul but dans l'uniforme bleu-blanc-rouge à sa dernière semaine avec l'équipe, et dans un contexte pour le moins spécial avec tout ce qui se passait en Haïti.
Laraque avait cependant fait son temps à Montréal, surtout qu'il commençait à taper royalement sur les nerfs de son
entraîneur-chef Jacques Martin. Quand un gars de son acabit se plaint de son temps de glace, il doit changer d'adresse. D'ailleurs, Gainey a fait sourire lors de son point de presse en confiant avoir dit à Laraque que l'organisation désirait atteindre ses objectifs sans lui. Il a ensuite été très clair en disant qu'il «n'était pas un joueur productif et représentait une distraction». Message compris! Ce qui n'excuse pas l'erreur de lui avoir accordé 4,5 millions $ pour trois ans. Et c'est avec ça que Gainey devra vivre.
mauvaises décisions
Mais le départ de Laraque ne changera pas grand-chose de ce que l'on voit sur la patinoire. Carey Price continue de décevoir devant le filet et l'on se demande toujours si Halak a ce que ça prend pour être gardien numéro un. À la ligne bleue, ça fait peur. Andrei Markov fait ce qu'il peut, mais il ne peut changer l'allure d'un match tous les soirs. Roman Hamrlik est probablement le plus régulier des arrières, mais vous ne me ferez pas croire qu'il vaut 5,5 millions $. Marc-André Bergeron joue son rôle offensif comme lui seul peut le faire, mais pour ce qui est du reste de la brigade défensive, il n'y a pas grand-chose à dire. Plutôt pathétique comme regroupement.
En attaque, Cammalleri marque des buts, Gomez fournit des passes. Gionta patine comme une fusée et Plekanec joue comme un gars qui se cherche un nouveau contrat. C'est bien beau tout ça, mais aucun de ces gars sont considérés parmi les meilleurs de leur profession dans la LNH. Le Canadien doit juste se compter chanceux d'évoluer dans la même association que les Islanders, les Thrashers, les Panthers, le Lightning, les Maple Leafs et les Hurricanes. Ce qui ne lui garantit pas pour autant sa place en séries éliminatoires.
Peu importe, il sera difficile de se rebâtir par le repêchage. Le drame, c'est ça. L'avenir d'une organisation passe par ses jeunes et les mauvaises décisions de l'équipe de dépisteurs au cours des cinq ou six dernières séances de repêchage coûtent cher. Comment va-t-on s'en sortir? Je l'ignore. C'est clair qu'on peut gagner du temps en allant chercher les bons vétérans, en mettant la main sur les bons joueurs autonomes. Mais pour l'instant, Gainey a les mains attachées après avoir absorbé le plantureux contrat de Gomez et avoir accordé de généreuses ententes aux Cammalleri, Gionta, Spacek, Gill, Mara et Moen. On s'est mis dans le trouble et on paie pour. C'est aussi simple que ça.










