L'affaire Patrice Cormier: le message le plus clair

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Patrice Cormier a reçu sa peine, mais la... (La Presse Canadienne)

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Patrice Cormier a reçu sa peine, mais la seule bonne nouvelle est que Mikaël Tam se porte de mieux en mieux.

La Presse Canadienne

Kevin Johnston
Le Soleil

(Québec) Bravo! Je ne m'attendais à rien de moins. Le comité de discipline de la Ligue de hockey junior majeur du Québec a vu le même geste que tous ceux qui ont visionné l'assaut sauvage de Patrice Cormier sur Mikaël Tam. Le verdict frappe fort, très fort. En agissant de façon sournoise comme il l'a fait il y a 10 jours, l'attaquant des Huskies a perdu le privilège de jouer au hockey.

S'il y a une bonne nouvelle dans tout ce triste épisode, c'est que Tam se porte de mieux en mieux. C'est la seule bonne nouvelle. Tout le reste a causé un ombrage sur le hockey, un sport qui devrait être acclamé pour sa vitesse, son côté spectaculaire, sa robustesse contrôlée. Cormier perd énormément. Sa réputation acquise chez l'Océanic de Rimouski au cours des trois dernières saisons et au sein d'Équipe Canada junior 2009 est ternie à jamais sur la planète hockey.

D'aucune façon Cormier est-il une victime dans cette affaire. Il s'est mis dans le pétrin au moment même où il s'est rué sur l'arrière des Remparts. Son objectif était tellement évident que les membres du comité de discipline n'ont eu d'autre choix que de le suspendre pour le reste de la saison et pour les séries éliminatoires.

Je suis triste pour Mikaël Tam, un compétiteur d'une rare intensité qui est sur les lignes de côté bien malgré lui pour une période indéterminée. Et je suis triste pour André Tourigny, directeur général et entraîneur-chef des Huskies de Rouyn-Noranda. J'ai appris à le connaître au fil des ans et je le sais un bonhomme de principes, une bonne personne. Ça fait quelques années qu'il jongle afin de trouver la bonne combine qui mènera son club jusqu'au bout. Il a payé le gros prix pour Cormier. Et voilà qu'il le perd après seulement trois matchs. Cormier a manqué de respect envers Mikaël Tam. Mais il a également manqué de respect envers Tourigny et ses nouveaux coé­quipiers. La direction des Huskies doit commenter la suspension de leur joueur aujourd'hui. Le droit d'aller en appel existe, mais il serait surprenant, voire contre-indiqué, qu'on prenne cette voie.

Revenons maintenant à la sentence. J'ai toujours cru que le commissaire Gilles Courteau et ses hommes de hockey livreraient la marchandise. L'occasion était trop belle, le geste de Cormier trop gratuit, pour qu'il en soit autrement. Une infrac­tion injustifiable commise par un joueur vedette se voulait la situation parfaite pour lancer l'ultime message. Cette fois-ci, il n'y avait aucune zone grise. C'était noir sur blanc, blanc sur noir.

D'ailleurs, le préfet de discipline, Raymond Bolduc, s'est fait très clair lors de la conférence de presse, hier midi : «Sans aucun doute, le geste qui a été commis était dangereux et intolérable. Nous avons la responsabilité de protéger les joueurs contre ces gestes. Il s'agit de notre plus importante priorité.» Bolduc et les membres de son comité de discipline, Pierre Leduc, Claude Gosselin, Richard Latulippe et Alan Power, ont longuement mûri leur décision.

Pour ceux qui se sont offusqués du long délai avant l'annonce de la sentence, Courteau avait une réponse toute prête. «Dans des circonstances extraordinaires comme celle-ci, a-t-il expliqué, et pour protéger l'intégrité du processus et les joueurs impliqués, il est primordial de prendre le temps de bien étudier le dossier, de parler aux officiels, de prendre connaissance de leur rapport et de recueillir les témoignages des joueurs et des organisations. Par la suite, notre préfet de discipline consulte un comité indépendant en matière de sanctions disciplinaires avant de faire une analyse exhaustive du dossier et de prendre une décision.» Il faut être doublement prudent, surtout que l'affaire pourrait se retrouver devant les tribunaux. Bolduc a également confié avoir consulté ses vis-à-vis des ligues de l'Ouest et de l'Ontario.

Le noeud du problème

Il sera maintenant intéressant de voir si le message de messieurs Courteau et Bolduc va passer une fois pour toutes. C'est le noeud du problème. Parce qu'à la base, il y aura toujours un hurluberlu qui va avoir une crampe au cerveau dans le feu de l'action. Je suis cependant convaincu que la sévérité de la sentence imposée à Cormier va inciter davantage les dirigeants de chaque club à mettre l'accent sur le message lorsqu'ils vont donner leurs directives à leurs joueurs.

«Le hockey est un jeu rapide, physique et même rude à certains égards, a ajouté Gilles Courteau. Les conditions entourant la pratique du hockey nécessitent que le respect entre les joueurs joue un rôle tout aussi important que les règlements et les sanctions disciplinaires qui sont en place pour les pro­téger. Ma responsabilité, à titre de commissaire, est de mettre en place des mécanismes qui contribuent à éduquer nos joueurs et à les responsabiliser. Ils doivent comprendre qu'ils sont responsables de leurs gestes sur la patinoire. Mais quelle que soit la conséquence, ils sont toujours dommageables et demeurent inacceptables. Ils n'ont pas leur place dans notre ligue. La LHJMQ doit être le meilleur circuit pour débuter une carrière et non pour la terminer.»

 

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