Brian Burke en a assez

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Déçu de ses Maple Leafs, Brian Burke a... (Photothèque Le Soleil)

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Déçu de ses Maple Leafs, Brian Burke a décidé de brasser la marmite en allant chercher deux gros noms : Dion Phaneuf et Jean-Sébastien Giguère.

Photothèque Le Soleil

Kevin Johnston
Le Soleil

(Québec) Peu habitué à tolérer l'inertie d'athlètes professionnels, Brian Burke n'avait d'autre choix que de sortir le balai et faire le ménage du printemps quelques mois à l'avance dans la Ville reine. Le grand patron des Maple Leafs de Toronto n'a jamais eu peur de ses convictions et il s'est convaincu que le temps était propice pour agir. Lui, au moins, il brasse la baraque.

Burke a toujours été comme ça. Posez-lui des questions sensées et il va s'ouvrir comme peu de dirigeants de clubs de sport peuvent le faire. Je me souviens de notre première rencontre au Mondial junior 1990 à Helsinki en Finlande. J'avais adoré le bonhomme. Par la suite, chaque fois qu'on se croisait, j'avais toujours quelque chose d'intéressant à livrer à mes lecteurs. Peut-être que nos racines irlandaises communes facilitaient les échanges. Mais enfin, le bonhomme a toujours été l'un de mes préférés, même s'il demeurait l'un des personnages les plus intimidants de notre sport national.

D'aucuns diront que l'Américain originaire du Rhode Island a commis une erreur en se pointant à la direction des minables Maple Leafs. Mais lui voyait son arrivée à Toronto comme le plus grand défi de sa carrière, qui l'a vu toucher à un peu de tout. Joueur dans les circuits mineurs, conseiller d'athlètes, adjoint du dg à Vancouver, dg à Hartford, vice-président de la LNH suivi de postes de direction à Vancouver et à Anaheim, où il a bâti les Ducks, champions de la Coupe Stanley en 2007.

Mais tout ça est derrière lui. Le voilà dans la bouillante marmite torontoise. Il a apporté quelques ajustements aux Leafs en débarquant au Air Canada Centre, mais rien comme il a fait dimanche. Écoeuré, il a catapulté six joueurs sous d'autres cieux, mettant la main sur deux gars qui, du moins il l'espère, pourraient relancer leur carrière à Toronto. Reste maintenant à voir comment Dion Phaneuf et Jean-Sébastien Giguère vont réagir avec les chandails bleu et blanc sur le dos.

Ce que je trouve rafraîchissant dans toute l'histoire, c'est le discours de Burke qui ne ménage pas ses joueurs. Ça change de tous ces dirigeants politically correct qui font plein de détours au lieu de condamner leurs protégés grassement payés. Plutôt que de ronronner, Bob Gainey devrait s'inspirer de Burke et allumer la mèche.

Tenter le tout pour le tout

C'est pas compliqué, le président et directeur général des Leafs veut voir ses joueurs se pousser entre eux. Il veut qu'ils se défoncent pour obtenir le droit de jouer. Et il a clairement laissé entendre que d'autres changements étaient à prévoir si la barque ne se redressait pas. Chapeau! Surtout que l'équipe ne va nulle part, qu'elle est embourbée encore plus solidement que le Canadien. Tant qu'à ne pas posséder de choix de première ronde, aussi bien bouger tout de suite, tenter le tout pour le tout.

Est-ce que Gainey devrait s'inspirer de Burke et changer de cap? Le problème dans la Métropole, c'est que le changement de cap a été fait l'été dernier. Malheureusement, le timonier à la barre ne semble pas savoir où se diriger. Du pareil au même, peut-on dire. On a changé le coach, on a changé les joueurs. Et l'on se retrouve dans la même situation que la saison dernière. À ce moment-là, il reste qui à blâmer? Vous l'avez dans le mille, c'est le gars au deuxième étage.

Lorsque l'on fera le post-mortem de la présente campagne, les blessures prendront le haut du pavé. Les Markov, Gionta, Kostitsyn et maintenant Cammalleri ont manqué ou vont manquer au Tricolore. Ça, c'est certain. Mais un club qui se dit respectable doit quand même bénéficier d'une certaine profondeur pour compenser la perte d'éléments clés. Ce qui n'est pas le cas à Montréal. L'on dira ce qu'on voudra, plusieurs mauvaises décisions ont été prises. Maintenant, il faut se fâcher. Et tout faire pour doter l'organisation d'un avenir plus intéressant que celui qu'on entrevoit aujourd'hui. Pas facile comme défi, mais ça doit être fait. La parole est aux Molson. Les partisans méritent bien mieux qu'un club qui stagne à ,500 ou moins.

 

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