Jeux de Vancouver: ça donne le goût !

La tenue des Jeux olympiques assure des retombées... (AFP)

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La tenue des Jeux olympiques assure des retombées palpables sur le plan des équipements, comme à Richmond où a été construit l'anneau de glace olympique.

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Kevin Johnston
Le Soleil

(Québec) La planète sports vient de vibrer pendant 17 jours au rythme des Jeux de Vancouver. Et quelles vibrations! Le reste du monde a vu que le Canada savait recevoir. Oui, il y a eu quelques irritants. Oui, il y a eu quelques événements malheureux. Mais le gros portrait n'était pas si mal du tout. Il faut parler de succès. Un beau succès qui donne le goût de vivre quelque chose de semblable chez nous. Parce que Québec aussi sait recevoir.

Le pays tout entier s'est fait une belle jambe. Nos athlètes originaires d'à peu près toutes les provinces ont projeté une image des plus positives de ce que nous avons à offrir sur la neige et sur la glace. Parce que le Canada est devenu une référence lorsqu'il est question de Jeux d'hiver. C'est pourquoi il ne faut pas hésiter. La Vieille Capitale, nom que je trouve tout à fait approprié - excusez-moi M. le maire - lorsqu'il est question de décrire notre cité historique, devient à mes yeux un incontournable. Les bonzes du Comité olympique ont adoré leur expérience à Vancouver. Sauf qu'il manquait un petit quelque chose. Oui, il y avait de la neige à quelques heures de route à Whistler. Mais la métropole de la Colombie-Britannique était pour sa part plus verte que blanche. Totalement verte, devrais-je dire.

Nous devons réintégrer le processus de candidature pour obtenir la présentation des Jeux d'hiver. Peu importe que ce soit pour 2022, pour 2026 ou même 2030. Ce que je trouve drôlement intéressant, c'est que la volonté politique, du moins provinciale et municipale, semble acquise. Nos amis du fédéral, qui ont eu amplement de temps pour apprécier Vancouver et ses Jeux en raison de leur manque de travail à Ottawa, embarqueront sûrement si tous les autres paliers leur poussent dans le derrière.

Avec Me Marcel Aubut qui tire les ficelles au Comité olympique canadien, plus rien n'est impossible. Ne reste plus qu'à analyser exactement ce que nous devons faire pour séduire les gros bonnets du Comité international olympique (CIO). C'est le plus gros obstacle. Un obstacle indéniablement lié aux signes de dollars. Beaucoup de signes de dollars. Ça coûte cher, organiser des Jeux. Tellement cher que j'entends déjà les pisse-vinaigre qui préfèrent que Québec reste bien tranquille dans son p'tit coin.

Équipements pour la relève

Je ne ferai pas de dissertation politique ou économique. Laissons ça aux experts. Ou à ceux qui croient l'être. Allons-y plutôt avec le gros bon sens.

Partir à la quête des Jeux d'hiver serait la meilleure façon de s'assurer de l'avenir du sport chez nous. Et aussi la meilleure façon de se doter des plus beaux équipements qui serviraient à la relève, la prochaine génération de jeunes qui vont représenter le pays dans les 10, 20, 30 prochaines années. Nous avons une chance en or d'aller chercher ces coûteuses infrastructures, de battre le fer pendant qu'il est chaud. Ce que plusieurs personnes ont du mal à comprendre, c'est que l'argent est là. Peu importe qu'on le ramasse ou pas. S'il n'est pas dépensé ici, il le sera ailleurs. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit sur la côte ouest.

Quand on a «tassé» Québec au profit de Vancouver en novembre 1998, c'est incroyable ce qu'on a perdu. Et c'est encore plus incroyable ce que la Colombie-Britannique a gagné. Des milliards en infrastructures, des routes, des gares maritimes, des installations sportives, des logements et combien encore. C'est à ça qu'il faut penser lorsqu'on se met à analyser les retombées des Jeux. À tous ceux qui rêvent d'un TGV dans le corridor Windsor-Québec, à tous ceux qui rêvent de logements sociaux, à tous ceux qui rêvent d'un système de transport en commun rafraîchi et à tous ceux qui rêvent d'un amphithéâtre à la fine pointe, d'un anneau de glace couvert et combien encore, c'est ça l'héritage d'une aventure olympique.

Bon, je le sais, la montagne n'est pas assez haute. Mais en ces temps modernes, tout est possible. On rehausse, on creuse dans le bas, on fait un peu des deux, il suffit d'un peu de créativité. Faut être positif dans toute l'affaire. Parlons avec les bonzes de la Fédération internationale de ski, voyons s'ils ont une ouverture d'esprit et embarquons-les dans le processus. Qui sait ce qui peut se produire ? Mais une chose demeure. Des Jeux d'hiver doivent être présentés dans une ville d'hiver. Ça devrait être le critère le plus important. Et si c'est le cas, Québec n'est pas loin de la première marche du podium. Allons-y, fonçons! L'expérience a tellement eu l'air le fun à Vancouver.

Tournoi très relevé

Que dire de plus du tournoi de hockey masculin des Jeux de Vancouver ? Un pur délice. Un niveau de jeu relevé comme on a rarement vu au cours des dernières années. Et pas juste venant de deux ou trois équipes. Ça trimait dur chez les moins forts comme la Norvège et la Biélorussie pendant que les Suisses donnaient de l'urticaire aux puissances comme le Canada et les États-Unis.

En prime, ce fut du hockey propre. Peut-être a-t-on vu quelques mises en échec pour le moins brutales, mais pas un seul geste gratuit. Et pas de bagarres. Une preuve que cette forme de machisme aigu n'a plus sa place dans notre sport national. Mais ne nous égarons pas. La victoire des hôtes a épaté la galerie et ce ne sont pas seulement les amateurs de hockey habituels qui ont sauté de joie lorsque Sidney Crosby a mis fin au débat dimanche. Le 87 s'est découvert une foule de nouveaux admirateurs. Et par la bande, de nouveaux fans de hockey.

Nous avons également eu la preuve au cours des deux dernières semaines que la présence des gros canons de la Ligue nationale se voulait un naturel pour les Jeux olympiques. Dire que l'honorable commissaire Gary Bettman branle encore dans le manche lorsqu'on lui demande si ses joueurs seront des Jeux de Sotchi dans quatre ans. Une position aberrante, peu importe que l'on s'apprête à négocier une nouvelle convention collective ou non.

Courtoisie envers la Russie

Les prochains Jeux se tiennent en Russie et si ce n'est que par simple courtoisie pour ce que le Pays des steppes a amené au hockey, il faut y être. Il faisait bon entendre les entraîneurs Mike Babcock, du Canada, et Ron Wilson, des États-Unis, affirmer sans gêne que les gars de la LNH devaient être là. Et de toute manière, la plupart des athlètes jouant dans le circuit Bettman ont déclaré de façon on ne peut plus claire qu'ils seraient à Sotchi, peu importe la décision de leurs patrons. Imaginez le paquet de trouble si la LNH n'y va pas et que les Ovechkin, Malkin, Kovalchuk, Markov, Semin et compagnie lèvent les feutres et s'y rendent quand même.

Surtout que ces messieurs ont plein de choses à se faire pardonner. Leur déconfiture face aux Canadiens a causé tout un émoi à Moscou et les têtes ont commencé à rouler. Si jamais ils s'effondraient de la même façon dans leur mère patrie en 2014, les rétributions seraient sans merci. Ils ont quatre ans pour se mettre dans l'ambiance. Mais ils ne seront pas seuls pour autant. Les jeunes Américains n'ont pas dit leur dernier mot. Et le Canada ne demanderait pas mieux que de répéter son exploit sur une patinoire russe.

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