Rendons à César, ou à Jacques Martin, ou à Jaroslav Halak, ou à qui vous voudrez, ce qui lui revient. Les joueurs montréalais ont engrangé des points précieux à Boston, à Los Angeles et à Anaheim. Dire qu'ils sont également passés bien près de causer toute une surprise à San Jose, n'étant battus qu'en toute fin de troisième. S'ils avaient été lamentables sur la route, nous aurions parlé de désastre, de fin de saison en queue de poisson. Ces six points leur permettent de demeurer au plus fort de la course. Une lutte sans merci qui s'annonce corsée jusqu'à la dernière fin de semaine du calendrier régulier.
En ces temps modernes où l'allure du hockey est en grande partie dictée par le plafond salarial, c'est cette fichue de parité qui provoque des ulcères. Quelques clubs s'échappent, les Sharks, les Capitals, les Blackhawks et les Penguins de ce monde. Mais pour ce qui est du reste, c'est du pareil au même. Qu'on soit dans l'association de l'Est ou dans l'association de l'Ouest, c'est exactement la même chose. Deux clubs de tête et un club de queue de chaque bord. Les autres sont tous dans le même paquet.
Ça met du piquant, il n'y a pas de doute. Mais en même temps, ça ne m'emballe pas de voir autant de clubs disputer des saisons de plus de 80 matchs et terminer avec des moyennes d'à peu près ,500. Il y a un certain non sens là-dedans. On arrive en fin de compte et les clubs sont presque tous sur un pied d'égalité. Certains passent, d'autres pas. Dans le fond, il n'y a pas vraiment de différence entre l'équipe qui prend le cinquième ou le sixième rang de son association et celle qui prend le 12e ou le 13e rang. À part quelques points au classement, évidemment. Et c'est ce qui me fatigue le plus. Mais c'est comme ça, et pour l'instant, on ne peut y échapper.
Revenons maintenant au sujet du jour. Le Canadien est septième de son association avec 70 points, trois de plus que les Rangers de New York, qui sont neuvièmes. Quant au Lightning de Tampa Bay, adversaire du Tricolore ce soir, il suit avec 65 points. Il a cependant disputé trois rencontres de moins. Ça s'annonce intéressant. Reste à voir si les protégés de Jacques Martin pourront maintenir leur rythme à domicile, où ils ont tendance à décevoir leurs partisans.
De l'espace pour Plekanec
La bonne nouvelle, c'est de voir que la pause des Jeux de Vancouver semble avoir énergisé Brian Gionta et Scott Gomez, qui ont joué leur meilleur hockey de la saison sur la côte Ouest américaine. Avec le jeune Benoit Pouliot, ils ont constamment pressé les arrières adverses, ce qui a permis à un gars comme Tomas Plekanec de bénéficier d'un peu plus d'espace sur la patinoire, lui qui était le seul point de mire des adversaires du Canadien en première moitié de saison.
Et plus du travail des Américains Gionta et Gomez, c'est l'acharnement de tous les joueurs qui a le plus marqué les matchs de la dernière semaine. Le personnel de soutien a donné le ton à Boston, tandis que contre les Sharks, les Kings et les Ducks, ce sont les athlètes sur qui l'on compte pour faire mal à l'adversaire qui ont tonné.
Si les dirigeants du Canadien sont honnêtes, ils vont vous dire qu'ils ne pensaient jamais récolter six points sur une possibilité de huit lors du retour au jeu après la pause olympique. Ils visaient la fameuse moyenne de ,500 et voilà qu'ils ont deux points de plus en poche. Ça fait rêver aux séries, ça permet de respirer un peu. Mais c'est loin d'être fini. Si on a gagné du temps en fin de semaine, la moindre défaillance de deux ou trois matchs peut gâcher la saison. Le travail le plus difficile de Jacques Martin sera de garder sa bande sur les dents. Ce qui est plus facile à dire qu'à faire.
Donnez donc la pole à Jaroslav Halak!
C'est quoi l'entêtement. Oui, il était tout à fait normal de laisser le filet à Carey Price lors du retour de la pause olympique à Boston la semaine dernière. Fallait bien donner un peu de répit à Jaroslav Halak, qui venait de trimer dur pour la Slovaquie à Vancouver. Mais à partir du débarquement sur la côte Ouest, le but revenait d'emblée à Halak. C'est lui qui est le gardien numéro un du Canadien, mais c'est trop difficile pour les bonzes du club de le confirmer. C'est comme si l'on craignait de faire de la peine à Price. Pourtant, lui, il en fait de la peine aux dirigeants de l'équipe. C'est ce manque de régularité de sa part qui, à mes yeux, lui enlève le droit de postuler pour le poste de gardien numéro un. Le jeune manque clairement de maturité. Il a le talent pour réussir, mais tant qu'il ne mettra pas toutes l'énergie de son corps et de sa tête dans son travail de hockeyeur professionnel, il traînera de la patte. Dommage, parce que le potentiel est certainement là. Pas besoin d'être un entraîneur de gardiens pour le voir. Si tu peux connaître un excellent match un soir, tu peux y arriver tous les soirs si tu en fais ta mission. C'est là qu'il est rendu dans son développement. Pendant ce temps, Halak démontre que lui, il est prêt à faire face à la musique tous les soirs. Comme tout gardien, il connaît un revers de fortune de temps à autre. Mais l'ensemble de son oeuvre est supérieur à ce que peut offrir Price. Si le Canadien veut se tailler une place en séries et y faire plus qu'acte de présence, il faudra confier le filet à Halak. C'est la logique des choses.
La chasse toujours ouverte
Dans la Ligue nationale de hockey, la saison de la chasse est ouverte à l'année. Nous avons malheureusement dû assister à un autre épisode de la téléréalité «chasseur de tête», dimanche après-midi. Je m'amusais à faire la popote dans la cuisine, tout en regardant distraitement le match Bruins-Penguins lorsque Matt Cooke a eu sa crampe de cerveau. Pour agir de façon aussi imbécile, peut-être a-t-il lui-même reçu un coup de trop à la tête au fil des ans ? Toujours est-il qu'il a foudroyé Marc Savard à l'aide d'un coude de béton. Le choc fut brutal, inattendu. Le côté de la tête de Savard a tout encaissé. Nous apprenons aujourd'hui que le point principal de la réunion actuelle des directeurs généraux de la LNH est justement la prolifération de coups à la tête. Il n'y a qu'une façon de les bannir à tout jamais. C'est de s'assurer que les peines soient tellement sévères que personne, pas même les plus stupides des patineurs, n'ait envie de frapper la tête d'un adversaire.











