Il était temps de couper les liens avec Saku Koivu, Alex Kovalev, Chris Higgins, Mike Komisarek et d'autres joueurs qui n'ont jamais symbolisé le succès au sein de la Sainte-Flanelle. Reste à savoir maintenant si Gainey a pris les bonnes décisions en remplacant les principaux disparus par Scott Gomez, Brian Gionta, Mike Cammalleri et d'autres patineurs plus obscurs. Le jugement sera rendu au terme de la campagne qui vient à peine de s'ébranler.
Un vieux dicton au baseball veut qu'on donne la chance au coureur. On peut facilement l'appliquer à la situation actuelle du Canadien. Il serait inapproprié de juger les Gomez, Gionta, Cammalleri et les autres nouveaux après quelques matchs ou quelques semaines. Le temps fera son oeuvre et rendra le véritable verdict. Attention aux analyses trop savantes et surtout trop précoces!
Les nouveaux venus ne seront pas les seuls joueurs du Canadien scrutés à la loupe. Plusieurs réguliers de l'an dernier seront épiés à chaque match ou à chaque présence sur la glace. En commençant par le gardien de but Carey Price, sans oublier Tomas Plekanec et Andrei Kostitsyn.
La blessure à Andrei Markov complique la tâche de tous ceux qui ont des preuves à faire ou des choses à se faire pardonner. Son absence prolongée provoquera une brèche importante au sein d'une brigade défensive déjà suspecte.
Dans le passé, les mois d'octobre et de novembre provoquaient souvent l'euphorie chez les partisans du Canadien. C'est après les Fêtes que la sauce se gâtait. La deuxième moitié de saison et les séries éliminatoires ramenaient tout le monde sur terre. Le Canadien n'a jamais traversé la deuxième ronde éliminatoire depuis sa dernière conquête de la Coupe Stanley, en 1993.
Au diable la tradition
Le Canadien rompt avec la tradition en entamant sa saison régulière sans capitaine. Comme quoi les véritables candidats n'étaient pas nombreux. Nous sommes très loin des époques où les Émile Bouchard, Maurice Richard, Doug Harvey, Jean Béliveau, Henri Richard, Yvan Cournoyer, Serge Savard, Bob Gainey et Guy Carbonneau se succédaient pour assumer les responsabilités de capitaine.
La continuité, l'ancienneté et le sentiment d'appartenance conduisaient à cette fonction. Ce n'est plus le cas aujourd'hui et la tradition a pris le bord. À preuve : Brian Gionta vient à peine de débarquer à Montréal et plusieurs le voient avec un «C» sur son chandail.
Enfin, un match!
Selon des observateurs de l'autre bout de la 20, les Carabins de Montréal pourraient vaincre le Rouge et Or, demain, au CEPSUM. Tant mieux si les amateurs peuvent assister à un match dont l'issue ne sera pas connue au milieu du deuxième quart. Ça va faire changement! Le Rouge et Or pulvérise ses rivaux au Québec, et même au Canada, depuis plusieurs années.
Je me méfie cependant des prévisions trop optimistes avec les Carabins. Depuis sa saison régulière parfaite, en 2004, cette équipe doit détrôner les représentants de l'Université Laval. La passation des pouvoirs ne s'est pas encore produite. En incluant le parcours parfait de 2004, les Carabins n'ont remporté que deux victoires, en saison régulière, contre le Rouge et Or dans les cinq dernières années. Qui plus est, le Rouge et Or a triomphé à quatre reprises en quatre affrontements éliminatoires avec ses adversaires de Montréal pendant la même période.
Si on prévoit un match serré, demain après-midi, au CEPSUM, je ne parierais pas contre le Rouge et Or. La troupe de l'entraîneur-chef Glen Constantin n'a pas l'habitude de disparaître dans les rencontres importantes. Bien au contraire! Reste que les amateurs de football sortiraient gagnants d'un duel âprement disputé entre les deux grands rivaux du football universitaire québécois.









