Ils ont pour mission de redonner ses lettres de noblesse à un pays humilié par une septième position aux Jeux de Turin, en 2006. Il faudra plus que des victoires contre la Norvège et la Suisse pour convaincre les sceptiques et rassurer les pessimistes.
Surtout que le gain de jeudi, en tirs de barrage contre les Suisses, n'avait rien pour écrire à sa mère. Bien au contraire, il a soulevé d'autres interrogations et augmenté la suspicion à l'égard de la troupe dirigée par Mike Babcock.
Le Canada, c'est le pays du hockey et l'hôte des Jeux 2010. L'occasion ne pourrait être plus belle pour remonter sur la plus haute marche du podium. C'est encore possible, mais la route sera parsemée de nombreux obstacles. Des obstacles beaucoup plus coriaces que les Suisses.
Depuis 1998 à Nagano, les joueurs de la Ligue nationale de hockey peuvent participer aux Jeux olympiques. Cette décision n'a pas confirmé la suprématie canadienne. On ne déroule pas le tapis rouge avec une quatrième position à Nagano, l'or à Salt Lake City quatre ans plus tard et la dégringolade à Turin.
La mission canadienne doit obligatoirement se solder par la conquête de l'or à Vancouver. Steve Yzerman et sa bande le savent depuis qu'on leur a confié le mandat de bâtir l'équipe.
Avant même le début du tournoi olympique, la majorité des experts prévoyaient une finale entre le Canada et la Russie. C'est encore possible, même si la Russie a baissé pavillon, en fusillade, devant la Slovaquie.
Aussi explosifs soient-ils, les Russes peuvent être terriblement décevants à l'occasion. Ils viennent de se compliquer l'existence et d'autres nations aspirent également au podium.
Tout autre résultat que l'or se transformera en une amère déception pour le Canada à Vancouver. L'enjeu n'a jamais été aussi grand pour nos représentants!
Un front de «boeu»!
René Fassel, le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, s'est mis un pied dans la bouche en fustigeant le hockey junior québécois et canadien. Selon lui, les Canadiens ne jouent pas au hockey de la même façon que le reste de la planète. Il s'est même adressé à Bob Nicholson, le grand patron de Hockey Canada, afin que Patrice Cormier soit sévèrement sanctionné après son violent coup de coude à la tête de Mikaël Tam.
Si la Fédération internationale de hockey sur glace, l'organisme que Fassel dirige, avait mis ses culottes pendant le dernier Championnat mondial junior, la Ligue de hockey junior majeur du Québec n'aurait pas eu à réparer les pots cassés. Cormier a frappé deux adversaires avec son coude durant le déroulement de ce championnat, et la Fédération internationale n'a même pas sévi. René Fassel devrait pourtant s'en souvenir et s'abstenir de lancer des cailloux aux autres. Il habite une cage de verre!
Mince récolte régionale
Avec les insuccès de Dominique Maltais et de Kalyna Roberge, les espoirs de médailles aux Jeux de Vancouver pour la grande région de Québec ont fondu comme neige au soleil. Marie-Philip Poulin (hockey féminin) et Patrice Bergeron (hockey masculin) possèdent d'excellentes chances d'être décorés, tandis que Kalyna Roberge peut encore monter sur le podium dans des courses à relais. Selon les initiés, toute autre médaille dans la région de Québec constituerait une agréable surprise.
Quelques heures avant l'ouverture des Jeux, Me Marcel Aubut me confiait que le Canada pouvait viser le premier rang dans la récolte des médailles. «Après une troisième position à Turin, en 2006, c'est un objectif réaliste», précisait le président du Comité olympique canadien.
Le Canada devra multiplier les exploits dans la dernière semaine d'activités pour atteindre cet objectif.












