Mon père Raymond était l'entraîneur des Cascades de Beauport, qui ont représenté les petits Nordiques. Vous vous souvenez sûrement de Jeannot Ferland et de Jean Blouin, deux joueurs vedettes de cette équipe. Je ne voudrais pas diminuer leur mérite, mais j'ai également soulevé la foule. J'étais la petite mascotte avec ses particularités de couleur. Oh, que de beaux souvenirs!
J'étais une grande vedette et un joueur de hockey en devenir. Je signais des autographes. Je savais à peine écrire et je prenais cela au sérieux. Quelle fierté de voir ma binette, avec mes palettes manquantes, dans les journaux. J'ai encore les exemplaires de tous les journaux de l'époque et le gilet avec le mémorable logo des Nordiques. Nous avions le club de l'année et nous avions gagné la coupe Amérique.
Par la suite, j'ai participé au Tournoi comme joueur. J'étais membre de l'équipe sacrifiée qui a affronté les étoiles de Karkov. J'ai plusieurs autres souvenirs, dont la participation de mon frère Tommy dans l'uniforme des petits Nordiques.
Kevin Bolduc
La fille du coach!
En 1976, j'ai eu la chance de participer au tournoi avec l'équipe de L'Ancienne-Lorette. Tout comme mes anciens coéquipiers avec qui j'ai encore la chance de jouer à l'occasion, j'ai encore en mémoire le match contre Candiac. Nous avions une belle équipe et un beau jeu de passes. Nous menions 4-0 et on semblait se diriger vers une victoire facile. Mais, c'était 4-4 après trois périodes et nous avons disputé deux périodes supplémentaires sans faire un maître. Les organisateurs ont ensuite décidé d'accorder la victoire à l'équipe qui avait le plus de tirs au but. Nous avons perdu 5-4. J'ai encore des frissons quand je passe à Candiac. Ce fut néanmoins une belle expérience et je la souhaite à mon fils. Il y a toujours un bon côté à toute chose. Je suis marié à la fille de mon entraîneur pee-wee.
Denis Parent
L'Ancienne-Lorette
Glace de rêves
En 1969, il y a donc 40 ans, j'ai participé au Tournoi pee-wee de Québec, alors que je jouais avec le comité des jeunes de Rosemont. Nous avions vaincu trois équipes de Toronto en route vers un affrontement avec les Castors de Québec, en demi-finale. Autant la foule nous avait soutenus contre les équipes de Toronto, autant elle soutenait les Castors, en demi-finale. Nous avions subi un revers de 6-1 devant une foule qui avait rempli le Colisée. Guy Chouinard, le meilleur joueur pee-wee que j'ai affronté, avait marqué quatre buts. En 1974, je réalisais un autre rêve en me joignant aux Remparts sur cette même patinoire et devant cette même foule qui m'avait fait vivre tant de belles émotions.
Gino Yanire
Directeur général de la Fondation de Lauberivière
Une dégelée mémorable
C'était en 1961. Je faisais partie de l'équipe de Saint-Georges de Beauce. J'étais le capitaine d'une équipe qui gagnait tout dans la région. Nos entraîneurs avaient même loué une glace artificielle à Québec (le Pavillon de la jeunesse, je crois) avant le tournoi. Nous n'avions jamais joué sur une telle surface. Nous étions super préparés et super motivés. Toute la ville était derrière nous. Le ciel nous est tombé sur la tête dès le premier match contre les Indiens du Québec et les fameux frères Quoquochi, qui avaient tout balayé sur leur passage cette année-là. Nous avions subi une dégelée de 11-0. C'était la tragédie. Tout le monde pleurait dans le vestiaire. Aujourd'hui, j'ai encore le coeur en peine juste à y penser.
Charles Garneau
Saint-Georges de Beauce
Petit dans ses patins
En voyant la photo de Wayne Gretzky dans Le Soleil de samedi, je me souviens très bien de ce petit joueur qui pouvait facilement transporter la rondelle d'un bout à l'autre de la patinoire. Cette année-là, je jouais pour Saint-Georges de Beauce. Nous étions inscrits à l'horaire juste avant lui contre Hershey (É.-U.). Le Colisée était bondé pour voir «The Great One». Ces 12 000 personnes en avaient profité pour nous soutenir tout au long du match. Je me rappellerai toujours de tous ces gens qui nous applaudissaient lors de notre entrée sur la glace. J'étais moi aussi un petit joueur mais à ce moment-là j'avais l'impression de mesurer 3'! Nous avions gagné 3-2 contre Hershey grâce au brio de notre gardien de but, mais surtout grâce aux encouragements de la population de Québec. Merci à tous ces gens, 35 ans plus tard.
René Côté
Saint-Georges de Beauce
Des Russes à la maison
J'étais un fervent amateur des séries Canada-Russie et la coupe Canada 87 fut ma meilleure avec Gretzky et Lemieux. Je me suis levé un matin et j'ai eu la géniale idée d'appeler le Tournoi peewee pour héberger des hockeyeurs d'un autre pays. J'avais le choix
entre six pays et la Russie faisait partie du groupe. J'ai hébergé deux attaquants russes en 2004 et nous avons mangé du hockey pendant huit jours. On se levait avec du hockey et on se couchait avec du hockey. J'avais au moins une bonne trentaine de VHS (environ deux heures de hockey par cassette) et ils les ont visionnées. Je n'oublierai jamais le moment où ils jouaient sur une patinoire extérieure avec des jeunes du voisinage.
Les Russes étaient impressionnés par notre abondance : grosse maison, ketchup gratuit au McDo, gros pots de Nutella... Ils en abusaient parce qu'ils savaient que c'était peut-être leur dernière chance d'avoir autant de choses à leur portée. En Russie, il n'y avait que le hockey, l'armée et un quatre et demi pour se loger. Les choses gratuites ici coûtaient cher là-bas.
Pierre Gauthier
Arrondissement Sainte-Foy
Wayne Gretzky et ses gants blancs
J'étais l'instructeur des Orioles d'Arvida en 1974 et nous avions gagné la coupe pee-wee B. Je garde de bons souvenirs du tournoi de Québec. Nous étions toujours bien reçus au Colisée par le président, Gérard Bolduc. Au début des années 70, on faisait déjà la file à 5h du matin afin d'avoir une place dans le Colisée, le samedi et le dimanche. En 1974, lors de sa présence au tournoi, Wayne Gretzky portait des gants blancs et il était déjà une étoile.
Yvon Cormier
Arrondissement Beauport
Une leçon de vie
Il faut croire que j'ai attrapé la piqûre du Tournoi pee-wee dès ma première visite au Colisée à l'âge de quatre ou cinq ans, puisque mon père me rappelait il y a quelques jours à peine que je ne voulais plus partir pour retourner souper à la maison cette journée-là. D'année en année, j'ai découvert les Toronto Shopsy's et Young Nationals, sans oublier le Detroit Paddock, les petits Nordiques et l'éternel vendeur de revells... Et, bien sûr, les montées à l'emporte-pièce de Sylvain Côté, dont le puissant lancer frappé décoché à partir de sa propre ligne bleue avait atteint le poteau ou la barre horizontale du filet défendu à l'autre bout de la patinoire par le petit gardien de Boston, si je me souviens bien.
Mais que dire de cette leçon de vie reçue en 1982 de la bouche de Walter Gretzky, le père du célèbre 99, qui était assis tout près de moi dans la section 13 des loges, devenue au fil des ans le refuge d'une joyeuse bande d'inconditionnels du tournoi. À 19 ans, j'étais tout fier de dire à M.?Gretzky, qui venait d'accepter de signer mon programme-souvenir, qu'il devait être très fier de son fils Wayne. Il m'avait alors regardé droit dans les yeux et, en prenant bien soin de peser tous ses mots, m'avait répondu : «Jeune homme, je suis fier de tous mes fils». J'ai repris mon programme et suis retourné à ma place sans faire de bruit et en marchant la tête basse. Vingt-sept ans plus tard, je vous remercie, M. Gretzky.
François Ratté
Arrondissement de Charlesbourg
La griffe de Bobby Orr
C'était avant l'entrée des Nordiques dans la Ligue nationale de hockey, soit à la fin des années 70. Je devais donc avoir 13 ou 14 ans et j'étais déjà un fan de hockey.
À l'époque, mes parents me laissaient au Colisée avec un immense sac à lunch qui faisait mon bonheur pour toute la journée. Après le départ de mes parents et les conseils d'usage, je m'installe dans les loges pour pouvoir profiter de cette belle journée. Quelle ne fut pas ma surprise, dans l'après-midi, de voir apparaître une délégation de personnages très importants, que je ne connaissais, pas venir s'asseoir directement dans ma section.
Pas de problème, je n'ai pas eu à me déplacer et j'en étais bien content. Quelques minutes plus tard, voilà que nul autre que Bobby Orr s'installe à quelques bancs de moi. J'ai pris mon courage à deux mains et après avoir baragouiné quelques mots en anglais, j'avais obtenu son autographe ainsi que ceux de ses deux compagnons.
Je conserve ces autographes précieusement chez moi. J'ai su, quelques jours plus tard, que John Ziegler était le président de la Ligue nationale de hockey, et Me Marcel Aubut, le président des Nordiques. Avec le temps, j'ai bien compris qu'il s'agissait sans doute d'une opération charme dont seul Me Aubut avait le secret.
Christian Auclair
Arrondissement Beauport
Des années fastes
Dans les années 1966, 67 et 68, nous logions les Indiens de Québec chez mes parents. Dans ma rue Saintonge, du secteur Courville, nous avions les Quoquochi. Mon plus beau souvenir, c'était la série des Indiens qui regroupait trois équipes.
Avec la complicité de Max Gros-Louis et de son tamtam, l'ambiance était à son comble dans le Colisée plein à craquer. Mon ami, Emery Lasnier, qui demeure encore dans le même secteur, tout comme moi, était le responsable de l'équipe, et mon frère Laurent gâtait les jeunes en leur offrant à plusieurs occasions le repas du soir dans différents restaurants. Le père Martel et le frère Juneau s'occupaient de cette équipe.
Encore aujourd'hui, j'assiste à de nombreuses parties, mais ce n'est pas la période faste du tournoi des années 60 avec les équipes de Toronto... Bon 50e.
Michel Guillot
Beauport
Écrivez-nous!
Les 50 ans du Tournoi international de hockey pee-wee de Québec ont accumulé une multitude de souvenirs de toutes sortes. Vous en avez un à nous raconter comme participant, spectateur, accompagnateur ou autre ? Faites-le-nous savoir à l'adresse électronique suivante: peewee@lesoleil.com.
Nous nous empresserons ensuite d'y faire écho dans nos pages consacrées à ce prestigieux événement. Le 50e Tournoi se poursuivra jusqu'au 22 février.









