«Ce qu'il y a de remarquable dans son cas, c'est qu'en plus d'avoir été sélectionné, il était surclassé. Hugo est un modèle pour tous les jeunes joueurs et la présence d'un joueur de chez nous dans l'équipe canadienne est importante pour le développement du soccer régional», admet Samir Ghrib, directeur technique de l'Association de Beauport.
Sa titularisation a été soulignée, en fin de semaine, à l'occasion du lancement de la saison 2009 des clubs AAA du Royal de Beauport. Il s'aligne d'ailleurs avec la formation U-18 malgré ses 16 printemps. Souriant, il a accepté les honneurs avec la même maîtrise qu'il affiche en tout temps sur le terrain.
«Quand j'avais 12 ou 13 ans, je voyais Serge Dinkota - qui a participé à divers camps d'entraînement avec l'équipe nationale sans jamais percer officiellement l'alignement - comme un modèle. Je me disais : pourquoi ça ne serait pas moi. Aujourd'hui, tout est possible et ma sélection pourrait permettre à d'autres joueurs de Québec de percer», confiait-il, samedi après-midi, derrière le filet du rectangle synthétique du Royal-Saint-David, dans l'arrondissement Beauport.
Au Mexique, il a joué dans l'un des trois matchs, soit les 50 premières minutes dans la défaite de 4-2 contre les États-Unis qui empêchait le Canada d'obtenir l'une des deux places réservées à la zone Concacaf pour le Mondial U-17 disputé au Nigeria. L'unifolié avait fait l'impasse 1-1 contre le Honduras et perdu 2-1 contre Cuba. «Si on l'avait emporté, on aurait été l'un des pays qualifiés pour la Coupe du monde. Avant de jouer mon match, j'étais stressé, ça n'avait pas de bon sens, mais j'ai vite retrouvé ma confiance. Je me suis dit que si j'étais ici, c'est parce que l'entraîneur m'avait choisi et qu'il me trouvait de calibre.»
Un mois fort chargé
Le mois d'avril a été passablement chargé pour l'étudiant en quatrième secondaire. Il avait appris un jeudi qu'il faisait partie de l'équipe nationale. Le hic, c'est que l'avion décollait le lundi suivant pour une semaine d'entraînement en Californie avant de mettre le cap sur la ville mexicaine. «Les joueurs canadiens n'ont pas à rougir de leur potentiel. Le Canada est en pleine expansion au niveau du soccer. La plus grande différence, c'est la quantité. Chez nous, on n'a pas un bassin aussi grand que d'autres pays», notait celui qui était le coéquipier de cinq autres joueurs du Québec dans l'équipe nationale.
Il ne pouvait pas s'empêcher de remercier ses parents pour lui avoir permis de s'établir à Montréal, où il fréquente le Centre national d'entraînement depuis deux ans. «Ça prend de la confiance et des sacrifices pour laisser partir son enfant de 15 ans de la maison», avouait le joueur développé par Michel Fisher, directeur technique du AAA au Royal de Beauport.
Le Mondial U-20 dans la mire
Hugo Lapointe-Senécal aimerait bien poursuivre sa progression afin de participer à la Coupe du monde U-20 dans quatre ans. En raison de son surclassement, il est l'un des deux joueurs de l'équipe 2009 U-17 à pouvoir y rêver puisque les autres seront trop vieux en 2013. À court terme, il rendra de précieux services à l'équipe du Québec et au Royal U-18.
Le défenseur, qui a eu le privilège d'être évalué par les entraîneurs du club professionnel de Strasbourg, en France, au mois de février, sait sur quelles facettes de son jeu plancher pour atteindre un niveau encore plus élevé.
«Il y a toujours les blessures, mais je veux me rendre le plus loin possible. Ma vitesse et ma vision du jeu sont mes principales qualités, j'aime bien supporter l'attaque. Mais puisque je suis un petit joueur, je devrai faire de la musculation et améliorer mon jeu de tête et mon impulsion», analysait-il, vêtu des couleurs canadiennes.











