Des Cendrillon en crampons

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Des Cendrillon en crampons

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Les capitaines du Mistral, Noémie D'Amours et Geneviève Hamel-Héroux, sont entourées des entraîneurs adjoints Éric Bujold et Richard Delisle et de l'entraîneur-chef Jean-Michel Demers (au centre).

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Guillaume Dumas
Le Soleil

(Québec) Les joueuses du Mistral Laurentien U-13 division II portent des crampons moulés plutôt que des pantoufles de vair et n'ont rien de princesses maniérées, mais appelez-les donc les «Cendrillon du ballon» si vous voulez honorer leur incroyable parcours en Coupe LSQM!

Car à l'image de l'héroïne du conte populaire, les footballeuses de l'entraîneur Jean-Michel Demers en connaissent tout un rayon sur le travail acharné et sur les histoires de rêve, puisque la formation de calibre A s'est payé des équipes réputées plus fortes pour se rendre jusqu'en demi-finale. «Notre premier test avait été contre Trois-Rivières [calibre AA] en deuxième ronde et nous avons finalement gagné 1-0 en tirs de barrage. À partir de ce moment-là, les filles ont réalisé qu'elles étaient capables de rivaliser avec ces joueuses-là», a indiqué Demers au sujet de ce match-charnière dans l'été du Mistral.

Cette épopée hors de l'ordinaire cadre parfaitement avec l'esprit de la coupe organisée par la Ligue de soccer Québec Métro (LSQM) afin de remplacer les séries de fin de saison désormais annulées. La directrice des compétitions à l'association régionale, Mélanie Vézina, nous confirme que cette décision visait à calquer davantage le modèle européen du soccer. «Et en classant les équipes en catégories paires d'âge, ça permet d'affronter d'autres formations que celles connues en championnat», a ajouté Vézina.

Et possiblement de créer des surprises énormes, ajoutons-nous, avec à l'esprit les résultats d'un Mistral aux ambitions démesurées. Car en troisième ronde, ces filles âgées de 13 ans ou moins étaient confrontées à un défi colossal en rencontrant l'Olympique de Cap-Rouge?Saint-Augustin (CRSA) ? une formation non seulement AA mais également composée de jou­euses plus vieilles d'une année. Encore une fois, la fierté du quartier Laurentien a laissé ses complexes au vestiaire pour mériter un gain de 2-0 et passer en demi-finale.

«Les filles réagissent très bien à la pression, il n'y a pas de problème pour les matchs importants. Les entraîneurs et moi avions aussi préparé cette partie en prenant des informations auprès de l'équipe U-14 de notre club qui connaissait bien notre adversaire, a rappelé le jeune entraîneur de 20 ans. Il a fallu s'adapter physiquement, mais les filles étaient en confiance et toujours sur le high de la victoire précédente. Sauf qu'on méritait encore plus de gagner cette fois-là.»

Difficulté croissante

La frustration et la gêne étaient bien évidemment palpables dans le camp du CRSA lors des poignées de main, et le coach Demers a dû rappeler à ses joueuses de savourer la victoire avec humilité malgré le caractère improbable du score final. Surtout que le prochain obstacle sur la route du Mistral, le Phénix du Club de soccer des Rivières de Québec (CSRQ), se trouve aussi à être de calibre U-14 AA... tout en étant dans une forme exceptionnelle dans son championnat!

«Plus tu avances dans la Coupe, plus l'adversaire est fort, peu importe son nom. Il faut admettre que le Phénix, ce sera une autre paire de manches, mais comme je le répète souvent, nous n'avons rien à perdre, a reconnu Demers. Les filles sont prêtes et elles ne veulent pas que ça s'arrête. Surtout pas en demi-finale.»

Le tacticien qualifie lui-même son effectif «d'équipe Cendrillon» - comme l'exige l'expression sportive consacrée - et se montre néan­moins réaliste quant au match de dimanche (17h) disputé sur le terrain Sainte-Famille. «Je dois encore collecter des informations sur le Phénix et, après, je pourrai mieux nous évaluer. Il reste que nous avons des chances étant donné notre incroyable parcours.»

Les succès en Coupe du Mistral surprennent encore Jean-Michel Demers, qui vit «la plus belle histoire» de sa carrière d'entraîneur vieille d'à peine quatre années. Une incroyable performance qui pourrait même permettre à certains éléments de son alignement de retrouver la division I la saison prochaine. «On a des joueuses trop bonnes pour rester en D2. L'entraîneur de la D1 m'a annoncé que je perdrais des filles... Et ce n'est pas juste à cause de la Coupe, mais bien grâce à l'ensemble de la saison. On a une seule défaite en 16 matchs», disait-il quelques heures avant la 17e partie du championnat hier soir.

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