L'odeur d'ailes de poulet BBQ était omniprésente et la Budweiser - la soirée était organisée par Labatt - coulait à flot. Quelques joyeux lurons plus motivés avaient, disons, une longueur d'avance à cet égard parce qu'ils étaient en place dès le milieu de l'après midi pour assister au match du Canadien contre les Bruins.
Passons aux choses sérieuses : Colts ou Saints? Jusqu'à la demie, le parti pris de la foule était à peu près impossible à déterminer puisque les Saints n'avaient jusque-là inscrit aucun toucher. Mais au début du troisième quart, lorsque Pierre Thomas a inscrit le premier toucher en faveur de La Nouvelle-Orléans, la tendance était claire : le Capitole penchait du côté des Saints!
De leur côté, Alexandre Asselin, Guillaume Tardif et Jean-Pascal Laplante sont plutôt partisans des Patriots. Ils se sont même rendus aux États-Unis pour les voir jouer, mais leurs favoris avaient alors perdu contre... les Colts! Ils étaient présents au Capitole pour venger leur équipe et espérer une victoire des Saints.
«On déteste Manning, dit Alexandre Asselin, et lui, il en a déjà gagné un, Super Bowl! Si les Saints gagnent, ça passerait à l'histoire.»
Mais les Colts et Peyton Manning avaient aussi leurs inconditionnels.
«Colts ou Saints?» demande le journaliste?
- Colts!
- Pourquoi?
- Peyton Manning, juste pour ça!
Pff! Lui, c'est un gars de favoris, répond son ami juste à côté. Moi, je prends pour les Saints : ils n'ont jamais gagné le Super Bowl.»
Victoire des saints
Son souhait, celui d'Alexandre Asselin et de plusieurs centaines d'autres partisans présents au Capitole a été exaucé. Les Saints ont remporté le 44e Superbowl 31-17 à leur première participation. Le vent a tourné en leur faveur à partir du troisième quart. Le toucher de Tracey Porter, après une course interminable, a provoqué le délire de la foule, et réconforté de nombreux partisans des Saints.
Ces derniers étaient un peu plus nombreux que les partisans de l'équipe adverse, principalement pour deux raisons. D'abord parce que les Colts en sont déjà à leur quatrième présence au Super Bowl - qu'ils ont remporté une fois contre Chicago, avec Manning - et que les Saints y participaient pour la première fois. Mais aussi par sympathie pour ce que leur ville a vécu. En effet, on se souvient trop bien du désastre qu'a causé l'ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en 2005.
Qui plus est, les Saints ont joué un rôle extrêmement symbolique dans l'après-Katrina. Comme l'ouragan avait lourdement endommagé son stade, le Louisiana Superdome, l'équipe avait été forcée à l'exil.
Un an plus tard, leur retour à la maison, lors d'un match contre Atlanta en septembre 2006, avait une signification toute particulière pour la ville, qui, ainsi, recommençait un peu à vivre, à renaître de ses cendres. U2 et Green Day avaient repris The Saints Are Coming pour l'occasion, chanson qu'ils ont jouée live au début du match historique et qui a tourné un bon moment à la radio.
Une trentaine de joueurs du Rouge et Or football étaient présents au Capitole. «On redevient spectateurs», dit le receveur Jérémie Chrétien.
L'équipe compte autant de partisans des Saints que les Colts, ce qui mène à d'intéressants débats dans l'équipe. «Ça se niaise de temps en temps», avoue l'athlète.
À Québec, le grand rassemblement du Super Bowl s'est surtout tenu à l'Universié Laval ces dernières années. C'était la deuxième fois qu'il se tenait au Capitole, dit Serge Gravel, responsable de la promotion chez Labatt. Son directeur technique l'a convaincu d'y retourner en lui disant qu'il pouvait y installer un écran de 40 par 20... pieds!
Le coût d'entrée était de 5 $, mais la majorité des billets ont été écoulés par des équipes sportives et des associations étudiantes de la région à qui Labatt avait donné 800 billets que ces organisations ont vendus lors d'activités de financement.












