Les tests effectués pour la World Action on Salt and Health (WASH), un organisme qui lutte contre l'omniprésence du sel dans les aliments, révèlent de fortes disparités régionales entre les 18 produits examinés au microscope, vendus par les géants KFC, McDonald's, Kellogg's, Nestlé, Burger King et Subway.
Par exemple, un bol de céréales All-Bran contient plus de 700 milligrammes de sel par portion au Canada, un record mondial, contre 200 mg/portion aux États-Unis, pays pourtant situé juste à côté. Le Canada se voit aussi couronné grand champion du sel grâce aux rondelles d'oignons frits de Burger King, aux céréales Special K et au poulet popcorn de PFK, plus salés que n'importe où ailleurs dans le monde. En aucun cas, il ne se trouve en queue de peloton.
Les auteurs de l'étude, dévoilée officiellement jeudi, accusent les entreprises agroalimentaires d'«hypocrisie», bien que celles-ci disent répondre aux préférences locales de leurs clients, et les appellent à revoir leurs recettes en réduisant graduellement le contenu en sel de leurs produits jusqu'au plus bas dénominateur.
Stéphanie Côté, nutritionniste et coordonnatrice du centre Extenso, rattaché à l'Université de Montréal, ne peut qu'approuver. En entrevue téléphonique, elle rappelle que les Canadiens adultes consomment facilement deux fois plus de sel que la limite permise, établie à 2300 mg par jour. Même constat pour les enfants, qui peuvent dépasser leur quota quotidien avec un seul repas de restauration rapide.
La surconsommation de sel est naturellement associée à l'hypertension, première raison de consultation médicale au Canada, et à toute une gamme de problèmes cardiovasculaires.
«Elle augmente aussi les risques d'asthme, d'ostéoporose, de cancers et de calculs rénaux. Les gens ne sont pas conscients de tous les dommages que le sel peut causer», précise Mme Côté. P
as étonnant qu'il soit déjà identifié comme le prochain ennemi à combattre dans l'assiette, après le sucre et les gras trans.
Un groupe de travail mandaté par Santé Canada travaille sur le sujet, mais il y a fort à parier qu'il accouchera d'un programme volontaire, comme dans le dossier des gras trans, plutôt que d'un projet de règlement. C'est la tradition, au pays du compromis.
Mme Côté suggère aux personnes qui veulent réduire leur consommation de sel de cuisiner elles-mêmes plutôt que d'acheter des aliments déjà transformés. Les plats préparés, les vinaigrettes et les sauces sont particulièrement à éviter, mais les biscuits et les pâtisseries n'échappent pas aux excès.











