Le kiwi pour combattre les blues de l'hiver

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Anne Desjardins, collaboration spéciale
Le Soleil

Juteux, tendre, acidulé, d'une couleur réjouissante et bourré de bonnes choses, le kiwi est le fruit tonique de l'hiver. Un régal à adopter sans restriction!

Je me souviens de mon premier contact avec ce petit fruit étrange à la peau poilue (mais aussi comestible que celle d'une pêche) et à l'intérieur d'un vert quasi fluo, picoté de petits grains noirs riches en vitamine E, qui éclatent sur la langue. Sa saveur m'avait rappelé à la fois l'ananas et la fraise.

C'était en 1976, dans un cours de philosophie, où un étudiant qui revenait de Nouvelle-Zélande avec sa famille en avait rapporté une caisse. Son père s'apprêtait à en devenir le principal importateur au Canada. Depuis, le kiwi a connu une ascension fulgurante, étant dorénavant cultivé non seulement en Océanie, mais aussi en Italie (deuxième producteur mondial), en Grèce, en France, au Chili, en Californie et au Japon.

Un immigrant chinois

En Chine, d'où il est originaire, il a été cultivé pendant des siècles presque exclusivement dans la vallée du Chang Jiang, au nord. C'est d'ailleurs le seul pays où l'on fait pousser de nombreuses variétés de kiwis, de couleurs et de grosseurs variées. D'ailleurs, le kiwi y a longtemps été considéré comme une gâterie réservée à l'élite des mandarins. Ce n'est qu'au XVIIIe siècle que des explorateurs néo-zélandais en visite en Chine rapportèrent ce petit fruit chez eux et entreprirent de le cultiver.

D'abord appelé «groseille de Chine» à cause de son goût acidulé semblable à celui de la groseille, il fut alors renommé kiwi en raison de sa ressemblance avec l'oiseau emblème de la Nouvelle-Zélande. Au début des années 60, des fermiers californiens l'introduisirent en Amérique, mais attendirent toutefois 20 ans de plus avant de le commercialiser, profitant de l'engouement pour la cuisine dite «fusion», qui utilisait beaucoup de fruits exotiques.

Une demande mondiale en explosion

Aujourd'hui, la demande mondiale pour les kiwis a littéralement explosé, avec un million de tonnes vendues chaque année. Dans l'hémisphère Nord (Californie, Italie, Grèce, etc.) le kiwi est cultivé d'octobre à mai, tandis qu'au Chili et en Nouvelle-Zélande, la récolte se fait plutôt au printemps, ce qui explique pourquoi nous le trouvons en épicerie 12 mois durant. Économique, facile à préparer, très peu calorique (un kiwi compte 50 calories), il est aussi le champion du contenu en vitamine C (presque deux fois plus que l'orange), déborde de potassium (presque autant qu'une banane) et de fibres (2,7 g pour un seul kiwi). Il est aussi très riche en différents polyphénols, des composés antioxydants qui préviennent les dommages causés par les radicaux libres à nos cellules (source de maladies cardiaques et de différents cancers).

Comme il contient de l'actinidine, une enzyme que l'on trouve aussi dans la papaye et l'ananas, le kiwi est un attendrisseur de viandes naturel, ce qui lui donne aussi la propriété de faire tourner les produits laitiers. C'est pourquoi, en cuisine, on ne l'ajoute aux laits frappés qu'à la fin de la préparation. Enfin, autre aspect pratique, le kiwi se conserve longtemps au réfrigérateur : de deux à trois semaines.

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