Dès l'entrée franchie, vous pouvez être n'importe où dans Saint-Roch ou au coeur du nouveau centre-ville de Sainte-Foy. En rafale, citons les points forts de l'aménagement. Outre un foyer cerclé d'une longue banquette en U qui délimite une zone lounge, l'attention se dirige vers la draperie écarlate et moirée récréant l'effet d'un rideau de scène à tirer jusqu'à l'infini et les abat-jour stylisés monumentaux.
Lors de notre visite, un lundi soir (la soirée dite «Boys Night») où les pizzas sont bradées à 10 $, c'est le calme avant l'effervescence du vendredi soir. Comme nous l'affirme notre serveur, «c'est plus électrique» qu'en début de semaine où la musique module (au lieu d'étouffer) les conversations.
«Cuisine festive», avions-nous lu sur le site Internet de l'établissement pour définir sa vocation. Soit. Concrètement, cela signifie, à la rubrique des entrées, des tartares, des rouleaux impériaux et des calmars. L'inspiration eurasienne se confirme avec les woks, les pizzas, dont celle au tataki de thon et des spécialités comme l'osso buco classé parmi les grillades (!).
Dans ce menu à caractère métis, l'invitée retient les pétoncles flambés au Jack Daniel's. Caramélisés en surface, les mollusques (6), juste saisis, ne présentent pas d'attrait particulier malgré une cuisson nickel. La promesse de la flambée au whiskey n'a pas eu d'incidence sur la saveur de la sauce, une glace semblable à la trempette de mes bonbons de saumon. Une purée de céleri rave intègre, en lien avec le fondant des pétoncles, une note voluptueuse à l'ensemble.
Mes bonbons - à rebaptiser plus justement cubes de saumon - semblent sortir à l'instant du frigo. Tapissée de graines de sésame, la chair du poisson est glaciale. Je l'aurais souhaitée travaillée comme un tataki, c'est-à-dire mi-chaude, mi-froide. Par contre, la salade d'accompagnement (avec des pousses de fèves germées, du chou chinois, etc.) séduit par sa texture, sa fraîcheur et sa vinaigrette bien balancée au gingembre et à l'huile de sésame.
Aussi craquante qu'un chips, la peau du canard croustillant - un suprême en aiguillettes - suppose qu'on a sacrifié la cuisson saignante du volatile. Impossible d'y résister. Des pâtes courtes - de la taille des fregola sarda - ainsi qu'une julienne très fine de carotte et de courgette donnent de la structure à la sauce au cognac en nappage. À cette présentation bien pensée, la purée de céleri rave n'apporte rien. D'ailleurs, je la remplacerais, dans l'assiette de poulet à l'orange et au citron, par une mousseline de pomme de terre pour éviter une redite. Ici aussi la peau de la volaille a été rôtie avec un soin jaloux, et la chair n'est pas sèche. Par contre, la sauce diabolique manque légèrement de piquant.
Si le Mojo dépasse nos attentes au chapitre de l'ambiance, sa cuisine nous laisse mi-figue, mi-raisin. Sa volonté sincère d'inventivité joue cependant en sa faveur. Est-ce qu'on y retourne? Oui, pour une pâte, un wok ou une pizza.
Au menu
Mojo Resto Bar
1450, rue Père-Lelièvre, Québec
Tél. : 418 683-6656
Type de cuisine : pâtes, pizzas, salades, grillades et woks
Ouvert tous les jours
Table d'hôte du midi de 11 $ à 16 $
Table d'hôte du soir à 32 $
Tapas à partir de 1,50 $
Entrées de 7 $ à 29 $ (pour une fondue pour deux)
Grillades de 17 $ à 24 $
Woks de 15 $ à 17 $
Pizzas de 10 $ à 18 $
Pâtes de 12 $ à 17 $
Salades de 11 $ à 17 $
Bouteille de vin : 30 $
Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 59 $ (incluant les entrées et les plats)
Stationnement : réservé
On aime : le service efficace qui va droit au but. Notez que plusieurs promotions avantageuses, comme le dimanche des dames avec des rabais de 50 % sur les plats, permettent une sortie à moindres frais.
On n'aime pas : l'omniprésence de la purée de céleri rave et la température de service inadéquate des plats. C'était froid, particulièrement la fameuse purée passe-partout.










