Depuis que l'étage est ouvert et que la peinture a été rafraîchie de fond en comble, on l'apprécie un peu plus, même si la peinture vaguement jaunie par les ans ajoutait, croyait-on naïvement à l'époque, aux discussions. Car nous sommes ici au coeur d'un repère hautement fréquenté par une faune de profs et d'étudiants. Autour d'une pinte (et d'une autre), j'y ai discuté cinéma. Souvent. Quelque part en décembre, en entendant à la radio la reprise du Chat du café des artistes de Ferland par Charlotte Gainsbourg , j'ai pensé au Temps perdu et à son énergie intrinsèque... qui ne change pas. Nous l'avons vérifié, avec l'invitée, lundi midi dernier lors d'un lunch sur le pouce.
À midi pile-poil, la fébrilité s'installe. La porte d'entrée ne se referme que rarement. Le monde va et vient. Pourtant, le service ne perd ni de sa gentillesse (particulièrement notre serveuse Vanessa) ni de son efficacité. Au menu, des pizzas, des paninis, un burger, une bavette ainsi qu'un plat et un poisson du jour. Le soir, c'est similaire, hormis quelques ajouts comme le hot-dog européen avec saucisse pepperette inscrit à la carte dite de «Faim de soirée».
Devant une crème de courgette et épinard d'un vert concentré (redevable aux feuilles plus présentes que la courge) et fumante, nous déterminons que l'entrée en la matière est bien faite et réconfortante. Puisque, faut-il le préciser, Au temps perdu sert une cuisine simple et correcte. Sans originalité certes, mais honnête. C'est l'une des qualités que recherchent les clients qui le fréquentent, à parts égales (et plus encore), pour son atmosphère de véritable café.
Cela n'interdit pas les efforts pour offrir une assiette qui se renouvelle. D'où la pertinence du plat du jour, qui rompt avec le ronron de la carte régulière. Je penche pour cette option avec la noisette de porc. Découpée en médaillons (légèrement trop cuits, mais toujours tendres), la viande a été nappée d'une demi-glace et de lamelles de champignons de Paris. La portion nourrit bien et les garnitures - des frites allumettes croustillantes ainsi que des légumes sautés (surtout du poivron rouge) - forment une alliance convaincante.
Version hybride de la foccacia et du feuilleté grec aux épinards, la pizza spanakopita porte bien son nom. Garnie d'une farce à base de féta émiettée et d'épinards (comme dans le feuilleté), la pâte (nappée de sauce tomate) accueille aussi des tranches de tomate fraîche et un «extra» de fromage pour un gratin parfait. Voilà ce qui s'appelle une «croûte» santé et copieuse.
Au-delà de sa pâte très subtilement épicée, nous retenons du gâteau aux carottes sa glace au fromage, laquelle n'a pas été «parasitée» par l'addition de noix. Un goût de ciel... de printemps!
Café Au temps perdu
867, avenue Myrand, Québec
Tél. : 418-681-5601
Type de cuisine : pizzas, salades, paninis, grillades et desserts
Ouvert tous les jours
Petit-déjeuner la fin de semaine
Table d'hôte du midi de 11,95 $ à 12,95 $
En soirée, ajoutez 3,75 $ au prix d'un plat de la rubrique Les Classiques et obtenez une table d'hôte.
Entrée de 2,95 $ à 10,25 $ (pour le grand nacho)
Plat classique de 11,95 $ à 13,95 $ (incluant le steak frites)
Pizza à 11,95 $
Salade de 11 $ à 17 $
Panini de 10,95 $ à 11,95 $
Bouteille de vin : 28,25 $
Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 29,11 $ (incluant les potages, les plats, un dessert partagé à la carte et les boissons chaudes)
Stationnement : dans la rue
On aime : l'atmosphère «café des artistes», la carte des bières étoffée et le menu qui a l'honnêteté de ne pas prétendre réinventer la roue.
On n'aime pas : la corbeille de pain «mou». Attention également à la température de service des plats. Cela dit, la pizza de l'invitée a été réchauffée sans rouspéter.
Suggestion : un établissement au statut de «café» devrait servir, quitte à exiger un léger supplément, un espresso au lieu d'un café filtre avec la table d'hôte.










