Ici, «les plaques tectoniques» des cuisines du monde s'unissent avec, pour résultat, une cuisine asiatique mâtinée d'influences européennes et vice versa. Si une table d'hôte avec des plats plus classiques - façon Grain de riz s'entend - figure toujours au menu, nous vous suggérons fortement d'opter pour la formule des tapas et verrines, où trois d'entre eux constituent une résistance. Selon la consistance des tapas choisis, c'est un projet gourmand considérable, car s'y greffent le potage, l'entrée et le dessert. Deux tapas suffiraient. Sans vouloir «chichiter», l'appellation tapas s'avère toutefois fautive, car la dégustation de ces entrées visuellement sophistiquées est axée sur «l'indivision» plutôt que sur le partage.
Un potage de contraste
Le coup d'envoi est donné par les potages. Une soupe thaï au bouillon adouci par du lait de coco et un velouté de champignons shiitake façon cappuccino. Coiffé d'un nuage de crème fraîche pour un contraste chaud-froid, ce potage (inspiré d'une recette de À la di Stasio) épate par la qualité aromatique du bouillon «corsé» par des champignons séchés réduits en poudre.
Nous enchaînons avec le duo de rouleaux et une salade de papaye. Farci d'un appareil au porc et aux petits légumes, le nem frit est impeccable. L'autre, froid, se gonfle surtout de vermicelle. J'y glisserais plus de feuilles de menthe. Sa chair râpée, la papaye verte, transformée en salade, a été touillée avec des haricots verts blanchis, des arachides pilées (pour le craquant) et du piment oiseau pour la relever. C'est frais et vif en bouche sans être décapant. Un délice.
Travail de texture
En premier service de tapas, mon invitée a visé juste avec le tian de crabe, où la chair effilochée a été liée avec une mayonnaise relevée par du wasabi et du tobiko (petits oeufs de poisson volant). Ce travail de «texture» s'affine autour d'une assise de won-ton émietté et sucrée. Mon tartare de boeuf me laisse toutefois perplexe en raison de la saveur très affirmée du cumin qui éradique tous les autres parfums. Et le beurre aux chanterelles, dit «torché», ajouté dessus n'apporte rien sauf du gras inutile.
Toujours au volet carné, la caille sauce hoisin cuite en crapaudine (accompagnée d'un riz rouge glutineux au lait de coco) se grignote avec bonheur. Surtout les cuisses «laquées» et piquantes. Un coup de coeur. Si le carpaccio de bison s'en tire avec les honneurs, il n'a d'asiatique que sa vinaigrette (avec de la coriandre).
Le point culminant de la dégustation s'impose avec le trio de thon rouge, même si celui de saumon fait belle figure avec un tartare inventif où l'échalote est remplacée par du confit d'oignon. S'il fallait un seul prétexte pour une visite au Grain de riz, en voici deux (!) : le millefeuille de thon au daïkon et le tartare de thon rouge à l'huile asiatique et croquant de crevettes. Deux éléments phares à exploiter, à mon avis, en plus grande portion. De quoi évincer dans mon coeur les fameuses crevettes-coco...
Au menu
Restaurant le grain de riz
410, rue Saint-Anselme, Québec
Tél. : 418 525-2227
Type de cuisine : asiatique
Ouvert le mardi pour le traiteur et les mercredi, jeudi et vendredi midi et soir. Fermé le dimanche et le lundi.
Table d'hôte du midi à partir de 12,95 $
Table d'hôte du soir à partir de 27 $ ou additionnez le prix de trois tapas et ajoutez-y 10 $ pour obtenir une table d'hôte
Tapas de 7 $ à 17 $
Entrée à la carte de 6 $ à 8 $
Plat à la carte de 16 $ à 37 $
Plats pour emporter
Apportez votre vin
Coût de l'addition pour deux avant taxes et service : 94 $ (incluant deux tables d'hôte formule tapas, les entrées, les soupes, les desserts et les boissons chaudes)
Stationnement : dans la rue
On aime : l'originalité de la formule, les très bons desserts et le lieu apaisant.
On n'aime pas : le service est relativement efficace, mais peu souriant.
À noter : la formule des trois tapas en table d'hôte se révèle une option dispendieuse. Il est possible de manger à la carte à moindres frais.










