C'est ce que propose la méthode Bonapace, une approche qui a fait ses preuves, mais qui demeure néanmoins méconnue au Québec.
La méthode Bonapace (prononcer «bonapatché») existe depuis une vingtaine d'années. Elle a été développée par Julie Bonapace, travailleuse sociale et détentrice d'une maîtrise en éducation, à la suite de ses travaux de recherche effectués au laboratoire sur la douleur de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue. La méthode, qui est relativement simple, vise à réduire la douleur en combinant massage des zones douloureuses et contrôle de la pensée.
Mais la clé, c'est de créer une douleur secondaire afin de «distraire» le cerveau et de soulager la douleur de la contraction. Ça, c'est le travail du père qui, à chaque contraction, exerce une pression intense sur des points précis du corps de sa conjointe : mains, dos, orteils, mollets, etc.
Et ça fonctionne, affirme Karine Soucy, qui, avec l'aide précieuse de son conjoint, Benoît Dumais, a accouché le 15 novembre d'un petit Victor en pleine santé. Elle assure que les interventions de Benoît soulageaient vraiment les douleurs intenses des contractions. «On ne pouvait pas rêver d'un accouchement plus simple, plus naturel. Il ne m'est même pas venu en tête de demander un calmant ou la péridurale», raconte la nouvelle maman, visiblement épanouie.
«On voulait vivre l'accouchement, pas le subir», renchérit son conjoint. C'est pourquoi le couple de Saint-Pascal de Kamouraska a mis beaucoup d'énergie dans la préparation de ce moment : visualisation, beaucoup de lecture,
autohypnose et formation Bonapace, entre autres. Pour eux, la technique proposée par Bonapace semblait tout à fait logique et rationnelle, c'est pourquoi ils ont choisi de l'essayer.
Symbiose
Le jour J, Benoît a participé activement en pratiquant les points de pression aux moments opportuns. «Benoît a accouché autant que moi! s'exclame Karine. Il a crié autant!» «Je me sentais utile! ajoute Benoît. C'est vraiment une belle expérience de couple. Nous avons créé une vraie symbiose, c'était comme dans un rêve. C'était vraiment le plus beau jour de notre vie.»
Pour lui, c'était important de s'impliquer. Les efforts en valaient la peine. Même si, rigole-t-il, «mes chums de hockey trouvaient un peu bizarre que je suive une formation pour aider ma blonde à accoucher!»












