Si elle parle aujourd'hui avec sérénité de son expérience de césarienne, c'est qu'après la «très grosse déception», elle a voulu aller de l'avant, en cherchant à comprendre ce qui s'était passé. Après plusieurs heures d'un travail déclenché, le bébé ne se présentait pas correctement et ne descendait pas, malgré les poussées. On lui a alors annoncé qu'elle aurait une césarienne. Elle a eu 10 minutes d'avis pour encaisser le choc.
L'intervention l'a laissée meurtrie, physiquement et psychologiquement. Le milieu aseptisé et chirurgical, la sensation de succion quand on a retiré le bébé, le fait d'avoir les bras attachés, de ne voir son fils que quelques secondes pour un bref bisou, l'absence de contact peau à peau, tout cela lui est resté de travers dans la gorge.
Même après, le malaise persistait. «Ça me dérangeait beaucoup de penser qu'on m'avait ouvert le ventre.» Après plusieurs mois, Mylène a fini par «avaler la pilule et par accepter la césarienne pour passer à autre chose» pour sa deuxième grossesse.
Mais il a fallu beaucoup de lectures, des cours prénataux, de la visualisation et un gros travail sur elle-même pour reprendre confiance en sa capacité d'accoucher.
Et elle s'est bien entourée. Sa médecin était ouverte à l'AVAC et encourageante, tout en demeurant objective et en exposant clairement les risques. Mylène a de plus requis les services d'une accompagnante à la naissance.
La deuxième naissance s'est déroulée à merveille. La maman est restée mobile tout au long du travail, ce qui a facilité le bon positionnement du bébé, qui est né par voie naturelle. Quand elle a pu tenir son fils entre ses bras, elle a ressenti un profond sentiment de fierté et d'accomplissement. «C'était comme si je pouvais dire : mission accomplie!» se rappelle-t-elle avec émotion.
Philosophe, Mylène Dugal a choisi de faire bénéficier les autres de son expérience. La professeure de yoga pré et postnatal au Centre de yoga périnatal La Chrysalide a mis sur pied et anime aussi des ateliers d'échange sur l'AVAC. «J'en fais un peu ma cause personnelle. C'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur.»















