Un accouchement naturel après une césarienne

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Mylène Dugal, son conjoint, Vincent, et leurs fils,... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

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Mylène Dugal, son conjoint, Vincent, et leurs fils, Julien, six ans, et Renaud, quatre ans.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Stéphanie Martin

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) «Ils me recousaient, j'étais toute seule, parce que mon conjoint était parti avec le bébé. Et je me suis dit : "Je ne revivrai pas ça au prochain". C'était clair, net et précis.» C'est dans ces mots que Mylène Dugal raconte le moment précis où elle a pris la décision de vivre, pour sa deuxième grossesse, un accouchement vaginal après césarienne (AVAC).

Si elle parle aujourd'hui avec sérénité de son expérience de césarienne, c'est qu'après la «très grosse déception», elle a voulu aller de l'avant, en cherchant à comprendre ce qui s'était passé. Après plusieurs heures d'un travail déclenché, le bébé ne se présentait pas correctement et ne descendait pas, malgré les poussées. On lui a alors annoncé qu'elle aurait une césarienne. Elle a eu 10 minutes d'avis pour encaisser le choc.

L'intervention l'a laissée meurtrie, physiquement et psychologiquement. Le milieu aseptisé et chirurgical, la sensation de succion quand on a retiré le bébé, le fait d'avoir les bras attachés, de ne voir son fils que quelques secondes pour un bref bisou, l'absence de contact peau à peau, tout cela lui est resté de travers dans la gorge.

Même après, le malaise persistait. «Ça me dérangeait beaucoup de penser qu'on m'avait ouvert le ventre.» Après plusieurs mois, Mylène a fini par «avaler la pilule et par accepter la césarienne pour passer à autre chose» pour sa deuxième grossesse.

Mais il a fallu beaucoup de lectures, des cours prénataux, de la visualisation et un gros travail sur elle-même pour reprendre confiance en sa capacité d'accoucher.

Et elle s'est bien entourée. Sa médecin était ouverte à l'AVAC et encourageante, tout en demeurant objective et en exposant clairement les risques. Mylène a de plus requis les services d'une accompagnante à la naissance.

La deuxième naissance s'est déroulée à merveille. La maman est restée mobile tout au long du travail, ce qui a facilité le bon positionnement du bébé, qui est né par voie naturelle. Quand elle a pu tenir son fils entre ses bras, elle a ressenti un profond sentiment de fierté et d'accomplissement. «C'était comme si je pouvais dire : mission accomplie!» se rappelle-t-elle avec émotion.

Philosophe, Mylène Dugal a choisi de faire bénéficier les autres de son expérience. La professeure de yoga pré et postnatal au Centre de yoga périnatal La Chrysalide a mis sur pied et anime aussi des ateliers d'échange sur l'AVAC. «J'en fais un peu ma cause personnelle. C'est quelque chose qui me tient beaucoup à coeur.»

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