«Mon mari et moi n'avons pas dormi pendant quatre ans.» La jeune mère de trois enfants ne prend pas de détours quand elle parle du combat quotidien de sa famille. Sa fille aînée, Maëlle, diagnostiquée à l'âge de trois ans, est atteinte d'un trouble envahissant du développement (TED) apparenté à l'autisme. «Elle faisait des crises tellement intenses que ça me prenait 24 heures pour m'en remettre. Je me retrouvais à fixer le mur et à me dire : ?Qu'est-ce qu'il faut faire??» raconte-t-elle.
Après le choc de l'annonce du diagnostic, la maman a remué ciel et terre pour venir en aide à sa fille. «J'étais une boule d'énergie, d'inquiétude et de colère.» Elle a été catapultée dans les dédales du système de santé et s'est vite heurtée à des listes d'attente interminables pour accéder aux spécialistes qui possédaient l'expertise pour améliorer le sort de Maëlle. Excédés par les délais, les parents se sont tournés vers le privé.
Puisque l'autisme comporte une multitude de troubles associés, il faut souvent intervenir sur plusieurs fronts à la fois : physiatre, physiothérapeute, neurologue, neuÂÂropédiatre, ergothérapeute, psychologue, orthophoniste, éducatrice spécialisée, nutritionniste, etc. En plus de la vie familiale avec deux autres enfants, «à un certain moment, j'avais 20 spécialistes à gérer toute seule. J'ai craqué. Je n'étais plus capable. J'étais au bord de la dépression».
Réconfort permanent
Au milieu de cette tempête, une amie a suggéré à Catherine d'appeler Mira. Elle y a trouvé une oreille attentive et un soutien qui lui faisait cruellement défaut. L'arrivée de Labelle dans la famille a eu un effet spectaculaire. C'est elle qui accompagne Maëlle dans son sommeil, qui calme ses crises, qui devient sa confidente, qui la fait sortir un peu de sa rigidité. «Maëlle est plus souriante. C'est un réel baume, un rayon de lumière», dit Catherine.
La présence du labernois a aussi bénéficié aux deux autres enfants, qui ont développé avec lui «une relation extraordinaire». Même la maman en profite. «C'est un réconfort permanent pour moi. Je vais marcher avec Labelle. Cela m'a forcé à me remettre en forme. C'est un gros toutou qui ne porte pas de jugement, qui nous prend comme on est.»
Labelle n'a pas sauvé Maëlle. «Elle complète le plan d'intervention. Elle amène un apport supplémentaire très bénéfique», nuance Catherine. «Ce n'est pas un chien magique! Il faut s'en occuper.» Mais elle est depuis deux ans un membre à part entière de la famille et personne ne songerait à s'en séparer.


















