La méthode vise à réduire la douleur en combinant massage des zones douloureuses et contrôle de la pensée. L'objectif est de créer une douleur secondaire afin de «distraire» le cerveau et de soulager celle de la contraction. C'est généralement le père qui le fait, à chaque contraction, en exerçant une pression intense sur des points précis du corps de sa conjointe : mains, dos, orteils, mollets, etc.
Celle qui a développé l'approche, la spécialiste en gestion de la douleur Julie Bonapace, se trouve ces jours-ci en terre polynésienne pour offrir un stage de formation à une cinquantaine de sages-femmes. En effet, en Polynésie-Française, l'intérêt pour la méthode est marqué, autant chez les sages-femmes que chez les couples qui désirent de plus en plus «vivre la naissance de façon harmonieuse et naturelle tout en étant sécuritaire. Ils souhaitent voir intervenir le corps médical uniquement lorsque la sécurité de la mère et de l'enfant est menacée», indique Mme Bonapace par courriel.
Cela tranche nettement avec les méthodes en vigueur dans ce pays, qui s'apparentent à celles qui avaient cours au Québec il y a 20 ans : épisiotomies fréquentes et presque systématiques, corps médical très interventionniste, péridurales fortement encouragées, père toléré en salle d'accouchement à condition qu'il ne dérange pas, etc. Par ailleurs, indique Mme Bonapace, le corps médical polynésien offre encore une certaine résistance à la méthode Bonapace et très peu de médecins ont accepté de recevoir la formation gratuite.
Au Viêtnam, beaucoup de travail reste à faire, affirme-t-elle. Dans ce pays, comme en Inde, où les femmes reçoivent encore des claques sur le ventre pour les inciter à se taire lors de l'accouchement, le besoin de soutien est flagrant. Le rôle du père mériterait d'être valorisé, estime l'Union des femmes au Viêtnam et The Institute for Reproductive and Family Health, une organisation non gouvernementale (ONG) avec laquelle collabore Julie Bonapace. En encourageant la participation et l'implication du père, on espère contribuer à réduire la violence conjugale et familiale, qui est fréquente.
De plus, dans les milieux ruraux, le soulagement de la douleur est presque inexistant, alors qu'en milieu urbain, on administre des sédatifs, qui ont des effets néfastes sur la vitalité du foetus.
Mais, doucement, le vent est en train de tourner. Des groupes de médecins seront formés dans le sud, dans le nord et dans le centre du pays, afin de les sensibiliser aux approches non pharmacologiques et à l'importance de la participation du père. Les sages-femmes recevront aussi une formation pour enseigner le modèle Bonapace aux parents pendant la grossesse. Les Vietnamiens, familiers avec la médecine chinoise, sont en général réceptifs à la méthode, qui utilise les zones réflexes d'acuponcture.
Ainsi, Julie Bonapace espère apporter sa contribution pour rendre l'expérience de la naissance plus humaine et réduire les interventions médicales liées à une mauvaise gestion de la douleur.
Pour plus d'information sur la méthode : www.bonapace.com











