Concilier les différences au quotidien

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Concilier les différences au quotidien

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Outre les problèmes d'ordre financier, impliquer davantage les pères absents et convenir de l'éducation à donner à l'enfant sont les principaux défis qui découlent d'une grossesse surprise.

Photothèque Le Soleil

Stéphanie Martin
Le Soleil

(Québec) Il s'en est fallu de peu pour que le petit Christopher, aujourd'hui âgé de presque quatre ans, ne voie jamais le jour. Malgré les hauts et les bas, sa mère, Geneviève, n'a jamais regretté d'avoir annulé son rendez-vous, à quelques jours de l'avortement.

«C'est la plus belle chose sur la planète» d'avoir un enfant, dit-elle. Mais au quotidien, quand le père brille par son absence, ce n'est pas toujours rose. Le conjoint de Geneviève a longuement hésité avant de plonger dans l'aventure de la parentalité. Il a finalement choisi d'embarquer, mais le travail l'a mené à s'éloigner de sa famille chaque semaine pour ne revenir que les fins de semaine.

Avec la grossesse et la naissance du bébé, le couple, qui se fréquentait depuis six mois seulement au moment où Geneviève est tombée enceinte, a pris toute la mesure des différences qui les opposaient. Lui est plutôt bonasse et casanier, elle est stricte sur la discipline et extravertie. «Dans nos goûts, on est à l'opposé. Et côté éducation [de Christopher], c'est l'enfer», dit Geneviève, sans ambages.

Les tâches qui incombaient uniquement à la maman durant la semaine devenaient accaparantes. «Après ma semaine de travail, j'étais vidée. Je me retrouvais mère monoparentale, tout le contraire de ce que je voulais au début. Il m'est arrivé une fois de mettre Christopher dans les bras de son père aussitôt qu'il est rentré le vendredi et de partir pendant 24 heures sans dire où j'allais.»

Au fil du temps, c'est la relation de couple qui en a souffert. Geneviève et son conjoint ont envisagé la séparation. «On voulait se laisser, mais le petit était au coeur de nous deux et on y tenait», exprime la maman.

Attachement paternel

Sauf que depuis peu, le lien d'attachement entre Christopher et son père s'est affirmé. Et entre les deux parents, avec des efforts marqués de part et d'autre, les nuages de discorde se sont quelque peu dissipés. Le papa a même suggéré que la petite famille planifie un voyage au Mexique, cet été.

«Je ne voulais pas seulement mettre un enfant au monde. Je voulais d'abord et avant tout fonder une famille, avec un père présent.» Pour Geneviève, l'atteinte de cet idéal nécessite un engagement de tous les instants.

Une main tendue

Prendre la décision de garder le bébé, quand la grossesse nous prend par surprise, ce n'est pas toujours facile.

«Majoritairement, pour les mères qui nous appellent, le problème est d'ordre financier. Ou encore c'est parce que le père a laissé tomber la future maman», explique Nicole B. Madore, vice-présidente du centre Naître ou ne pas naître, qui offre un service d'écoute téléphonique. «Nous sommes là pour les encourager à continuer la grossesse, mais sans jugement, en respectant leur décision. Cependant, on leur dit que c'est un deuil de perdre un enfant et on leur fait bien comprendre qu'elles y penseront probablement chaque année.»

L'organisme offre aussi une aide matérielle, notamment par le prêt d'équipements tels des lits de bébé, des chaises hautes, des parcs, etc. Il fournit aussi une layette et des vêtements de zéro à six ans. Souvent, il réfère les parents vers les ressources appropriées, notamment vers les CLSC.

Les principaux défis auxquels feront face les futurs parents sont de s'entendre sur l'éducation de l'enfant et de planifier le budget et l'organisation du temps en conséquence, rappelle Mme Madore. Mais l'effort en vaut le coup, dit-elle. «Ce n'est pas si difficile. Il faut s'attendre à ce qu'il y ait des plaisirs, et des peines, comme dans la vie!»

L'objectif de l'organisme est maintenant d'impliquer davantage les pères. «Nous voulons faire plus pour eux, afin qu'ils s'engagent davantage dans la grossesse et auprès des enfants», indique Mme Madore.

Pour joindre Naître ou ne pas naître, composez le 418 683-8799.

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