Déjà, dans le ventre de maman, bébé entend tout ce qui se passe. Il naît avec une oreille mélodique très développée. «Si on place un bébé de six mois devant une marionnette brillante, entre deux haut-parleurs qui diffusent de la musique, il fixe le jouet tant que la musique est consonante. S'il y a une fausse note, il décroche», rapporte Jonathan Bolduc, qui dirige le laboratoire de recherche Mus-Alpha à l'Université d'Ottawa, où il étudie les liens entre la musique et l'apprentissage.
En menant des expériences avec des enfants d'âge préscolaire, qui ont suivi des formations en musique pendant au moins 10 semaines, il en est venu à plusieurs conclusions : «Ils apprennent à reconnaître et à retenir les sons plus facilement, ce qui les aide ensuite pour apprendre les mots. Ils sont aussi plus aptes à les décomposer en syllabes», a-t-il constaté. Apprendre des chansons, reconnaître ce qui vient avant et après et associer des mots et des sons permettent à l'enfant de développer des compétences qui lui seront utiles à l'école, en s'amusant!
La musique aiderait même en mathématiques. De la suite de notes à la suite de nombres, il n'y a qu'un pas. Les deux matières découlent d'une logique et d'une structure semblables. Pour faire des suites numériques, savoir distinguer ce qui est différent et pareil et savoir reconnaître une séquence répétitive, sont essentiels. Et c'est justement quelque chose qu'on apprend en cours d'éveil musical.
Le plus beau? Ce ne sont pas que les neurones qui travaillent. «On peut apprendre le rythme en marchant ou associer une mélodie à une séquence de mouvements... Lorsqu'on apprend à jouer d'un instrument, c'est le déplacement des mains qui produit les sons», explique M. Bolduc.
Il y a un lien très étroit entre les compétences musicales et la motricité... À preuve, ses élèves universitaires qui éprouvent des problèmes de rythme ont tous de la difficulté à marcher à quatre pattes de façon contrebalancée (la main droite avec le genou gauche).









