L'estime de soi se construit dès la plus tendre enfance, à partir de la relation d'attachement qui s'établit entre le bébé et ses parents. L'attention, les soins et l'amour inconditionnel qu'un parent manifeste à l'égard de son enfant sécurisent ce dernier et lui envoient le message qu'il est quelqu'un d'important, qui a une valeur. En grandissant, cette estime de soi qui se construit peu à peu servira d'écran de protection contre les adversités de la vie. En effet, il a été prouvé que l'estime de soi agit comme un facteur de protection contre les troubles psychologiques et les difficultés d'adaptation par rapport à différents stresseurs.
Différents événements peuvent avoir un effet sur l'estime de soi d'un enfant. Si sa relation d'attachement avec ses parents est positive et qu'il se sent soutenu par eux, cela pourrait diminuer l'importance de cet impact... mais tout de même affaiblir légèrement son estime de soi. Dans le cas de Mathis, c'est une chaîne d'événements qui entraîne son estime de soi sur une pente descendante, malgré tout l'amour qu'il a reçu depuis sa tendre enfance. D'abord, la séparation de ses parents l'a ébranlé sérieusement. Ceux-ci, préoccupés par leurs conflits, sont moins disponibles pour le soutenir dans cette épreuve... en fait, ils se montrent même plus impatients avec lui. Ce stress vécu par Mathis a pu causer ses échecs scolaires, qui eux-mêmes contribuent à diminuer davantage son estime de soi. En ayant perdu un peu de l'attention que ses parents pouvaient lui accorder avant leur séparation, Mathis se tourne vers ses pairs en tentant de se valoriser en les faisant rire, ce qui lui mérite réprimandes et punitions de la part de son professeur et de ses parents... rien pour aider son estime de soi!
Les différents facteurs pouvant induire une telle suite de stresseurs sont nombreux : échecs scolaires, rejet par les pairs, intimidation, perte de l'attention des parents (à cause d'une séparation, de l'arrivée d'un deuxième enfant, d'une dépression...). Les impacts de la perte d'estime de soi sur le fonctionnement et le comportement d'un enfant peuvent être tout aussi nombreux. Mathis est devenu dérangeant en classe... un autre enfant dans la même situation aurait pu devenir agressif, déprimé, anxieux, plus sensible à la critique, la cible d'intimidation, isolé socialement... et plus tard, si rien n'est fait pour l'aider, cette spirale négative pourrait l'entraîner vers des conséquences encore plus graves, telles que la dépression, les idées suicidaires et le décrochage scolaire.
Donc, lorsqu'un enfant commence soudainement à manifester des comportements agressifs ou dérangeants, il faut se méfier. Sous cette façade peut se cacher une grande souffrance liée à une perte d'estime de soi.
Comment peut-on aider un enfant qui est aux prises avec de telles difficultés? Au-delà de l'identification des causes et d'un savant plan d'intervention préparé par un psychologue, il existe des moyens universels que tous les parents peuvent mettre de l'avant pour améliorer l'estime de soi de leur enfant :
- dialoguer régulièrement avec l'enfant, en nommant et en validant ses émotions;
- valoriser l'enfant par des activités positives dans lesquelles il vit des sentiments de plaisir ou de compétence (ex. : se découvrir des talents en sport ou en art);
- jouer avec l'enfant en lui laissant le contrôle du jeu;
- se concentrer sur le fait de renforcer les bons comportements de l'enfant plutôt que sur le fait de punir ses mauvais comportements.
S'il le faut, les parents ne doivent pas hésiter à demander une aide professionnelle... mais il ne faut jamais oublier que le point de départ de l'estime de soi d'un enfant reste ancré dans la relation avec ses parents. Il n'est jamais trop tard pour bien faire et pour renverser un cercle vicieux qui s'est récemment installé.











