L'enfant au coeur de la séparation

Un enfant québécois sur trois connaîtra la séparation de ses parents avant... (Mes parents se séparent...et moi alors?)

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Mes parents se séparent...et moi alors?

Laurie Richard
Le Soleil

(Québec) Un enfant québécois sur trois connaîtra la séparation de ses parents avant d'atteindre l'âge de 10 ans. Un fait banal, aujourd'hui, direz-vous? Pas pour le jeune qui voit sa vie bouleversée et qui a bien peu de pouvoir sur la situation.

Est-il possible, alors, de bien «réussir» une rupture, avec des enfants? La psychologue Nadia Gagnier, mieux connue sous le nom de Dre Nadia, s'est penchée sur la question dans le septième volume de sa série Vive la vie... en famille, intitulé Mes parents se séparent... et moi alors?

Après avoir traité de questions «plus urgentes» - les crises et le sommeil, par exemple -, elle a choisi d'aborder le sujet plus «sérieux» du divorce, après l'avoir bien «mûri». Le danger est de croi­re que la séparation est banale puisqu'il y en a beaucoup, souligne Nadia Gagnier, «mais il s'agit de cas par cas».

Bien sûr, l'idéal pour un enfant est de vivre dans l'harmonie avec papa et maman, note la docteure. En réalité, ce n'est pas tant la séparation qui nuit à l'enfant, mais les conflits, que les parents soient ensemble ou non. «Les plus dommageables sont lorsque les parents se disputent sur la garde ou la façon d'éduquer les enfants : ils se sentent coupables.»

Lorsqu'un couple décide de rompre, il «doit porter une grande attention aux relations individuelles avec l'enfant, afin de ne pas créer de déséquilibre dans la famille». Un parent pourrait en effet se tourner vers la surprotection ou la négligence. Une réaction qui survient lorsqu'il manque soudainement «un membre de l'équipe parent».

Question de maturité

L'enfant au centre d'un divorce peut passer par toute une gamme d'émotions. Il pourrait d'abord entretenir le fantasme d'une réconciliation ou se mettre à dramatiser («je vais perdre un des deux parents»). La peur de l'abandon et le sentiment de culpabilité sont aussi envisageables. «Mais ça, c'est dans les pires cas. Si la séparation se déroule bien, les enfants peuvent être soulagés, dans certains cas», avan­ce Dre Gagnier.

En fait, tout dépend du tempérament de l'enfant. Chez les plus jeunes, une séparation peut amener de l'inquiétude et de la confusion. «Les parents représentent leurs fondations. Une fissure dans la fondation, c'est insécurisant», illustre la psychologue. Les ados comprennent mieux, mais peuvent se mettre en colère ou prendre partie pour l'un ou l'autre des parents.

Si la famille a besoin d'aide, Nadia Gagnier préconise la médiation plutôt que la procédure judiciaire. Car à la cour, «le conflit se nourrit souvent par lui-même. Chaque partie veut gagner. On identifie les faiblesses de l'autre parent».

Le nouveau guide de la psychologue se veut donc un outil de prévention avant tout. «Il y a des parents qui réussissent bien leur divorce, dit-elle. Ça demande de la maturité de penser aux enfants et de gérer un conflit. Environ 40 % des enfants connaîtront une séparation, mais la majorité d'entre eux vont bien s'en sortir.»

NADIA GAGNIER, Ph. D. Mes parents se séparent... et moi alors?, Éditions La Presse, 120 p.

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