Adoption: chercher à comprendre de qui tu viens

L'auteure Renée Hudon sera présente aujourd'hui au Salon... (Le Soleil, Laetitia Deconinck)

Agrandir

L'auteure Renée Hudon sera présente aujourd'hui au Salon international du livre de Québec de 12h à 14h.

Le Soleil, Laetitia Deconinck

Laurie Richard
Le Soleil

(Québec) Renée Hudon a su dès son jeune âge qu'elle avait été adoptée. Mais on lui avait caché que ses parents biologiques étaient toujours en vie. Pour la protéger de la souffrance de l'abandon, sûrement.

C'est adolescente, avec la naissance de son goût pour transgresser les règles imposées - ce qui ne ressemblait pas du tout à Simone, sa mère adoptive -, qu'elle commence à se poser des questions. «Quand on ne tient pas d'une mère et qu'on sait qu'on en a une autre, on se cherche, dit Mme Hudon. Tu cherches à comprendre de qui tu viens.»

Mais ce n'est qu'à 33 ans qu'elle apprend que son parrain est en fait son père et que sa mère biologique est bel et bien vivante. S'ensuivra une quête de 15 ans qui amènera Renée Hudon à rencontrer la pimpante Irène, en 1990.

Il y a exactement 20 ans cette semaine, Renée Hudon vivait une terrible angoisse. Sa mère de sang allait-elle accepter de la rencontrer? «On n'y croit pas. On a été abandonné une fois. On a peur jusqu'à la dernière seconde.» Elle a en effet entendu plusieurs tristes histoires de seconds rejets, un mot qu'elle hésite d'ailleurs à employer.

Heureusement, ce premier rendez-vous n'aurait pas pu mieux se dérouler. L'audacieuse Irène s'est présentée comme une révélation. Mais il n'était pas question qu'elle parle de ces retrouvailles à Simone. «Ç'aurait été perçu comme une trahison.»

De toute façon, Renée Hudon n'aurait pas pu écrire ses «secrets» plus jeune. C'est après avoir mûri son histoire, et poussée par cette notion de partage que lui avait inculqué - un peu durement - Simone, qu'elle s'est lancée.

Bien que son «abandon» ait été «compensé par un amour incroyable», «on a jamais trop de mères», croit Mme Hudon. «Sinon, on s'en crée; en se tournant vers un professeur, une tante.»

Renée Hudon n'a en effet jamais cherché son père. Elle en avait un seul : Félix, celui qui l'a adoptée, dit-elle. «Ce qui me surprend dans ces histoires d'adoption, relève l'auteure, c'est que les hommes aussi cherchent leur mère et non leur père. C'est celle qui les a portés.»

Alors que Simone et Irène ont toutes deux quitté ce monde, Renée Hudon a toujours Antoinette, la domestique qui l'a vue grandir. Une troisième «maman» qui a participé à ce qu'elle est aujourd'hui et qu'elle portera toujours dans son coeur, auprès des autres.

RENÉE HUDON. À qui la petite fille?, Les Éditions de l'Homme, 163 p.

Cyberpresse vous suggère

publicité

publicité

la liste:246:liste;la boite:267:box

Aujourd'hui sur Lapresse.ca

Précédent

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

Les plus populaires sur Auto

CONTRIBUEZ >

Vous avez assisté à un évènement d'intérêt public ?

Envoyez-nous vos textes, photos ou vidéos

image title
Fermer