Eh oui! On pourrait penser que plusieurs jeunes ne souhaitent pas trop voir leurs parents fouler le tapis de la salle de bal en cette soirée si spéciale. Parce que pour les finissants, c'est LEUR party. Mais pour Mariève et plusieurs autres élèves de cinquième secondaire de L'Académie Saint-Louis, le bal, ça se vit en famille.«Je trouve ça important qu'ils viennent», explique la finissante de ce collège privé de Lebourgneuf. «Ils ont fait partie de notre cheminement», poursuit la jeune fille pour qui inviter ses parents est une forme de reconnaissance pour le soutien obtenu tout au long des cinq dernières années d'études.
Ses parents seront présents au cocktail, au souper, et pendant toute la soirée. Même l'ouverture de la danse sera multigénérationnelle, puisque la tradition veut que les fils invitent leur mère à la valse. Et les filles, leur père.
Mais la présence de parents ne changera rien à l'intensité de la fête et au partage entre camarades, assure Mariève. «On est assis avec nos amis et les parents, avec les parents. Ils se feront des amis parmi les autres parents!» lance-t-elle en riant.
Au bout du fil, la mère de Mariève, Marie-Hélène, se réjouit à l'idée d'assister au bal de sa fille unique. L'invitation fait même un petit velours, dit-elle. «Pour nous, ça allait de soi qu'on voulait y aller, mais on a quand même attendu l'invitation, relate-t-elle. Mais pour nous, ça fait partie du processus.»
Un parent qui accompagne son enfant tant sur le plan personnel qu'académique pendant tout le secondaire se retrouve un peu, lui aussi, comme un finissant, estime Marie-Hélène. «Chaque année, on a changé de chapitre. Mais là, après cinq ans, on change de livre», illustre-t-elle joliment.
Façon de souligner l'accomplissement. Et la fin de l'enfance aussi, avance-t-elle. «Il y a une belle maturité dans le fait qu'un jeune décide d'inviter ses parents. C'est comme si ma fille nous disait qu'elle a le goût qu'on soit là, qu'on gradue nous aussi. Ça doit être parce qu'on a fait une pas pire job!»
La tradition continue
Autre bal, même façon de faire du côté du Petit Séminaire de Québec. L'institution à la tradition centenaire au coeur du Vieux-Québec ne ménage rien pour faire la part belle aux parents. Si presque tous assisteront au cocktail de début de soirée, environ «80 à 85 %» des parents seront présents à la soirée, incluant le souper et la danse, selon Esther Lebrun, éducatrice responsable des activités de cinquième secondaire au Petit Séminaire. «C'est une manière pour nous de les inviter à partager. Ils sont fiers de leurs enfants et c'est beau de voir leurs réjouissances.»
Là encore, la tradition sera à l'honneur avec une valse père-fille et mère-fils pour cette soirée qui se déroulera aussi au Château Frontenac. «On ouvre la danse avec une partie plus classique. Mais après, la soirée est à leur image», dit Mme Lebrun. Les élèves en charge de la musique dressent entre autres le palmarès des chansons qui étaient les plus populaires à chaque année de leur secondaire. «Les parents qui les ont suivis connaissent aussi les chansons. Il y a une belle complicité», dit-elle.
Aussi à la «polyvalente»
Inviter les parents au bal n'est pas que l'affaire des établissements privés comme L'Académie Saint-Louis et le Petit Séminaire.
À l'école secondaire Roger-Comtois, cette tradition est aussi bien ancrée. «Ça fait 22 ans que je suis ici et les parents ont toujours été invités», souligne Dany Roux, directeur de l'établissement de Loretteville qui compte plus de 400 finissants. Sans s'avancer sur le taux de participation des parents, il note toutefois que ceux qui décident d'y passer la soirée ne sont «pas la majorité». «Plusieurs viennent au cocktail seulement, d'autres restent au souper et partent graduellement dans la soirée», explique M. Roux.
La popularité de l'option «cocktail seulement» est confirmée par Marie-Ève Laverdure et Andréane Lanthier-Nadeau, deux membres du comité du bal des finissants à Roger-Comtois. «On privilégie le cocktail. Il faut dire qu'on est un grand nombre et la salle est déjà pleine!» lance Marie-Ève.
Mais que les parents y soient pour un drink de début de soirée seulement ou pour tout le party, les inviter à cette soirée est, pour Marie-Ève et Andréane, une façon de les remercier. Pour le soutien. Et pour les dépenses parfois, disons, considérables, également. «Ils ont mis de l'argent dans le bal, le maquillage, la coiffure», énumère Marie-Ève.
Et que les parents soient présents ou non au cocktail, au souper ou au moment de la valse, une certitude demeure : à l'après-bal, c'est parents interdits!











