«À la maison, on parle de soccer sept jours sur sept», lance Josée Paquet, bien assise dans sa chaise pliante sur le côté d'un terrain de Saint-Augustin en ce lundi soir. Sur le terrain, sa fille Dominique, «bientôt 12 ans», porte les couleurs de l'équipe visiteuse, les Diables rouges de La Haute-Saint-Charles. Aussi sur le terrain, son conjoint, Donald Bédard, coentraîneur de cette équipe féminine U-12.
Chez les spectateurs, son autre fille, Audrey, neuf ans, joueuse des Diables rouges U-9. Pas de match pour elle ce soir-là. Mais le lendemain, elle s'entraîne. Après-demain, sa soeur joue, et ainsi de suite. Été comme hiver.
«On est occupés six soirs par semaine avec le soccer», explique la mère de famille de Saint-Émile. En plus des entraînements et des matchs de ses filles, son chum joue à son tour le dimanche, et Josée assure aussi la fonction de gérante de l'équipe U-12. Cette mère à la maison mobilise les troupes, réserve des restaurants ou des autobus pour les matchs à l'extérieur, amasse des fonds, alouette! Il lui arrive aussi d'être entraîneuse adjointe pour l'équipe de sa plus jeune.
«Des fois, des gens me demandent : "Pourquoi tu joues pas, toi aussi?" Je leur réponds : "Quand? La nuit?"» lance la femme à l'énergie contagieuse.
Trop de ballon rond dans la maisonnée? Non, répond Josée. Le soccer, la famille en mange, autant sur le terrain que dans les gradins. Il y a les matchs de la Coupe du monde, que la famille a écoutés intensivement depuis un mois. Mais aussi les amateurs, dont une partie est toujours en cours quelque part. «Un samedi soir récemment, il n'y avait pas d'entraînement ni de match. On tournait en rond dans la maison. On a fini par aller regarder une partie de soccer récréatif au parc!» rigole Josée.
Regarder les autres est une chose. Quand ses filles sont sur le terrain, c'en est une autre. Ce soir-là, ça va mal pour les Diables rouges, qui essuient une cuisante défaite. Josée est déçue, mais elle sait surtout que sa fille aura la mine basse. «Il faut les consoler, il faut dealer avec l'enfant. Ça fait de belles discussions», dit-elle. Oui, tout le monde souhaite la victoire. Mais il ne faut pas aller trop loin, nuance Josée. «Il y a des parents qui veulent plus que leur enfant», estime Josée, qui mise avant tout sur le plaisir du jeu. «Si mes filles arrêtaient, je serais déçue», confie celle pour qui le soccer est aussi une belle occasion de fraterniser avec d'autres parents.
Présence croissante
L'horaire familial de Josée Paquet est typique de celui d'une soccer mom passionnée. Mais elle n'est pas la seule à l'heure où l'implication des femmes est proportionnelle à la place croissante des filles sur le terrain, estime Maxime Barabé, directeur général de l'Association régionale de soccer de Québec. «Présentement, 40 % des jeunes inscrits sont des filles. Le soccer est moins une chasse gardée masculine comme peut l'être le hockey ou le football», souligne-t-il.
Il note aussi une présence accrue des femmes coachs, surtout pour des catégories plus jeunes. Et pour les spectateurs, le ballon rond a aussi tout pour plaire, avance M. Barabé. «Il n'y a pas beaucoup de sports organisés où on peut arriver avec sa chaise pliante, illustre-t-il. Il n'y a pas la même ambiance dans un aréna ou un gymnase.»












