«En Amérique du Nord, le terme soccer mom désigne toute femme blanche mariée de classe moyenne vivant dans une banlieue et qui passe une partie significative de son temps à transporter ses enfants d'âge scolaire à différentes activités sportives.» Voilà comment l'encyclopédie en ligne Wikipédia définit l'expression soccer mom.
Une fiche touffue, qui n'échappe pas aux clichés (la soccer mom conduit invariablement une fourgonnette), et qui multiplie les explications sur l'origine du terme et ses références dans la culture populaire... et politique.
En effet, si les premières références aux soccer moms remontent aux années 80, l'expression a été consacrée en 1995 alors qu'une candidate à une élection municipale de Denver, Susan B. Casey, a utilisé le slogan «A soccer mom for city council» (Une soccer mom au conseil municipal). Casey a, dit-on, utilisé ce slogan pour dire aux mères de famille qu'elle était comme elles et montrer qu'une femme politique pouvait être ambitieuse tout en restant dévouée à sa famille.
Un tel usage politique du terme soccer mom peut paraître bien loin du terrain où on court après un ballon rond. Pourtant, ce que cette tranche d'électrices représente semble payant politiquement. Cette année-là, Susan B. Casey a remporté son élection avec 51 % du vote. L'année suivante, en 1996, le terme soccer mom s'est répandu aussi vite qu'une montée au filet de Lionel Messi. De grands journaux comme le Washington Post en ont fait pour la première fois allusion comme une base électorale importante.
Les soccer moms sont alors tellement partout que l'American Dialect Society, un organisme qui s'intéresse aux tendances linguistiques aux États-Unis a couronné le mot soccer mom de «mot de l'année» en 1996. Pour vous donner une idée de l'omniprésence du terme, l'organisation a choisi le mot tweet en 2009, en référence aux courts messages écrits sur le populaire réseau en ligne Twitter.
Hockey mom
Climat oblige, le terme soccer mom a aussi un dérivé nordique dans l'expression hockey mom. Et là, l'exemple politique tout indiqué est sans aucun doute celui de Sarah Palin qui en a fait grand usage lors de sa campagne à la vice-présidence américaine pour le Parti républicain.
«Quelle est la différence entre un pitbull et une hockey mom?» avait-elle demandé lors de son célèbre discours à la convention républicaine en 2008. «Le rouge à lèvres!» Une formule pour le moins radicale par laquelle la controversée ex-gouverneure de l'Alaska évoquait à la fois la détermination, parfois enragée, des mères dans les estrades et les valeurs familiales.
Le Québec aussi a ses exemples. À sa nomination comme ministre de la Justice, la libérale Kathleen Weil avait aussi admis être une hockey mom, puisqu'elle suivait de près les activités sur la glace de sa fille de 13 ans. Au journal The Gazette en février 2009, elle avait toutefois rejeté toute comparaison avec Sarah Palin...












