Millefeuille hivernal

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Cette photo, prise sur le bord du fleuve... (Jean-Guy Labbé)

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Cette photo, prise sur le bord du fleuve à Beaumont, à marée basse, montre des boules de glace d'un diamètre de 10 à 30  centimètres. Selon M. Bégin, la glace peut atteindre une telle épaisseur en une nuit, dans des conditions idéales.

Jean-Guy Labbé

Jean-François Cliche
Le Soleil

(Québec) Lors d'une promenade sur le bord du fleuve «à marée basse à Beaumont, j'ai été très étonné de voir les rangées de boules de glace dans ces blocs pouvant atteindre jusqu'à près de trois mètres de hauteur. Je me demande comment la nature peut les fabriquer et les empiler de la sorte», nous écrit Jean-Guy Labbé.

Selon le chercheur Yves Bégin, directeur de l'Institut national de la recherche scientifique - Eau, Terre, Environnement (INRS-ETE), ces étonnantes formations sont les restants de couches de glace plus ou moins épaisses qui se sont formées ailleurs avant de se briser.

«Durant un épisode de froid intense et surtout en l'absence de vent, nous a écrit M. Bégin lors d'un échange de courriels, un couvert de glace se forme en eaux calmes (entre deux marées). C'est souvent le cas la nuit, alors que la température diminue. Quelques heures passent et la marée a tôt fait de soulever cette glace flottante et de la faire dériver.»

C'est l'épaisseur de cette cou­che de glace qui déterminera la taille des «galets». Cela peut sembler un peu surprenant, a priori, puisque la photo prise par M. Labbé montre des boules de glace d'un diamètre de 10 à 30 centimètres, mais la glace peut atteindre une telle épaisseur en une nuit, dans des conditions idéales, assure M. Bégin.

Exposée aux intempéries, la plaque nouvellement détachée se brise en «radeaux» de plus en plus petits. «La fragmentation ultime de cette glace individualise les fragments les plus cohérents de glace dure qui se frottent les uns aux autres avec le brassage des vagues pour donner des galets arrondis qui s'accumulent à la limite de la marée haute», poursuit M. Bégin.

Voilà pour les «boules» elles-mêmes.

Leur agrégation en couches successives, que montre d'ailleurs très bien la photo de M. Labbé, vient quant à elle du fait que ces galets peuvent recommencer à se souder les uns aux autres à cause du froid. «En eau calme, ajoute notre chercheur, une couche de glace peut se former à leur surface, contribuant à les souder davantage. Cet amas de glace peut alors être déplacé et une nouvelle couche de galets peut la recouvrir avec comme résultat un empilement de glace de texture variée à la manière d'un millefeuille. L'ensemble peut à nouveau se démanteler en étant pris en charge par des grandes marées et les radeaux qui en résultent laissent voir en coupe l'empilement des couches de galets de glace entrecoupés de lames de glace cohésive.»

Notons, précise M. Bégin, que ces galets ne proviennent pas nécessairement tous du fleuve, mais que certains se forment dans ses affluents - origine que l'on peut déterminer par la salinité plus ou moins grande des galets.

Lumière incandescente

Puisqu'il nous reste encore un peu d'espace... Philippe Allard nous écrit qu'«il y a plusieurs années, on m'expliquait que le filament d'une ampoule à incandescence chauffait 60 fois par seconde, et que la lumière émise oscillait légèrement à la même fréquence. On m'expliquait aussi que les tubes à gaz (comme les ampoules fluocompactes), elles, s'allument et s'éteignent complètement 60 fois par seconde, puisque le gaz n'émet aucune lumière sans courant. L'oeil ne le perçoit pas, mais il paraît qu'il se fatigue quand même plus vite à cause de cette variance plus élevée, et que c'est la même chose pour le cerveau. Si bien que ce qu'on économise en énergie serait dépensé chez l'optométriste. Vrai ou faux?»

Il y a déjà eu des lampes fluorescentes qui montraient un scintillement suffisamment lent pour que certaines personnes le perçoivent, ce qui, avec le bourdonnement que ces vieux modèles émettaient, pouvait causer des migraines, mais ces problèmes ont été largement réglés depuis.

Selon une copublication du site GreenFacts.org et de la santé publique européenne, une lumière qui scintille moins de 50 fois par seconde (on dit «50 hertz») peut causer des migraines, mais les ampoules fluocompactes scintillent généralement à une fréquence de 100 à 120 Hz.

Pour sa part, Santé Canada n'en fait pas état dans ses documents sur les «risques» (le mot est fort) associés aux fluoco­mpactes - soit principalement le mercure qu'elles contiennent (en infime quantité) et leur (très faible) rayonnement ultraviolet.

SOURCES

- GREENFACTS. Lampes basse consommation, GreenFacts/DG de la Santé et des Consommateurs (UE), 2009.

copublications.greenfacts.org/fr/lampes-basse-consommation/l-3/3-cfl-characteristics.htm#0p0

- SANTÉ CANADA. «Utilisation sécuritaire des ampoules fluocompactes», Votre santé et vous, juin 2009.

www.hc-sc.gc.ca/hl-vs/iyh-vsv/prod/cfl-afc-fra.php

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