Le marché immobilier carbure toujours à fort régime

Gilles Angers
Le Soleil

(Québec) Le marché immobilier continue de carburer à fort régime. Les prix montent, mais les taux d'intérêt très bas en atténuent l'effet.

En février, sur la base de la tendance haussière des permis de bâtir accordés et de la formation prévue d'au moins 45 000 ménages au Québec en 2010, le Mouvement Desjardins annonce un frémissement significatif de son Indice de l'habitation. Il monte de 1,7 %.

De son côté, la Chambre immobilière de Québec (CIQ) en remet. Dans les agglomérations urbaines de Québec et de Lévis, elle recense, en février, 748 transactions effectuées par l'entremise des agents et des courtiers immobiliers. Soit 11 % de plus que durant le même mois de 2009.

Le chiffre d'affaires de ses membres, lui, grimpe de 26 %, à près de 170 millions $. Cependant que le prix médian des maisons unifamiliales et des logements en copropriété augmente de 14 %, dans les deux cas. Il s'établit à 210 000 $ pour les unes, à 176 000 $ pour les autres.

Quant à celui des maisons de deux à cinq logements (ou plex), il atteint 247 000 $. Pour une majoration de 26 % en comparaison de l'an passé. Par ailleurs, la CIQ précise que 67 plex ont été vendus, en février, par opposition à 58 en 2009.

Enfin, la Société d'hypothè­ques et?de?logement?(SCHL)?rend compte, de son côté, de 43 403 mi­ses en chantier au Québec l'année dernière et de 79 290 transactions sur le marché de la revente. Elle croit toutefois qu'on fera mieux encore en 2010. Avec des hausses de 1 % et de 2,5 %.

En 2000, rappelle-t-on, on dénombrait au Québec 53 755 transactions et 24 695 mises en chantier. En 1995, les décomptes étaient respectivement de 29 776 et de 21 885. On n'en est plus là.

Reprise

L'économie a amorcé sa reprise, trouve la SCHL. Les ménages dépensent davantage, les investissements privés croissent, alors que «les exportations ont réagi favorablement à la hausse de la demande mondiale». Mieux encore, elle pense que l'économie du Québec s'appréciera de 2,1 % cette année, de 3 % l'an prochain.

D'un autre côté, selon elle, la hausse du solde migratoire devrait avoir une incidence sur les marchés de la revente et des logements locatifs. Alors que le vieillissement de la population et la récente escalade de la natalité devraient faire frémir le marché. Les ménages, en effet, devraient revoir leurs nécessités en logement.

Néanmoins, la construction de logements collectifs (appartements, maisons jumelées et en rangée) ralentira en raison, entre autres, de la décrue des 75 ans et plus. Ils atténueront la demande de résidences pour personnes âgées. Leur moindre nombre s'explique par le fait qu'ils sont nés au lendemain de la crise économique de 1929, alors que la misère avait

refroidi la fécondité.

Taux d'intérêt

D'après la SCHL, les taux d'intérêt hypothécaires pourraient remonter peu à peu en 2010. «Le taux affiché de un an oscillera entre 3,7 % et 4,3 % et ceux des prêts de trois à cinq ans, entre 4,4 % et 6 %», pense-t-elle.

Si l'économie se ragaillardit plus rapidement que prévu, les taux pourraient augmenter plus vite également. Dans le cas contraire, leur progression sera plus lente.

Mais si la cadence actuelle se maintient, ils devraient varier, en 2011, de 4,7 % à 5,4 % et de 5,1 % à 6,7 %.

Enfin, le taux directeur, qui soutient le loyer de l'argent, reste, quant à lui, à 0,25 %.

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