«C'est vrai que ce secteur est exceptionnel. C'en est un de villégiature. Quantité de personnalités politiques canadiennes y ont eu un chalet estival à la fin du XIXe et au début du XXe siècle», explique Denis Boucher, gestionnaire aux programmes culturels et patrimoniaux à la Ville de Rivière-du-Loup. «Outre l'architecture, l'histoire même des lieux est aussi impressionnante.»La firme Bergeron Gagnon inc., de Québec, conseillers en patrimoine culturel et en muséologie, y a effectué une étude de caractérisation du patrimoine en 2001. En tout, une quarantaine de bâtiments sont classés bien patrimonial. La plupart ont appartenu à de riches anglophones qui venaient y passer l'été et fuir la pollution des villes. «Encore aujourd'hui, certaines appartiennent encore aux descendants de ces gens. Les propriétaires sont en majorité anglophones. C'est une autre particularité de ce secteur», poursuit le jeune homme.
Premiers ministres canadiens
Des personnalités comme les premiers ministres canadiens John A. McDonald, qui y a habité une magnifique résidence de 1873 à 1890, ou Louis S. Saint-Laurent, qui s'est porté acquéreur d'une toute aussi imposante demeure de brique en 1950, y ont séjourné. À une époque où les ordinateurs, Internet ou les téléphones cellulaires n'existaient pas, tout le cabinet devait se rapprocher du chef. Les ministres louaient donc des maisons à proximité.
La résidence de John A. McDonald est maintenant un gîte touristique. Selon l'étude de caractérisation du patrimoine de la firme Bergeron Gagnon inc., l'état d'authenticité du bâtiment est excellent, de même que son degré d'intégration. Sa valeur patrimoniale est jugée exceptionnelle. L'édifice, où s'est déroulée une réunion officielle du cabinet fédéral en août 1885, a conservé la totalité de ses composants et matériaux anciens. Quant à celle de Louis S. Saint-Laurent, construite en 1865, sa famille a continué de l'habiter jusqu'en 1971. Elle se démarque par son toit en mansarde ainsi que les motifs autour des ouvertures. Ses actuels propriétaires l'ont rénovée en respectant l'esprit d'époque, de manière à ce qu'elle conserve son charme d'antan.
Si vous passez dans le secteur, soyez attentifs. Même si plusieurs de ces résidences patrimoniales longent la route 132 et sont immenses, elles sont souvent très difficiles à apercevoir de la route, puisqu'elles sont camouflées par d'immenses arbres et une végétation abondante.
«C'est voulu. Dans le courant dit "pittoresque" du temps, les maisons devaient se confondre dans la nature, comme si elles y avaient été déposées, raconte M. Boucher. Certains responsables de l'élaboration de schémas d'aménagement modernes devraient s'en inspirer!»










