Le chanvre, le lin et le rami ont longtemps été perçus comme des matières rudes et «grano», boudés par les designers et les maisons de textile. Cela n'est plus vrai. En 2009, ils font partie des tissus à la mode, tout comme le bambou et le «tencel», lequel est fabriqué à partir d'écorce d'arbre.
«Les textiles écologiques proviennent de plantes qui se renouvellent rapidement et dont la culture nécessite peu d'eau et de pesticides. Même s'ils sont transformés chimiquement, ils sont plus écologiques que les tissus synthétiques ou que le coton. Ce sont aussi des fibres qui se teignent facilement», dit André Télio, importateur de textile. L'entreprise familiale qu'il dirige, Télio, est un chef de file dans le commerce du textile depuis 55 ans au Québec. Chaque année, Télio achète plus de huit millions de mètres de tissus.
Dans ses achats, on retrouve également de plus en plus de textiles organiques, c'est-à -dire qui sont produits sans aucun pesticide. «La demande en hausse pour le coton biologique a fait baisser son prix depuis quelques mois, qui est plus raisonnable pour le consommateur. Nous avons aussi du lin certifié biologique qui est nouveau sur le marché», poursuit-il, ajoutant toutefois que le bio est encore un petit marché, même si les grands noms de l'industrie tels que Gap, Levi's, Mavi et Zara proposent des articles faits de coton biologique.
«Il est toutefois encore difficile de trouver des textiles à 100 % organiques. Les normes d'étiquetage sont peu sévères au Canada et il n'est pas rare de voir des cotons biologiques qui ont été teints avec des colorants chimiques ou assouplis avec un mélange synthétique», nuance l'expert.
Également classées dans les textiles «verts», les fibres recyclées s'affichent elles aussi dans les grands magasins, comme chez H&M qui propose des vêtements faits de laine et de polyester recyclés. «Le recyclage est un tout nouveau concept dans l'industrie de la mode. Avant, on parlait de recyclage de restants de tissus ou de vieux vêtements pour leur donner une nouvelle vie. Alors que l'on recycle aujourd'hui la fibre avant même qu'elle soit tissée. À l'oeil, il est pratiquement impossible de voir que la fibre a été recyclée», lance M. Télio.
Textile techno
À l'opposé des éco-textiles, les tissus dits techniques ont également leur place dans le domaine de la mode. Fabriquées en laboratoire plutôt que dans une plantation, les microfibres techniques permettent la mise en marché de vêtements de plein air et de sports affichant les dernières tendances tout en étant plus légers, plus minces et plus performants que jamais. Leurs qualités se trouvent à même leur tissage, maintenant possible en 3D, dans lequel on introduit différentes caractéristiques, que ce soit des capteurs de température, des agents hydratants et raffermissants ou encore des technologies de divertissement comme un lecteur mp3 à même le vêtement. Les possibilités sont l'infinies!
En fait, depuis la création du Gore-Tex, les textiles réagissant à la chaleur du corps et à l'environnement sont prisés non seulement des sportifs, mais sont aussi conçus à des fins spécifiques. Au Québec, le Centre des technologies textiles (CTT) est rapidement devenu un leader mondial dans son domaine, développant des textiles utilisés pour la protection des pompiers, des militaires ou des chirurgiens, par exemple. Selon le président du Groupe CTT, Jacek Mlynarek, l'avenir de l'industrie du textile au Québec passe nécessairement par la technologie. «Certaines entreprises qui oeuvraient dans le textile traditionnel se sont tournées vers des produits à valeur ajoutée, ce qui a permis leur survie et leur viabilité. Le mot clé est l'innovation.»
















