Une consécration interna-tionale après 10 ans de travail pour la chapelière. Elle recevra son prix à Lyon, en France, pour son chapeau En tête de ligne le jour de son anniversaire de naissance, le 30 mai.
«C'est un beau cadeau de fête. Pour la première fois, je n'ai pas procédé d'un seul jet pour cette création. J'ai fait quatre chapeaux avant d'en arriver à ma création principale. Comme si une partie de moi était allée à la source de l'émotion pour aller puiser la pureté. Quand je pensais à mon chapeau, les larmes me venaient jusqu'aux joues, pas encore aux yeux. J'ai eu la même émotion quand j'ai été sélectionnée en 2007 au Philadelphia Museum on Art Craft Show. Et quand j'ai vu la date du 30 mai,
je sentais que c'était mon concours», raconte-t-elle. La chapelière fait partie des 10 lauréates de 21 pays représentés.
Cap vers l'Europe
Le rêve du marché européen, creuset de la mode internationale, s'ouvre pour la chapelière, déjà présente aux salons des métiers d'art de Toronto, Vancouver et Victoria. «Ce serait un accomplissement de vivre de mon art. Je suis arrivée à une belle reconnaissance mais pas à une rentabilité. Peut-être que le concours international de Chazelles-sur-Lyon va m'aider dans ce sens. Je rêve depuis 10 ans de vendre en Europe. Je vais aussi aller voir ce qui se passe là-bas, la formation qui est offerte. Je vais voir en revenant où sont mes intérêts...»
Dans le monde artistique de Manon Lortie, ses chapeaux sont des oeuvres assimilables à la sculpture plutôt qu'au dessin. «C'est une technique à coups de ciseau que j'ai inventée. Coïncidence : mon prix est un ciseau spécialement conçu pour couper le feutre et que je ne possède pas.»
Manon Lortie travaille présentement sur un produit de gamme populaire appelé Chacun chapeau Chapka, pour lequel elle a fait une demande de bourse de recherche et de création.
«Je veux créer, en utilisant du feutre traditionnel au lieu du feutre d'origine industrielle, un chapeau autant pour les hommes, les femmes et les enfants avec une mentonnière, une visière et des cache-oreilles amovibles pour aller faire de la raquette ou de la marche. Ce sera pour un marché plus large, pour arriver à vivre de mes chapeaux. Avec des chapeaux à 300 $, 500 $ ou 800 $, on n'en vit pas financièrement, on se fait connaître. Mais je n'abandonnerai pas le haut de gamme destiné aux galeries et aux salons spécialisés. Les deux vont fusionner vers une oeuvre d'art. L'aspect oeuvre d'art va demeurer.»
Montréalaise d'origine, Manon Lortie s'est enracinée depuis 30 ans à Sainte-Luce et a de la génétique artistique, puisqu'elle est la cousine du grand pianiste québécois Louis Lortie. «Je ne serais pas l'artiste que je suis si je n'étais pas venue à Sainte-Luce pour mon équilibre. L'horizon du fleuve est tellement vaste et enveloppant...»










