Vous ne pouvez imaginer combien de dizaines de courriels j'ai reçu de gens me disant qu'ils étaient branchés sur le site de nidification des pygargues à tête blanche de Sydney dans l'île de Vancouver et qu'ils ne pouvaient plus s'en éloigner.
Il faut dire que l'intérêt a monté d'un cran la semaine dernière avec la naissance de deux rejetons. Imaginez, la première fois, ils n'étaient qu'une cinquantaine à la fois. Maintenant, quand j'y retourne, ça oscille toujours entre 1500 et 2000. Il y a tellement de viewers, comme c'est écrit au bas de l'écran, que le signal est beaucoup moins stable qu'avant. Il arrive que le son disparaisse et que l'image fige. Mais tout ça ne semble pas décourager les mordus, ils sont toujours aussi nombreux.
Éclosion d'oeufs
L'éclosion du premier oeuf s'est fait le 8. Moi, j'ai vu un oisillon quand je me suis branché au site, mais je n'ai pas vu l'oeuf éclore. Renée Patenaude, une lectrice de Québec, a assisté à cette éclosion. La chanceuse!
Le deuxième bébé pygargue a vu le jour deux jours plus tard, le 11. Enfin, ce n'est que mardi matin que le troisième bébé est sorti de sa coquille. C'est une situation tout à fait normale, puisque la maman pygargue ne pond pas tous ses oeufs le même jour. Ils sont pondus à des intervalles de deux à quatre jours.
Dès que le premier bébé est sorti de sa coquille, les parents ont commencé à le nourrir avec ce que je crois être un poisson.
La proie a été déposée sur le bord du nid et le père et la mère en déchiraient des petits morceaux pour donner aux bébés. Quand les morceaux déchirés sont trop gros, l'adulte qui nourrit les garde pour lui.
Dimanche, jour de Pâques, je ne sais pas si l'un des parents a voulu célébrer la fête par un lunch particulier, mais au lieu d'arriver avec un poisson, il est arrivé avec un gros goéland bien dodu. Il a déposé la proie près de celui qui couvait et ce dernier a commencé à en arracher des morceaux avec son puissant bec pour les donner aux petits.
Même si les petits sont nés, la mère continue de les couver quand même. Quand elle s'installait sur ses oeufs, elle déposait doucement tout son corps pour bien les couvrir. Maintenant que les bébés sont là, elle ne peut faire ça, sinon ils seraient écrasés sous son poids.
Le parent qui couve creuse un trou dans la paille avec son bec pour que les petits s'y installent et ensuite, il pose délicatement sa poitrine sur eux. Comme ça, ils sont au chaud sans se faire écraser. La becquée aux oisillons peut durer de six à sept semaines. Après, les petits peuvent déchirer la proie que leur apportent les parents eux-mêmes. Ils demeureront dans le nid jusqu'à 80 jours et, alors, ils seront prêts à s'envoler.
Quand les bébés naissent, ils sont drôles à observer. On voit deux grands yeux noirs montés sur une boule de duvet gris pâle. Quand ils commenceront à vieillir un peu, leurs plumes seront brun foncé et seront moustachées de blanc. Ce n'est qu'à l'âge de cinq ans qu'ils auront leur plumage d'adulte avec la tête et la queue blanches.
Des nouvelles
Aujourd'hui, j'ai une bonne et une mauvaise nouvelle. Je commence par la mauvaise pour ainsi terminer ma chronique de façon positive.
Avec avril, chaque année au cours des huit dernières, le printemps et surtout la télévision d'État nous ramenaient 1-888-OISEAUX. Cette année, c'est le black-out, pas d'émission.
J'ai donc donné récemment un coup de fil à André Boulianne, son producteur, et ce dernier m'affirme qu'il n'a pas été victime des compressions à Radio-Canada. C'est plutôt lui qui a décidé de mettre fin à l'aventure, et ce, même si la saison 2008 avait été la plus écoutée avec sa moyenne de 150 000 spectateurs, dans un créneau horaire généralement négligé.
André Boulianne, après toutes ces années, était un peu essoufflé. Quand on fait ce genre de production, avec une équipe réduite, il faut toujours prendre les bouchées doubles. Il lui était devenu de plus en plus difficile de remplir ses banques d'images d'oiseaux. L'oiseau rare, après huit ans, était de plus en plus difficile à trouver. L'équipe d'animateurs était prête à continuer, mais pour le producteur, le coeur y était moins.
Ce qui pourrait peut-être l'intéresser, maintenant, c'est de commencer une nouvelle série, mais cette fois, sur nos oiseaux d'hiver. La proposition a été faite au diffuseur et André Boulianne est en attente d'une réponse. La balle est dans le camp de Radio-Canada.
Au tour de la bonne nouvelle maintenant. La dernière saison de 1-888-OISEAUX est maintenant offerte sur DVD.
Cet enregistrement regroupe les 10 dernières émissions et le tout est livré dans un coffret qu'on a débarrassé complètement du plastique et qui est fait à 100 % de papier recyclé.
On peut se le procurer pour 33,80 $ à la boutique de Radio-Canada, au Jardin botanique, au Regroupement Québec-Oiseaux et dans plusieurs magasins. Les saisons précédentes sont aussi en vente.











