Les tribulations de trois aiglons gloutons

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Les tribulations de trois aiglons gloutons

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La couvée d'un couple de pygargues à tête blanche à Sidney, en Colombie-Britannique.

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) L'intérêt ne se dément pas et je dirais même qu'il est monté d'un cran depuis que les trois oeufs ont éclos dans le nid des pygargues à tête blanche à Sidney, à la pointe sud de l'île de Vancouver en Colombie-Britannique.

Ce qui est fascinant maintenant, c'est d'observer les parents qui nourrissent les oisillons et la façon dont ils se comportent.

Les trois bébés ont quelques jours de différence et ça paraît énormément quand on les voit bouger dans le nid. Celui qui est né le 8 avril est déjà plus costaud que celui qui a vu le jour le 10 et carrément plus imposant que le petit dernier, né le 14. D'ailleurs, on le voit souvent bousculer les deux autres rejetons pour recevoir la becquée avant eux et je l'ai même vu à un certain moment arracher la nourriture de son plus jeune frère ou soeur. Mais c'est ça, la loi de la nature, c'est la loi du plus fort.

Ce comportement dominateur m'inquiétait un peu. En le regardant aller, je m'interrogeais sur les chances de survie du plus petit. Mais dimanche, en regardant un des parents les nourrir, j'ai été rassuré. Il s'assurait de bien déposer dans le bec de chacun sa pitance.

Et si on observe bien, on constate que les deux plus jeunes prennent de la vigueur de jour en jour.

Un fait amusant

Au cours de la fin de semaine dernière, vendredi, je pense, un des deux pygargues a passé un long moment à refaire la décoration du nid. Le jour de Pâques, un des parents a déposé un gros goéland dodu dans le nid. Les parents en ont mangé une bonne partie et le reste a servi à nourrir les petits.

Quand la carcasse a été passablement nettoyée, il restait les plumes que la mère, je pense, a étendues tout au fond du nid pour le rendre plus confortable et plus chaud pour ses rejetons. Elle a mis de longues minutes à faire le travail qui s'est avéré en partie inutile puisque le lendemain matin, après une nuit venteuse, le nid était dépouillé de son duvet.

Les plumes ont également servi à quelques mésanges qui venaient en voler sur le bord du nid. Elles s'en servaient sans doute pour construire leur propre nid.

Je vous rappelle l'adresse de ce site pour ceux qui l'ont perdu ou qui l'ont raté : www.hancock wildlife.org. Cette adresse vous donne accès à trois nids de pygargues. Il y a nécessairement celui de Sidney dont je vous parle plus haut, avec ses trois bébés, mais les deux autres sont aussi intéressants. Dans celui de Delta, il y a deux oeufs et dans celui de Hornby Island, il y en a un.

Il y a aussi ailleurs sur la planète d'autres sites d'observation par caméra. Jocelyne Morin, de Saint-Pamphile, m'en indique deux et je m'empresse de vous les donner.

Le premier est situé à Sutton en Oklahoma. Il ne contient qu'un oisillon, mais vous verrez, il est nettement costaud. Il est né le 25 mars. L'adresse : http:// www.suttoncenter.org/eagle cam.html.

L'autre site Internet fourni par Mme Morin est situé en Virginie. Il compte trois gros bébés qui, selon elle, seront bagués incessamment.

Je vous donne également son adresse, mais moi, je n'ai pu y accéder, n'ayant pas sur mon Mac les outils nécessaires, ce qui me rend particulièrement fru, d'autant plus que ma blonde qui me regarde de haut avec son PC l'ouvre du premier coup. C'est au http://www.sutton center.org/eaglecam.html. Très intéressant.

Une nouveauté

Broquet, la maison d'édition, vient de lancer un nouvel ouvrage que je qualifierais de petit bijou. Attirer les oiseaux, les papillons et autres animaux* de David Mizejewski offre une approche de la nature tout à fait particulière.

L'auteur explique comment on peut attirer toute une faune dans sa cour, sans discrimination et sans que les espèces n'empiètent les unes sur les autres.

Ce petit ouvrage de 128 pages abondamment illustré contient une mine d'informations et de réponses à toutes les questions que vous vous posez.

L'auteur, David Mizejewski, est un Américain diplômé en écologie humaine et en écologie naturelle de l'Université Emory. Il a travaillé comme naturaliste en Géorgie et en Virginie. Actuellement, il dirige le programme Wildlife HabitatMD de la National Wildlife Foundation. Il enseigne aux gens à profiter de la nature en recréant dans leur milieu, à la ville ou à la campagne, des habitats pour la faune.

Les oies

C'est par milliers que les oies se posent le long du fleuve en pleine migration vers leurs quartiers d'été à l'île Bylot.

Les battures du fleuve sont maintenant dégagées, il est donc plus facile de les observer, mais attention, il ne faut pas déranger les oies. Quand elles s'arrêtent chez nous, c'est pour se nourrir et pour se reposer. Elles ont besoin de retrouver les forces nécessaires pour finir leur voyage vers le nord.

Samedi dernier, dans l'anse Mercier dans Bellechasse, j'ai encore vu un imbécile s'amuser à les faire décoller et ensuite s'enfuir en courant. Et quand je dis un imbécile, je pèse mes mots.

Le monsieur en question avait sans doute beaucoup à cacher puisqu'il portait une arme de chasse dans un refuge d'oiseaux migrateurs (ROM).

* DAVID MIZEJEWSKI. Attirer les oiseaux, les papillons et autres animaux, Broquet, 128 pages. 19,95 $

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