Des inquiétudes

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Des inquiétudes

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Cette année, le printemps nous a apporté un nombre exceptionnel de grandes oies des neiges en migration. Je demeure sur le bord du fleuve depuis 10 ans et je n'en ai jamais tant vu.

Le Soleil, Jacques Samson

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) Les trois aiglons dans le nid de Sidney en Colombie-Britannique se portent toujours bien, les parents les nourrissent régulièrement, mais il n'en demeure pas moins que pour le petit dernier, la survie n'est toujours pas assurée. J'avais été rassuré par le comportement des parents, il y a deux semaines, mais maintenant, je ne sais plus.

La semaine d'intervalle entre la naissance du plus vieux et celle du plus jeune fait une énorme différence dans leur développement, et ce plus vieux ne se gêne surtout pas pour bousculer le petit frère, souvent avec l'aide de celui du milieu.

Avant d'écrire ma chronique dimanche dernier, j'observais un des parents donner la becquée aux oisillons et ce que je voyais ne m'inspirait pas confiance. À l'avant-plan, il y avait les deux plus forts et un peu plus loin, le petit dernier attendait.

Tout ça, c'est dommage, mais c'est la nature.

Ça frappe à la fenêtre

Actuellement, la période de nidification de la plupart des oiseaux est commencée et ça déclenche souvent des comportements bizarres. La plupart des espèces sont territoriales, et ce, aussi bien envers les espèces différentes que leur propre espèce.

Tout ça veut dire que les oiseaux ne tolèrent pas la moindre présence d'autres oiseaux dans un certain rayon de leur nid. C'est le cas du merle d'Amérique, pour ne retenir que ce dernier, et quand il se met à défendre son aire de nidification, il s'attaque à tout ce qui ressemble à un ennemi, y compris lui-même.

Je m'explique. Si vous avez par exemple une fenêtre de votre maison qui a un effet miroir et que le merle y voit son image, il s'y attaquera sans relâche, et ce phénomène dure du matin jusqu'au soir.

La première journée, on trouve ça amusant, mais je vous jure qu'on se lasse bien rapidement. Vous en aurez ras le bol de vous faire réveiller tous les matins, à 5h, par un merle qui frappe à votre fenêtre. Il arrive aussi que le merle s'en prenne au rétroviseur de votre voiture. S'il y voit son image, il l'attaquera sans cesse.

Ce phénomène peut durer durant quelques mois, c'est-à-dire tout le temps de la couvaison et tant et aussi longtemps que les bébés resteront au nid.

Pour que le merle cesse de taper dans le rétroviseur, c'est simple à régler. Un simple bout de tissu ou un sac posé sur le miroir et le tour est joué.

Sur une fenêtre de maison, c'est beaucoup plus complexe à régler.  Il n'est pas toujours facile d'atténuer ou de faire disparaître l'effet réfléchissant. Parfois, un rideau intérieur peut faire l'affaire, ou des décalques collés sur la fenêtre, mais ce n'est jamais garanti.

Récemment, une lectrice, Françoise Cléro, suggérait de con­vaincre les manufacturiers de fenêtres d'inventer des vitres antireflets. Avec ça, on ferait d'une pierre deux coups. Premièrement, on empêcherait les oiseaux de tambouriner dans les vitres et, deuxièmement, on empêcherait également un tas d'oiseaux de venir se fracasser dans nos fenêtres.

Voilà ce que m'écrivait Mme Cléro : «J'aimerais beaucoup que vous rédigiez quelques paragraphes sur la façon de protéger les oiseaux contre le danger des fenêtres, si ce n'est déjà fait, bien entendu. En allant sur le site que vous nous conseillez de visionner sur les pygargues, j'ai abouti, je ne sais plus comment, sur celui-ci, http://store.windowalert.com/info.html, où il est dit qu'environ 98 millions d'oiseaux meurent chaque année aux États-Unis en se frappant sur les vitres des fenêtres. Ce qui voudrait dire huit millions au Canada? Je ne sais pas ce que valent leurs décalques pour épargner ce fléau, mais je m'en suis procuré une douzaine. Par ailleurs, j'ai commandé une moustiquaire spéciale pour mes fenêtres... fixes afin de les installer à l'extérieur durant la saison des oiseaux, soit de mai à novembre. Bien qu'en hiver, j'ai aussi des oiseaux...!

«Je me demandais justement s'il n'était pas possible d'influencer fortement l'industrie des fenêtres afin de remédier à ce genre de problème. Par exemple, en prévoyant nécessairement des moustiquaires à l'extérieur, plutôt qu'à l'intérieur, ou en introduisant un filtre dans le verre afin de réduire les reflets. Bref, il s'agirait de répandre au sein de cette industrie le souci de préserver les oiseaux, car les bâtiments ont aujourd'hui non seulement de plus en plus de vitres, mais des vitres de plus en plus grandes...»

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