Bague à la patte, collier au cou (1)

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Bague à la patte, collier au cou (1)

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Les oies sont emprisonnées dans le filet et Marie-Claude s'apprête à les sortir.

Le Soleil, Jacques Samson

Jacques Samson
Le Soleil

(Québec) Une bague à la patte droite pour madame et monsieur, un collier jaune au cou pour madame seulement, voilà que le père et la mère l'oie sont fin prêts à être relâchés dans la nature pour continuer leur long voyage vers leur aire de nidification, à l'île Bylot.

L'opération baguage et pose de collier aux grandes oies des neiges est plus simple à raconter qu'à faire dans la réalité. Avant d'en arriver là, le travail a été colossal. Le repérage, l'attente, la capture, l'identification sont autant d'opérations à réaliser pour que ces oies fassent partie de celles dont on pourra suivre la trace pendant des années.

Il y a quelques jours, j'étais l'invité de Gérald Picard, ce technicien de la faune de l'Université Laval, grand spécialiste des oies blanches, qui, avec son équipe, s'affairait dans l'archipel de l'île aux Grues à la vaste opération printanière de baguage et de mise de collier à ces visiteuses migratrices.

Une embuscade

Pour capturer les oies, on leur tend une véritable embuscade. Quelque part dans un champ, on dispose un filet et les amorces qui permettront de le déclencher à distance. Devant ce filet, on met de l'avoine en assez grande quantité pour que les oies s'y intéressent. Après, c'est la longue attente qui commence.

À quelques dizaines de mètres du piège, une première équipe observe avec des jumelles la progression des oies en direction du filet. Plus loin, une deuxième équipe est sur le qui-vive, prête à entrer en action. Quand Gérald Picard juge que les oies sont assez nombreuses dans l'aire de portée du filet, il active le détonateur. Dès que le bruit de l'explosion se fait entendre, c'est la course folle qui s'amorce à travers les champs, et quand il pleut abondamment comme c'était le cas, c'est un véritable bain de boue. La bande de jeunes aguerris de l'équipe ont sauté le premier fossé d'une seule enjambée pendant que moi, je m'enlisais jusqu'à la mi-jambe.

Le temps d'action est compté. En arrivant au filet, on a trois minutes pour identifier 10 femelles, leur faire une prise de sang et les isoler dans des boîtes individuelles. Ces oiseaux sont l'objet d'une attention particulière, ils font automatiquement partie d'une étude sur le stress occasionné par leur capture.

Les autres oies sont placées dans une remorque et sont dirigées vers une grange où elles seront transférées dans des enclos avant d'être baguées. Pendant l'opération, plusieurs oies, des immatures, sont relâchées sur-le-champ.

Cette capture du soir a permis de récolter 79 oies, un bon résultat sans être exceptionnel. Le lendemain matin, nous avons fait une deuxième capture, plus modeste celle-ci -  une cinquantaine d'oies -, mais tout aussi folle.

La semaine prochaine, je vous reviens avec l'opération baguage et pose de collier.

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