Croyez-le ou non, le nid de nos pygargues est installé dans un arbre situé sur un domaine qui appartient à une Québécoise pure laine établie en Colombie-Britannique depuis maintenant 33 ans.
Le 13 mai, je recevais un courriel de Philippe Rochette, un agrométéorologue à l'emploi du bureau de Québec d'Agriculture et agroalimentaire Canada, qui me disait ceci : «J'ai pensé que vous seriez peut-être intéressé de savoir que le nid d'aigles de Sidney auquel vous référez est situé sur la propriété d'une Québécoise. Il s'agit de ma soeur, Sylvie Rochette. Si vous aimeriez en savoir plus sur l'histoire de ce nid, je suis sûr que Sylvie se ferait un plaisir de répondre à vos questions.»
À son message, M. Rochette ajoutait l'adresse courriel de sa soeur, que je me suis empressé de contacter. Jeudi dernier, nous avons eu une longue conversation téléphonique à partir de sa chambre d'hôtel à Ottawa. Mme Rochette était en voyage d'affaires à travers le Canada, en route vers Terre-Neuve.
Sylvie Rochette
Sylvie Rochette est née à Clermont, dans Charlevoix, et elle est établie en Colombie-Britannique depuis 1976. Cette année-là, elle était allée dans la province la plus à l'ouest du Canada pour visiter des amis, et elle n'en est jamais revenue. Elle est diplômée de l'Université Laval.
Cette dame est une femme d'affaires reconnue, propriétaire et présidente de la compagnie Victorian Epicur Inc./Epicure SelectionsTM, une entreprise qui achète des épices partout dans le monde et qui les revend au Canada.
Cette compagnie existe depuis 1991 et a à son emploi 160 personnes directement dans ses installations dans l'île de Vancouver, et plus de 6000 vendeurs d'un océan à l'autre. L'entreprise fonctionne selon le principe de Tupperware, par vente à domicile, et propose à ses clients plus de 150 mélanges d'épices.
Si ça vous intéresse d'en savoir plus sur les activités de Mme Rochette, vous pouvez consulter son site Internet, www.epicure
selections.com.
Son domaine
C'est en 2002 que Mme Rochette a fait l'acquisition de son domaine, une propriété de 80 acres située dans la baie Patricia, dans la région de North Saanich. C'est à la pointe sud de l'île de Vancouver.
Cette région, Mme Rochette la décrit comme très propice à la présence des pygargues à tête blanche. La baie est dans un territoire des Premières Nations où les autochtones pratiquaient la pêche et la chasse et y laissaient les déchets de leurs prises, ce qui constituait de la nourriture facile pour les pygargues. C'est aussi une baie où remonte le hareng au printemps, encore là, un bon garde-manger pour les pygargues.
Quand elle a acheté le domaine, il y avait déjà un nid de pygargues dans un arbre. Il y a trois ans, la femelle y a donné naissance à deux aiglons et c'est à ce moment qu'on a installé une première caméra.
David Hancock, ce grand spécialiste canadien des pygargues à tête blanche, avait observé qu'un des oiseaux se posait régulièrement au sommet d'une grue, près d'une petite scierie. Étant donné que les oeufs étaient déjà dans le nid, il ne pouvait installer sa caméra directement dans l'arbre. Il a ainsi décidé de la fixer au sommet de la grue en la rapprochant du nid. Les oiseaux, à qui ce gros appareil était familier, n'ont aucunement été intimidés.
Ce nid était vieux et l'arbre qui l'abritait aussi. Il a été abandonné et, l'an dernier, les pygargues en ont construit un autre, dans un arbre, 50 mètres plus loin. La femelle y a pondu trois oeufs, mais il n'y avait pas de caméra pour l'observer.
Cette année, la fondation Hancock a installé sa caméra avant la nidification des pygargues. C'est comme ça qu'on a pu assister en direct à la naissance des trois aiglons. Quand elle en parle, Mme Rochette dit : «Mes aigles».
Selon elle, la couvée de cette année compte deux femelles, les deux plus vieux aiglons et un mâle, le petit dernier.
C'est la compagnie de Mme Rochette qui fournit à la fondation Hancock le support technique dont elle a besoin pour diffuser ses images sur Internet.
Un vignoble
Sur son domaine, Mme Rochette possède un vignoble sur sept acres de terrain. Elle a une plantation de 1800 noyers et se propose de planter 5000 arbres de plus, des noyers et des chênes rouges. Sylvie Rochette vit six mois par année en Colombie-Britannique et en France le reste du temps.











