Mai et juin, c'est la période de fraie des carpes et, à marée basse, quand elles se débattent dans le courant, elles deviennent des proies faciles pour les pygargues à tête blanche.
La semaine dernière, en me promenant dans le secteur, j'ai longuement observé aux jumelles un pygargue immature qui se délectait en savourant une immense carpe.
Je n'ai pas pu m'en approcher suffisamment pour le photographier - les pygargues sont des oiseaux nerveux et ils s'envolent au moindre mouvement -, mais je n'en ai pas moins grandement apprécié la scène.
Ce que j'ai aussi remarqué, c'est cette hiérarchie dans la dégustation d'un repas. C'est monsieur le pygargue qui passe d'abord à table. En retrait, dans l'ordre, en attente de leur tour, il y a le goéland marin, le goéland bec cerclé et finalement la corneille d'Amérique.
L'attente du repas est souvent longue mais, à la fin, chacun y trouve son compte. Les carpes sont suffisamment grosses pour nourrir tout ce beau monde.
La carpe
Je vous donne maintenant quelques informations sur la carpe que j'ai prises dans Les poissons d'eau douce du Québec de Louis Bernatchez et Marie Giroux, un livre publié chez Broquet.
La carpe est un poisson qui atteint dans nos eaux une longueur de 38 à 45 cm et son poids se situe entre un et deux kilos, mais on trouve des individus qui atteignent les cinq kilos et beaucoup plus. Le corps de la carpe est recouvert de grosses écailles et sa chaire est du même rose que le saumon.
Une femelle de petite taille pond environ 36 000 oeufs tandis que les grosses femelles peuvent en pondre jusqu'à deux millions. Les oeufs sont pondus dans des eaux herbeuses et ils adhèrent à la végétation.
La carpe n'est pas un poisson indigène au Québec. Elle est originaire d'Asie et a été introduite en Europe il y a plusieurs siècles et à la fin du XIXe siècle en Amérique du Nord.
C'est un poisson qui est peu pêché, mais son caviar est particulièrement apprécié en cuisine grecque.
Des nouvelles du Nord
Dans un courriel daté du 9 juin, Gérald Picard, un des responsables de l'étude de la grande oie des neiges de l'Université Laval, fait le point sur le début de la saison de nidification à l'île Bylot, en Arctique.
Voilà le portrait de la situation : «Notre équipe est maintenant sur place depuis plus d'une semaine. Les premières observations indiquent un printemps près des normales. L'accumulation de neige au sol cet hiver a été plus élevée que l'an passé et elle est près des moyennes habituelles pour le début juin (l'an passé, la neige au sol avait été exceptionnellement faible à l'île Bylot). Les températures sont relativement douces depuis leur arrivée et la fonte de la neige progresse normalement.
«Les premiers décomptes d'oies indiquaient un nombre d'oiseaux assez faible, mais je n'ai pas eu de chiffres précis. Néanmoins, les oies ont commencé à se disperser sur les sites de nidification et les premiers nids ont été trouvés. La ponte commence donc tout juste.
«Contrairement à l'an passé, l'abondance des lemmings semble avoir chuté fortement, ce qui était attendu. On pourrait donc s'attendre à une pression de prédation sur les nids d'oies plus forte que l'an passé.
«Tout ce qu'on peut affirmer à ce stade-ci, c'est que les conditions favorisant habituellement une très forte production de jeunes, soit un printemps très hâtif et une forte abondance de lemmings (comme l'an passé), ne sont pas au rendez-vous cette année. Pour le reste, il faudra attendre plus tard pour faire un pronostic plus précis sur la qualité de la reproduction cette année.»
C'est donc une histoire à suivre!
Surprise
Nous sommes le 8 juin, il est 16h, je suis au travail. Le téléphone sonne : au bout du fil, mon ami Gaston Déry qui vient d'arriver dans son île aux Pommes.
Dans sa douche de fortune, derrière le chalet, près d'un cran rocheux, toute une surprise l'attendait : un harfang des neiges. L'oiseau s'est envolé pour se poser un peu plus loin sur des roches, et ce, au plus grand déplaisir des corneilles.











